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Actualités - Opinions

Les émigrés nous écrivent

ptionnel Liban Après un mois passé au Liban durant la période des fêtes de fin d’année, deux mois passés l’été dernier, je suis de nouveau à Montréal. Rentrée voir la famille et les amis, je suis à chaque fois très impressionnée par la légèreté et le goût de vivre des Libanais. Et j’adore. J’ai beau m’attacher à la politique, à la vie culturelle au Liban, à la vie familiale et amicale, ce qui m’y attache le plus et malgré la situation médiocre (à tous points de vue: économique, politique, environnementale, culturelle, tout !), je suis à chaque fois frappé par l’optimisme et l’assurance des quelques jeunes qui y sont encore. Je leur demande très naïvement s’ils croient en un avenir au Liban. Et leur réponse me fait chaud au cœur : « Ça ne peut s’empirer. » Pour se rattraper, ils poursuivent : « Mais de toute façon aucun autre pays n’égal le nôtre. » Non, il est vrai qu’aucun autre pays ne vaut le Liban. Le Liban est exceptionnel aussi bien dans ses aspects positifs que négatifs. Mais quand va-t-on y revenir par conviction et en étant sûr d’y réaliser nos rêves ? Entre-temps, nous restons loin et espérons... Stéphanie DADOUR Montréal – Canada anter avec Feyrouz Nous chantons avec Feyrouz : « Ghaba Naharon Akhar wa Ktarabat Awdatouna... » et aussi « Nassam Alayna al-Hawa ». Nous dégustons le fado libanais des frères Rahbani avec le café noir matinal tout en serrant notre cordon ombilical (L’Orient-Le Jour) qui nous relie à notre amère mère-patrie. Que Dieu vous garde toujours, un phare qui brille de mille promesses... Walid NICOLAS France and la paix ? Je lis chaque matin votre journal. Étant d’origine libanaise, ce qui me surprend c’est que la télévision française ne nous informe pas du sort des otages libanais en Irak. Je vis en France depuis très longtemps et je me suis toujours intéressée à mon pays. Les événements qui se passe chaque jour dans le monde me révoltent. Quand donc la paix reviendra-t-elle et que le Liban sera de nouveau libre ? Continuez à nous informer sur notre pays. Marie HÉLÈNE France s du Liban La prorogation du mandat Lahoud et la 1559 ont ouvert une nouvelle page dans la lutte entre opposants et loyalistes. Les uns y voient l’outil légitime pour libérer le pays de la tutelle étrangère, les autres un instrument aux mains des Israéliens. S’il est rassurant de voir les grandes puissances – surtout « la » grande puissance – prôner la souveraineté du Liban, et mieux encore faire des gestes concrets en vue de réaliser cet objectif, il est sage d’examiner les motifs de ce revirement, sachant que ces puissances ont par le passé toléré les ingérences étrangères. À l’heure ou l’on entend parler d’infiltrations du territoire iranien par des commandos US en vue d’identifier des cibles militaires potentielles, n’est-il pas dans l’intérêt des Américains d’éliminer la carte hezbollahie, qui pourrait embraser la région en cas d’attaque américaine contre l’Iran ? La France n’a-t-elle pas intérêt à évincer les tuteurs, et surtout leurs services qui profitent honteusement et impunément de la « vache à lait » libanaise ? N’a-t-elle pas raison de croire qu’elle serait le partenaire privilégié d’un Liban prospère, libéré au préalable de la tutelle étrangère ? Faut-il pour autant rejeter la 1559 ? Le Liban a souvent, tout au long de son histoire, subi les conséquences du jeu des nations plutôt que d’y participer. Un Liban fort économiquement et socialement aura un poids qui ne pourra plus être négligé, ce qui ne peut être accompli tant que le pays est sous tutelle. Il faut donc saisir l’occasion que représente aujourd’hui la résolution 1559, même