Ça ressemble à un jardin. C’est joli comme un jardin. Les oiseaux chantent comme dans un jardin. Ça sent bon comme un jardin. Mais c’est une station d’épuration, imaginée par Phytorestore, le premier industriel de la dépollution écologique. Saules, roseaux, iris et massettes poussent allègrement sur les 4 hectares de la nouvelle installation du port de Honfleur au nord de la France – le plus vaste équipement de ce type au monde – inaugurée le 5 novembre dernier.
L’idée: utiliser les vertus épuratives des végétaux pour éliminer la charge polluante des eaux usées, traiter les sols contaminés, assainir et désodoriser l’air. Après un traitement biologique, les eaux circulent à travers 16 chenaux et une série de casiers contenant les «ouvriers» végétaux de ce processus de phytorestauration. Les plantes séquestrent les toxiques en piégeant les particules nocives, les dégradent ou les régénèrent en les absorbant au cours de leur croissance. Par exemple, des sols pollués au plomb sont traités par des plantations de tournesol et de moutarde indienne.
Le système est vieux comme le monde : les Grecs, les Romains et les Chinois utilisaient déjà les propriétés assainissantes des plantes durant l’Antiquité. À la fin du XIXe siècle, à Paris, Moscou et Berlin, des jardins recyclaient l’eau des égouts. Mais il faudra attendre les années 1990 pour que des applications à grande échelle de ce procédé bon marché – de 10 à 100 fois moins cher que les systèmes chimiques ou mécaniques classiques –, durable, propre et esthétique soient mises en œuvre. Au Japon, des dizaines de sites sont ainsi plantés pour traiter la pollution automobile.
Les jardins ont donc de l’avenir. Mais, est-ce que nos «responsables» veilleront, au moins, à sauvegarder ce qui reste des «jardins», du pays du Cèdre au lieu de s’acharner à trouver, à tout prix, une place, combien polluée actuellement, au Parlement de notre nation à pollution originairement humaine?
Jihad NAAMAN
Ça ressemble à un jardin. C’est joli comme un jardin. Les oiseaux chantent comme dans un jardin. Ça sent bon comme un jardin. Mais c’est une station d’épuration, imaginée par Phytorestore, le premier industriel de la dépollution écologique. Saules, roseaux, iris et massettes poussent allègrement sur les 4 hectares de la nouvelle installation du port de Honfleur au nord de la France – le plus vaste équipement de ce type au monde – inaugurée le 5 novembre dernier.
L’idée: utiliser les vertus épuratives des végétaux pour éliminer la charge polluante des eaux usées, traiter les sols contaminés, assainir et désodoriser l’air. Après un traitement biologique, les eaux circulent à travers 16 chenaux et une série de casiers contenant les «ouvriers» végétaux de ce processus de phytorestauration. Les plantes...
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