Les banques de la zone euro s’attendent au premier trimestre 2005 à un repli de la demande de prêts immobiliers et pensent être plus strictes dans l’octroi de leurs crédits, selon une enquête trimestrielle de la BCE publiée hier. Ces résultats sont de nature à rassurer la Banque centrale européenne qui exprime une inquiétude grandissante face au risque de bulle immobilière dans certains pays de la zone euro, nourrie par le niveau historiquement très bas des taux d’intérêt. « Pour le premier trimestre 2005, les banques qui ont répondu tablent majoritairement sur un durcissement des critères d’octroi de prêts immobiliers après les avoir assouplis au quatrième trimestre », souligne la BCE. « Elles s’attendent également majoritairement à une baisse de la demande de prêts immobiliers par rapport au quatrième trimestre 2004 », ajoute-t-elle. L’institut monétaire se montre ces derniers mois de plus en plus inquiet face à la hausse des prix de l’immobilier dans des pays comme l’Irlande, la France ou l’Espagne. Une tendance nourrissant l’inflation qu’elle a pour tâche première de contenir. L’inflation immobilière évoluait en fin d’année dernière à environ 8,7 % en glissement annuel dans la zone euro, selon des calcul de Barclays Bank, avec des pointes à 17,2 % en Espagne, 15,5 % en France, 12,8 % en Italie et 12 % en Irlande. En comparaison, l’inflation globale des prix à la consommation n’est que d’un peu plus de 2 %.
« Le niveau très bas des taux d’intérêt alimente la demande de financements émanant du secteur privé », a ainsi indiqué jeudi le président de la BCE Jean-Claude Trichet, laissant ainsi entendre que leur relèvement pourrait devenir nécessaire.
Au cours des derniers mois, « la demande de prêts au logement est demeurée soutenue, contribuant à la forte dynamique des prix de l’immobilier résidentiel dans plusieurs pays de la zone euro. La conjonction d’une liquidité abondante et d’une croissance soutenue du crédit pourrait, dans certains pays de la zone euro, être à l’origine de hausses insoutenables des prix sur les marchés de l’immobilier », a-t-il mis en garde. Si cette bulle devait persister, elle pourrait fournir à la BCE un argument pour anticiper le début de son cycle de resserrement monétaire, attendu aujourd’hui à partir du deuxième semestre, font valoir certains économistes. Le taux directeur de la BCE n’a plus bougé depuis juin 2003, à 2 %.
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