Ce n’est pas un métier, encore moins une vocation, mais plutôt un choix de vie et surtout le choix d’un homme, l’homme de leur vie, avec qui, pour le meilleur et parfois le moins facile, elles ont été jusqu’au bout du monde. Auprès de ces hommes, diplomates de carrière, se tiennent, discrètes mais présentes, des femmes que l’on découvre à toutes les occasions officielles et celles, un peu moins formelles, comme cette rencontre autour de quelques mots. Aujourd’hui, Consolata de Loecker, épouse de l’ambassadeur de Belgique.
Consolata de Loecker, une femme libre
Consolata de Loecker ne rentre pas vraiment dans le moule de l’épouse classique d’ambassadeur, même si elle remplit parfaitement sa fonction. Elle paraît trop jeune, trop belle, trop libre. « J’ai un certain franc-parler », précise-t-elle, avec beaucoup d’élégance. L’associer à la Belgique sans la connaître reste aussi peu évident. Elle s’en amuse. Car, tant que les choses sont faites avec respect, cette jeune femme sait rire de certaines situations et en tirer le meilleur. « Ici, avoue-t-elle avec un sourire éclatant, on me prend pour une extraterrestre ! C’est bien le premier pays où je n’ai pas rencontré un seul Africain... » On aurait pu également la prendre pour un mannequin, elle qui adore la mode. D’ailleurs elle l’a été, il y a quelques années, avant de rencontrer Stéphane de Loecker, alors chargé d’affaires à l’ambassade de Belgique au Burundi, son pays natal. Elle a même réitéré l’expérience à Djibouti et New York où le couple a vécu, après leur rencontre. Elle aurait pu poursuivre ses études en littérature anglaise, faire une carrière dans l’informatique, sa passion ; demeurer auprès de sa grande famille et ses sept frères et sœurs, rester ancrée dans ses racines ou même devenir danseuse, elle adore ça. Mais elle a choisi, alors en pleine licence, c’est-à-dire très jeune, de suivre cet homme qui avait tout pour lui plaire. « Il est drôle et léger, il aime la vie, comme moi. » Quelques mois après ce coup de foudre réciproque, cap sur l’Éthiopie, où Stéphane de Loecker est nommé ambassadeur pour la première fois. « Il dit que je lui ai porté chance ! En fait, nous avons tout appris ensemble. » Et de préciser : « Je n’étais jamais sortie de mon pays, mes parents n’étaient pas d’accord. Être l’épouse d’un blanc, un Belge de surcroît – il ne faut pas oublier que les Belges ont été nos colonisateurs –, c’était terrible pour eux, au début. J’ai tout de suite été parachutée dans un monde trop sophistiqué. J’ai commencé par voir comment les autres font, j’ai triché, j’ai copié et tout s’est bien passé ! En fait, j’ai pris cela sans appréhension. » Sans appréhension ni complications, et pourtant très sérieusement, car, pour elle, « la diplomatie, c’est un travail de couple et ça fonctionne comme dans une maison. L’ambassadeur ne peut rien faire sans sa femme. Elle est le pilier, elle doit le soutenir en permanence et être une parfaite hôtesse. Elle peut aussi être un handicap, abîmer sa mission ». En 1999, et bien qu’elle avoue, « j’étais une révoltée, je n’étais pas spécialement pour le mariage », elle unit son destin à celui du jeune ambassadeur, devenant ainsi, comme on les surnomme encore partout, « les plus jeunes diplomates ».
Une jeune expérience
Quatre ans en Éthiopie où Consolata apprend la diplomatie à sa façon, ou l’art de faire ce qu’il faut faire tout en y prenant un plaisir certain, elle se qualifie encore de mauvaise diplomate. « Je suis restée moi-même, aussi franche et simple. Je prends la vie comme elle vient. Mais évidemment, j’ai grandi, j’ai mûri, j’ai appris la retenue et les limites à imposer. » New York fut ensuite une étape importante. « Nous venions de nous installer là-bas quand il y a eu le 11 septembre. Je devais, ce jour-là, aller aux Twin Towers. Heureusement que tout s’est passé tôt le matin. Mais depuis ce jour, la ville a changé de visage. » Au Liban depuis peu, « nous sommes arrivés le 18 septembre, notre second choix était la Thaïlande... », précise-t-elle avec des points de suspension dans la voix, elle est encore en pleine installation. Canapés à refaire, tissus à changer, petites modifications en cours. « Il faut savoir gérer le patrimoine du pays qu’on représente, ça commence par la maison. Pour mieux rayonner dans cette maison. » Les tableaux de son peintre d’époux, les sculptures africaines qu’il a ramenées de ses différents voyages, « mon époux est plus africain que moi », le chien Loulou, enfin, en sont les premiers repères, posés dans cette nouvelle maison. Et les chocolats belges, délicieux, qu’elle tient à nous offrir.
Très heureuse chez nous, elle a immédiatement apprécié le climat chaud, « mon premier contact avec le froid fut lors de notre bref passage en Belgique », les gens et une vie qui répond à ses aspirations de bonheur. « Nous avons une vie de bohême... de luxe », dit-elle enfin, tout simplement heureuse.
Carla HENOUD
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Consolata de Loecker, une femme libre
Consolata de Loecker ne rentre pas vraiment dans le moule de l’épouse classique d’ambassadeur, même si elle remplit parfaitement sa fonction. Elle paraît trop jeune, trop belle, trop libre. « J’ai un certain franc-parler », précise-t-elle,...