sons au touriste lambda
Lu dans l’hebdomadaire français Marianne, édition du 11 au 17 décembre 2004, dans un article qui rend compte de vacances passées au Liban : « Le Liban est une malle aux trésors. Pour en tirer profit, doit-il continuer à bâtir des palaces à l’intention des millionnaires du Golfe qui constituent actuellement l’essentiel de la clientèle ? Ou des établissements 3 étoiles avec l’espoir de déclencher une ruée des visiteurs européens ? Pays de 3,5 millions d’habitants, sans ressources naturelles, le tourisme est sa principale source de revenus. Le “président de la République” aura son mot à dire dans ce choix. Il sera décisif. »
Ce passage me semble extrêmement pertinent : partout ne poussent que des hôtels au luxe ostentatoire et au prix conséquent. Le Liban ne gagnerait-il pas à donner au touriste lambda les moyens de le visiter ?
Joëlle HAYEK
Paris
a volonté de servir
Le député du Metn, Nassib Lahoud, a estimé que le document commun de l’opposition, rendu public à l’hôtel Bristol, vise à « lancer un débat sérieux et profond entre les Libanais, auquel contribueraient également les politiciens et la société civile ».
Voilà des propos dignes de notre cher Liban.
Mais alors comment trouver les moyens de les traduire dans la réalité afin d’étouffer le brouhaha des polémiques qui ne servent qu’à maintenir en vie des politiciens de tout genre, anciens gouvernants devenus récents opposants, ou vice versa ?
Les politiciens responsables, tel que M. Nassib Lahoud, et la société civile ont une occasion en or pour s’organiser dans un courant constructif, en dehors de tout ce monde de politiciens professionnels qui étaient, il n’y a pas longtemps, au pouvoir pendant des années qui ont échoué et que l’on retrouve aujourd’hui opposants de la dernière heure avant les élections. Ces politiciens, de tous bords d’ailleurs, veulent nous faire croire qu’ils sont purs. Par leurs polémiques, ils pensent nous faire oublier leur piètre bilan.
Serions-nous encore une fois bluffés par les mêmes ? Non ça suffit !
Nous comptons sur vous pour aller dans ce sens.
Le père Labaki, natif lui aussi de Baabdate, montre déjà la voie qui conduit à servir. Il suffit de s’en inspirer en politique. De la volonté ! De la volonté ! Merci père Labaki.
Henri K. SAMAHA
France
PS : Merci à « L’Orient-Le Jour » de préserver l’esprit indépendant de Georges Naccache.
Solidarité avec les Sri Lankais
Le Liban va-t-il perdre une opportunité de manifester sa gratitude, son respect et sa solidarité avec l’une de ses communautés de travailleurs immigrés ? Je veux parler de la communauté sri lankaise au Liban, des gens besogneux et honnêtes qui sont venus chez nous offrir leurs services pour édifier un avenir meilleur. Nous avons un devoir à l’égard de ces personnes : nous profitons de leur travail, ils représentent un secteur entier de notre économie. Il est temps que nous leur fassions part de notre soutien et de notre sympathie.
Je ne consulte que L’Orient-Le Jour et le Daily Star pour obtenir des informations sur mon pays, et à l’exception des mesures prises par la Sûreté générale pour faciliter le départ des ressortissants indiens et sri lankais, je n’ai décelé aucune manifestation officielle de solidarité avec les victimes d’une tragédie qui concerne l’humanité tout entière. Bien sûr, j’imagine que des particuliers, émus de l’ampleur des dévastations et de la souffrance en Asie du Sud-Est, ont, à leur manière (prières, dons privés, congés offerts), participé à l’énorme effort mondial de solidarité.