si elle devait être le fruit d’une convergence d’intérêts des puissances, pour entreprendre la construction d’un Liban fort qui pourra, à l’avenir, être à l’abri des influences étrangères néfastes, quelles qu’elles soient. Souheil TRABOULSI Canada i, mère de « disparu » Tu as donné la vie, comme toutes les mères du monde, Et ce petit être que tu serrais dans tes bras C’était la prunelle de tes yeux, Tu l’as élevé, comme toutes les mères du monde, Tu as guidé chacun de ses pas Tu l’imaginais en homme heureux… Une partie de toi, pour qui tu pourrais tout sacrifier, Il apporterait à sa famille tant de fierté… Il a grandi, comme tous les enfants du monde, C’était un adulte comme toi, comme moi, C’était un jeune homme heureux, Et c’est alors que tu vivais comme tout le monde, Qu’un jour, tu ne sauras jamais pourquoi, Ta vie bascula, et adieu les jours heureux… On te dit que ton fils a été enlevé, Et on te demande de ne pas le chercher… Il a « disparu », comme tant de monde ? Tu n’y crois pas, il n’a rien fait, lui, alors pourquoi ? C’est sûr, on te le rendra… tu cries que tu le veux ! Mais ses bourreaux ne sont pas comme tout le monde Entre leur cœur de pierre et leur langue de bois Plus personne ne compte, à leurs yeux… Alors, tu pleures, et tu les supplies de le laisser Et eux, ils t’ordonnent de te calmer… Mais ton désespoir ne t’arrêtera sûrement pas Au contraire, ta douleur a bouleversé le monde Tu revendiques et tu hurles dès que tu le peux Tu déplaces les montagnes, rien qu’avec ta voix, Les bourreaux le savent désormais, pour rien au monde, Tu n’oublieras ton enfant, la prunelle de tes yeux… Ne perds pas espoir, devant ta force de mère, ils devront s’incliner Surtout ne te tais pas, car ta voix ne pourra jamais être étouffée… Mariam el-ASMAR Paris iens Les événements se précipitant dans notre région, je n’ai pas eu l’occasion de vous remercier de publier mes opinions, celles d’un esprit de contradiction invétéré, qui sont souvent contraires aux vôtres. Ce qui est tout à l’honneur de votre journal et instructif pour nos politiciens qui feraient bien de suivre votre exemple. Au lieu de l’invective et des accusations, ils feraient bien d’écouter ce que l’autre a à dire, car la vérité ressemble à une lumiere regardée à travers un prisme : elle change de couleur suivant l’angle sous lequel on la regarde. Elle n’est sous son vrai jour qu’en mélangeant les couleurs. Ce fut ainsi que les deux ambassades de France et d’Italie ont mis de l’eau dans leur vin, la première pour dire que la résolution 1559 doit être appliquée, mais par la négociation, la seconde pour dire un peu la même chose en partant de la position opposée. Apprendrons-nous un jour qu’opposants et loyalistes ont tous deux la même mission, qui est le salut du Liban, et qu’elle n’est accomplie que dans le respect et l’écoute de l’autre ? Roger AKL Miami, Floride (USA)
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Après un mois passé au Liban durant la période des fêtes de fin d’année, deux mois passés l’été dernier, je suis de nouveau à Montréal. Rentrée voir la famille et les amis, je suis à chaque fois très impressionnée par la légèreté et le goût de vivre des Libanais. Et j’adore. J’ai beau m’attacher à la politique, à la vie culturelle au Liban, à la vie familiale et amicale, ce qui m’y attache le plus et malgré la situation médiocre (à tous points de vue: économique, politique, environnementale, culturelle, tout !), je suis à chaque fois frappé par l’optimisme et l’assurance des quelques jeunes qui y sont encore.
Je leur demande très naïvement s’ils croient en un avenir au Liban. Et leur réponse me fait chaud au cœur : « Ça ne peut s’empirer. » Pour se rattraper, ils...