Christophe Dugarry, l’incompris, tire sa révérence
le 02 février 2005 à 00h00
Christophe Dugarry, qui a mis fin hier à sa carrière, restera comme un attaquant incompris à l’image ambivalente, réputé talentueux mais dilettante, polyvalent mais pas assez buteur, et à la présence discutée en équipe de France de football malgré les sacres de 1998 et 2000.
À l’exact inverse de son ami Zinedine Zidane, le joueur, malgré un palmarès exceptionnel, des maillots prestigieux (Bordeaux, Milan AC, FC Barcelone, Marseille), une polyvalence évidente entre milieu et attaque, n’aura jamais atteint des sommets de popularité.
Pire même, le natif de Lomont, champion du monde en 1998 et d’Europe en 2000 (55 sélections / 8 buts), aujourd’hui âgé de 32 ans, aura endossé le rôle de mal-aimé une bonne partie de sa carrière, sifflé sur tous les stades de France et affublé d’un sobriquet moqueur : « Dugâchis ».
Ce rôle de tête de Turc, Dugarry le doit paradoxalement au Mondial 98. Malgré la victoire finale, malgré un but – le premier de l’épopée des Bleus – face à l’Afrique du Sud, sa présence fait débat parmi les 22. L’émission humoristique des Guignols, notamment, se déchaînent : Dugarry est là « parce-que-c’est-le-copain-de-Zidane ».
La faute, aussi, à son jeu. Attaquant, il n’est pas non plus un « renard des surfaces » et ne marque pas énormément. Cet élégant qui promène sa grande taille (1m88) sur le terrain passe aussi pour nonchalant, presque trop lent et pas assez appliqué ni impliqué. Il agace.
Pourtant, rien ne le prédestinait à devenir ce mal-aimé, deux ans après avoir terrassé le Milan AC (3-0) en quart de finale de la Coupe d’Europe avec une équipe de Bordeaux où il formait une fameuse triplette, appelée à un plus grand avenir encore, avec Lizarazu et Zidane.
Chambreur
En marquant deux buts face aux Milanais, celui qui n’avait jamais quitté les Girondins devient très vite l’attaquant qu’on s’arrache. Mais après une saison très moyenne au... Milan AC (1996-97), il échoue carrément au FC Barcelone (1997-janvier 1998) où le rigide entraîneur Louis Van Gaal le prend en grippe.
Dugarry perd vite patience en Catalogne (où il ne disputera que sept matches). Cet insatiable « chambreur », provocateur parfois, qui marche à l’affectif revient alors en France, à Marseille.
À l’OM, il retrouve des couleurs même si une affaire de dopage à la nandrolone en avril 1999 vient ternir son image – bien qu’il en sorte blanchi pour vice de forme – et que l’aventure avec Marseille prend un tour amer avec la lourde défaite en finale de la Coupe de l’UEFA contre Parme (0-3) en 1999.
En décembre 1999, il décide alors de revenir aux Girondins et, malgré les critiques qui ne cessent jamais, dispute l’Euro 2000 où sa titularisation en finale face à l’Italie apparaît comme la consécration d’une carrière internationale entamée en mai 1994.
Il disputera ensuite le Mondial 2002, où sa fraîcheur et sa rage ne suffiront pas à empêcher le naufrage des Bleus. À la suite de cet échec, il fit ses adieux à la sélection, préférant se consacrer à son club qu’il quittera en janvier 2003 afin d’effectuer deux derniers passages, sans grand relief, à Birmingham City puis au Qatar.
Christophe Dugarry, qui a mis fin hier à sa carrière, restera comme un attaquant incompris à l’image ambivalente, réputé talentueux mais dilettante, polyvalent mais pas assez buteur, et à la présence discutée en équipe de France de football malgré les sacres de 1998 et 2000.
À l’exact inverse de son ami Zinedine Zidane, le joueur, malgré un palmarès exceptionnel, des maillots prestigieux (Bordeaux, Milan AC, FC Barcelone, Marseille), une polyvalence évidente entre milieu et attaque, n’aura jamais atteint des sommets de popularité.
Pire même, le natif de Lomont, champion du monde en 1998 et d’Europe en 2000 (55 sélections / 8 buts), aujourd’hui âgé de 32 ans, aura endossé le rôle de mal-aimé une bonne partie de sa carrière, sifflé sur tous les stades de France et affublé d’un sobriquet moqueur : «...
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