Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Les Kurdes, une nouvelle force incontournable

Les Kurdes sont persuadés de s’être assuré aux élections une position de force pour défendre, sans parler d’indépendance, des exigences dont certaines s’annoncent dures à accepter par les autres communautés irakiennes. « Nous escomptons 25 % des sièges » dans l’Assemblée nationale transitoire, dit le chef de l’un des deux partis hégémoniques au Kurdistan, Jalal Talabani, dans le quotidien Kurdistani Nwe (Kurdistan nouveau). Avec 70 mandats sur 275, pour une part estimée de Kurdes d’environ 20 % dans la population, les dirigeants kurdes dépasseraient leur objectif. En plus, leur liste d’union à Kirkouk, ville multiethnique dont les partis kurdes réclament le « retour » au Kurdistan malgré les risques de tension communautaire, aurait plus que comblé les espérances en recueillant 68 %, selon la presse kurde. « Les Kurdes représentent désormais une force puissante, avec laquelle il faut compter pour reconstruire l’Irak », analyse Sherko Mangure, rédacteur en chef adjoint de Kurdistani Nwe, organe de l’Union patriotique du Kurdistan (UPK). À présent, écrit Kurdistani Nwe dans un éditorial, « nous pouvons défendre nos droits au moment de rédiger la Constitution et obtenir l’une des plus hautes positions de l’État ». Il relève que les intérêts kurdes seront d’autant mieux défendus que le PDK et l’UPK, jadis ennemis, sont aujourd’hui alliés. Le PDK et l’UPK ont consenti à renoncer, au moins provisoirement, à la revendication indépendantiste, bien que les Kurdes eux-mêmes aient montré au cours de la campagne combien ils aspiraient à leur propre État. Mais ils ont tracé « trois lignes rouges » à ne pas franchir pour que les Kurdes participent, pour la première fois, aux affaires irakiennes. « Si elles le sont, nous ne serons plus irakiens », menace le numéro deux de l’UPK Noshirwan Mustafa. Pour préserver l’autonomie kurde conquise par les armes, l’Irak doit être un État fédéral. Contre une éventuelle tentation théocratique chiite, l’Irak doit être un État séculier. « Enfin les territoires kurdes doivent être rendus au Kurdistan », à commencer par Kirkouk, selon M. Mustafa. Les Kurdes réclament aussi à présent le poste de Premier ministre ou de président, qui échoirait à Jalal Talabani. Les Kurdes peuvent empêcher l’adoption d’une nouvelle Constitution. Celle-ci doit être soumise par référendum aux Irakiens. Mais il suffit que deux tiers des électeurs dans trois provinces la rejettent pour qu’il faille la réécrire. Or le Kurdistan est divisé en trois provinces. « Si les Kurdes se retiraient, le processus serait très gravement affecté », observe le rédacteur en chef de l’hebdomadaire Hawlati (Citoyen), Asos Hardi. « Mais les Kurdes ont intérêt à rester dans la partie, au moins jusqu’à un certain point », ajoute-t-il. « S’ils rompaient avec le reste de l’Irak, nous nous retrouverions seuls face à la Turquie, la Syrie, l’Iran », les trois voisins à forte minorité kurde, dit Sherko Mangure. « Alors, pour l’instant, ils se disent : “Commençons par satisfaire les premières exigences” », déclare-t-il.
Les Kurdes sont persuadés de s’être assuré aux élections une position de force pour défendre, sans parler d’indépendance, des exigences dont certaines s’annoncent dures à accepter par les autres communautés irakiennes. « Nous escomptons 25 % des sièges » dans l’Assemblée nationale transitoire, dit le chef de l’un des deux partis hégémoniques au Kurdistan, Jalal Talabani, dans le quotidien Kurdistani Nwe (Kurdistan nouveau).
Avec 70 mandats sur 275, pour une part estimée de Kurdes d’environ 20 % dans la population, les dirigeants kurdes dépasseraient leur objectif. En plus, leur liste d’union à Kirkouk, ville multiethnique dont les partis kurdes réclament le « retour » au Kurdistan malgré les risques de tension communautaire, aurait plus que comblé les espérances en recueillant 68 %, selon la presse...