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Actualités - Opinion

Le Point Autres temps...

La plus amère ? Hanane Achraoui. « On a demandé à un peuple sous occupation d’avoir des élections libres alors que lui-même n’est pas libre. C’est là un cas unique dans l’histoire », a dit l’ancienne ministre et actuelle membre du Parlement. Le plus réaliste ? Shimon Peres. « Un nouveau processus va commencer. Un important changement est intervenu et j’espère que la nouvelle direction palestinienne soit le reflet d’un changement dans la rue », a affirmé le nouveau numéro 2 du gouvernement israélien, Shimon Peres. Le plus dithyrambique ? Le Yediot Aharonot. « Abbas a été porté au pouvoir par un raz-de-marée. Il y a avec qui parler », constate le quotidien israélien. Cette « victoire en grand », ainsi que la qualifie un autre journal de Tel-Aviv, le Maariv, a été obtenue par 62,32 pour cent des suffrages exprimés. Et encore, « il ne faut pas oublier que 60 pour cent des personnes qui ont le droit de voter ont participé au scrutin », a noté le principal chef en Cisjordanie du Hamas, cheikh Hassan Youssef. Mais on aurait mauvaise grâce à chicaner au président de l’Autorité quelques décimales tant paraît important l’événement. Comment oublier en effet que la dernière page de l’ère Arafat vient d’être tournée et que, si les problèmes demeurent douloureusement présents, la manière de les aborder se présente sous un jour nouveau du côté des deux principales parties concernées, mais aussi du côté du parrain américain. Bien sûr, il suffira demain qu’un kamikaze ceinturé d’explosifs se fasse sauter à une station d’autobus, d’un tir sur un véhicule transportant des colons quittant Gaza pour que tout soit remis en cause. Bien sûr encore, la lune de miel entre les camps en présence pourrait se révéler éphémère si, l’heure des négociations venue, aucun résultat tangible ne devait être enregistré. Mais en définitive, tout dépendra de l’Amérique, de sa détermination à assurer la relance du processus de paix et pour cela, à faire pression sur son protégé israélien. On ne saurait oublier à cet égard le véritable chantage autrefois exercé par Bush père – à travers la garantie US d’un prêt de 10 milliards de dollars – pour s’assurer de la bonne volonté de l’État sioniste. Aujourd’hui, nul ne se hasarderait à prévoir la réédition d’un tel scénario sous la présidence d’un Bush fils imprégné d’un messianisme que lui envierait le plus ultra des juifs orthodoxes. Tout de même, après la consultation de dimanche dernier, on conviendra que les Palestiniens ont rempli leur part du contrat. Et si les quatre millions de réfugiés vivant hors des territoires occupés n’ont pas participé au scrutin, c’est qu’ils relèvent administrativement de l’OLP, le « raïs » exerçant son autorité – plus théorique que réelle d’ailleurs –sur les seules Cisjordanie et Gaza, où sont inscrits 1,1 million d’électeurs. À ces deux chiffres, on devrait ajouter le million de Palestiniens israéliens ainsi que les 230 000 Arabes de Jérusalem-Est, empêchés, eux, de se rendre à l’un des 1 000 bureaux de vote. À Tel-Aviv maintenant d’accomplir le prochain pas, à commencer par ce démantèlement de points de peuplement dont rien pour l’heure ne laisse penser qu’il se déroulera sans accroc majeur. C’est que dans le landernau politique israélien, il arrive souvent qu’il y ait loin de la parole aux actes. Aussi, quand Ariel Sharon, dans un télégramme à Abou Mazen, exprime l’espoir d’« une amélioration rapide des relations » entre les deux parties, il est permis d’exprimer quelque doute sur ses véritables intentions. L’ancien baroudeur reconverti dans un douteux pacifisme a mis sur pied une équipe ministérielle comprenant les anciens éléments de sa formation likoudienne ainsi que des recrues travaillistes et – curieux mariage de la carpe et du lapin – des transfuges du Judaïsme unifié de la Torah. Arithmétiquement, il est assuré d’une majorité sinon confortable à tout le moins fidèle. Dans la pratique, on ignore toujours la nature du tribut qu’il devra verser à ses alliés extrémistes de droite et de la réaction qui sera alors celle de ses compagnons de gauche. Sans compter que reprendre le dialogue au point où il avait été abandonné il y a quelques années ne signifie pas nécessairement que son succès soit assuré. Trop modéré pour les uns, pas assez pour les autres, Mahmoud Abbas est confronté à un problème de taille : cet homme de transition, mal élu et au mauvais moment de surcroît, est guetté par tous ceux qui, tapis dans l’ombre, sont à l’affût du moindre de ses faux pas pour essayer de reprendre les rênes du commandement. Une position hautement inconfortable s’il en est. Des moins enviables aussi. Christian MERVILLE
La plus amère ? Hanane Achraoui. « On a demandé à un peuple sous occupation d’avoir des élections libres alors que lui-même n’est pas libre. C’est là un cas unique dans l’histoire », a dit l’ancienne ministre et actuelle membre du Parlement.
Le plus réaliste ? Shimon Peres. « Un nouveau processus va commencer. Un important changement est intervenu et j’espère que la nouvelle direction palestinienne soit le reflet d’un changement dans la rue », a affirmé le nouveau numéro 2 du gouvernement israélien, Shimon Peres.
Le plus dithyrambique ? Le Yediot Aharonot. « Abbas a été porté au pouvoir par un raz-de-marée. Il y a avec qui parler », constate le quotidien israélien.
Cette « victoire en grand », ainsi que la qualifie un autre journal de Tel-Aviv, le Maariv, a été obtenue par 62,32 pour cent des...