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L’après- élection, source de craintes pour les Kurdes

Appréhensions et rancœurs sont bien présentes dans les régions kurdes du nord de l’Irak à l’approche des élections de dimanche. Le risque de voir le prochain gouvernement irakien tenter de rogner l’autonomie de l’enclave kurde et l’existence d’un différend ethnique sur les droits de vote à Kirkouk sont deux des sujets de préoccupation de nombreux habitants de la région. Ils redoutent en particulier qu’un gouvernement à dominante arabe ne revienne sur les garanties qu’offre la Constitution provisoire sur l’existence d’un appareil fédéral qui permet aux Kurdes de vivre dans une zone autonome sous protection américaine depuis 1991. « Nous ne pouvons pas dépendre d’un gouvernement de Bagdad pour la préservation de nos droits », déclare Ismaïl Khalil, fonctionnaire de 62 ans, assis dans un salon de thé bondé du centre d’Erbil. « Les Kurdes ne croiront jamais, absolument jamais, les Arabes – ils ont fait tout ce qu’ils pouvaient pour nous faire mal. » Ce ressentiment à l’égard des Arabes est puissamment ancré à travers le Kurdistan, où chacun se souvient des menées répressives de Saddam Hussein, y compris avec l’arme chimique – 5 000 personnes ont péri dans la ville de Halabja en 1988. Mais la plupart des dirigeants kurdes se montrent optimistes au sujet du scrutin, avec l’espoir que des élections nationales crédibles marqueront une étape importante vers le rétablissement de la stabilité dans le centre troublé et le sud du pays. Les diplomates s’attendent d’ailleurs à ce qu’une coalition kurde réalise un très bon score en arrivant probablement deuxième derrière une liste à majorité chiite, ce qui donnerait aux Kurdes l’assurance de compter sur le plan politique. Toutefois, beaucoup de Kurdes estiment que le soutien de leur communauté au processus électoral doit dépendre du respect, par le nouveau gouvernement, d’une série de revendications dont la principale est l’inclusion du centre pétrolier de Kirkouk dans les limites d’une zone fédérale kurde élargie. Cette exigence est inacceptable aux yeux des fortes minorités arabe et turkmène de Kirkouk, de même que pour la plupart des Irakiens extérieurs au Kurdistan, qui ne veulent pas voir se détacher d’eux cette ville stratégique. Sous la dictature de Saddam, de nombreux Kurdes ont été expulsés de Kirkouk et remplacés par des Arabes, ceci pour consolider l’emprise de Bagdad sur la région. Les Kurdes insistent pour que l’on annule entièrement cette politique. La question est devenue un enjeu électoral en raison d’un différend sur l’électorat qui est censé voter aux élections de la province de Kirkouk également fixées au 30 janvier, ce scrutin devant déterminer le groupe qui contrôlera le gouvernement régional. « Kirkouk est une ligne rouge pour le peuple kurde – les Arabes qui ont été installés dans la région doivent repartir », déclare le dirigeant politique kurde Adnan Mufti. Certains Kurdes brandissent la menace de violences si leurs aspirations ne sont pas satisfaites. « S’ils ne repartent pas, la plupart seront probablement massacrés », dit Fatih Sangawy, directeur d’une chaîne de télévision kurde dans la ville de Chamchamal. À Ankara, le général Ilker Basbug, chef d’état-major adjoint des forces armées turques, a déclaré quant à lui, hier, que l’immigration kurde dans la ville de Kirkouk risquait de fausser le résultat des élections. La Turquie accuse les Kurdes de soustraire le contrôle de Kirkouk aux Turkmènes et aux Arabes en y voyant le risque d’un futur État kurde indépendant dans le Nord irakien.

Appréhensions et rancœurs sont bien présentes dans les régions kurdes du nord de l’Irak à l’approche des élections de dimanche. Le risque de voir le prochain gouvernement irakien tenter de rogner l’autonomie de l’enclave kurde et l’existence d’un différend ethnique sur les droits de vote à Kirkouk sont deux des sujets de préoccupation de nombreux habitants de la région. Ils redoutent en particulier qu’un gouvernement à dominante arabe ne revienne sur les garanties qu’offre la Constitution provisoire sur l’existence d’un appareil fédéral qui permet aux Kurdes de vivre dans une zone autonome sous protection américaine depuis 1991. « Nous ne pouvons pas dépendre d’un gouvernement de Bagdad pour la préservation de nos droits », déclare Ismaïl Khalil, fonctionnaire de 62 ans, assis dans un salon de...