Mais cela n’est pas assez. Au risque de choquer certains lecteurs, j’estime que le manque de réaction officielle reflète les préjugés qui pourrissent notre société. Les Sri Lankais, Indiens (et toutes les autres victimes du tsunami) méritent plus que notre compassion. Ils méritent notre respect et nos remerciements. Qu’ils exercent des métiers que beaucoup de Libanais jugent inférieurs n’y change rien. Notre société doit reconnaître ses préjugés racistes à l’égard de ces travailleurs et œuvrer pour de meilleures relations avec eux.
J’ose espérer que les responsables religieux chrétiens et musulmans ont inclus dans leurs sermons des injonctions à la prière pour les victimes de cette catastrophe. Mais j’enjoins aux responsables politiques et surtout aux médias de faire plus et mieux. La place de notre pays et de ses citoyens dans un monde de plus en plus globalisé en dépend.
Émile HOKAYEM
Washington DC (USA)
ctions : un droit fondamental
Je m’appelle Élie Stéphan, chirurgien dentiste. Je vis au Canada depuis 1986. Je me demande pourquoi les Libanais qui vivent à l’extérieur du Liban ne peuvent pas participer aux élections ? Je crois que c’est un droit fondamental qui doit être débattu pour que tous les Libanais puissent participer aux élections.
Je trouve malheureux qu’aucune personnalité politique ou religieuse, aucun député et aucun ministre ne réclament ce droit des Libanais à l’étranger.
Élie STÉPHAN
Canada
remerciements et un message
Je me permets de vous adresser ce message afin de vous remercier pour les articles que vous passez de temps en temps concernant l’abolition du service militaire au Liban.
Malheureusement je n’ai pas les coordonnées de M. Honein et de M. de Freige et de bien d’autres dont je salue la position totalement logique pour leur écrire et les remercier et leur décrire concrètement ce qu’on vit lorsqu’on rentre à la sauvette dans notre pays où on a perdu toute liberté de circuler paisiblement et où nous sommes devenus des clandestins, alors qu’inversement, on se sent désormais plus chez soi ailleurs... C’est vraiment scandaleux.
J’aimerais bien que mon message soit transmis à des députés pour leur demander de réfléchir pour une fois aux inconvénients que cela peut avoir sur le Liban et son avenir et d’essayer de réagir, car un service militaire de six mois, voire trois mois va détruire ma carrière professionnelle pour moi comme pour tous ceux qui se plaignent (je n’ai que 5 semaines de vacances par an que je ne désire pas perdre en apprenant à démonter une arme...) et il ne faut pas rêver, personne d’entre nous ne quittera un jour son bureau pour aller se former dans une caserne.
Kassem HATOUM
France
Le rêve de 2001
Il y a encore à peine quatre ans, il était seul parmi les siens. Rêveur pour les uns, décalé des réalités pour les autres. On disait de lui qu’il était l’homme du passé. Souvenez-vous, c’était l’époque où la servitude, le renoncement et l’autocensure régnaient à Beyrouth, où les Libanais devenaient étrangers dans leur propre pays, où le Liban était entièrement sous-traité et inexistant sur l’échiquier américain. C’était l’époque de la duperie et des émissaires-amuseurs ; l’une des plus sombres de notre histoire.
C’est la déclaration de Bachar el-Assad liant le retrait syrien au règlement global du conflit israélo-arabe (annexant ainsi officiellement et de facto le Liban) et surtout le silence résigné au Liban des « opposants » politiques, des autorités religieuses et des intellectuels qui ont poussé le général Michel Aoun à s’adresser directement au décideur américain début 2001.
Sans lui, il n’y aurait jamais eu aux États-Unis un renouveau d’intérêt pour le Liban, pour son message de tolérance et pour sa culture démocratique, d’autant plus que nos aspirations à l’indépendance et à la liberté prenaient opportunément toutes leurs places dans la nouvelle politique américaine de l’après-11 septembre.
Aujourd’hui, Taëf est définitivement enterré et entraîne avec lui les espoirs de ceux qui y ont cru par naïveté, par ignorance ou par trahison, ou encore par simple calcul politique.
Louis FARÈS
Secrétaire général du Rassemblement
pour le Liban/France
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