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Les abus américains délivrent Moscou de tout complexe en Tchétchénie

Le scandale suscité par la révélation des abus présumés de militaires américains en Irak risque de délivrer la Russie de tout complexe sur sa politique en Tchétchénie, où l’on redoute de nouveaux accès de violence après l’attentat qui a coûté la vie le 9 mai au président Akhmad Kadyrov. Les députés russes, dont la majorité pro-Kremlin a toujours réagi de manière très vive pour protester contre les accusations de violations de droits de l’homme dans la république indépendantiste, ont pris soin d’exiger que soit mis fin « à la pratique scandaleuse du traitement inhumain des prisonniers irakiens par les forces occupantes ». « Les cas de tortures et de sévices doivent faire l’objet d’enquêtes précises et être fermement et publiquement condamnés », a poursuivi la Douma, qualifiant en outre d’inacceptable « l’écrasement de soulèvements populaires par des moyens militaires », dans une déclaration, votée à l’avant-veille de l’arrivée à Moscou de la conseillère américaine à la sécurité nationale, Condoleezza Rice. Une rhétorique à laquelle le Kremlin et le ministère des Affaires étrangères ne se sont pour l’instant pas livrés, mais qui augure de la réponse qui pourrait être faite désormais à toute nouvelle critique sur la Tchétchénie. « Aux accusations de violation des droits de l’homme, la propagande soviétique répondait (aux États-Unis) : “Mais chez vous, on lynche bien des Noirs”. C’est à peu près ce que l’on répondrait aujourd’hui », a observé le politologue Andreï Piontkovski. « Pour le reste, les militaires russes n’ont rien à apprendre des Américains : en Tchétchénie, c’est par centaines que les gens disparaissent, et en dix ans de guerre, on y a fait tout ce qui pouvait être fait », a poursuivi cet expert. L’attentat à l’explosif qui a coûté la vie dimanche au président tchétchène Akhmad Kadyrov, un revers majeur dans la politique de « normalisation » du Kremlin, risque d’ailleurs de relancer avec plus de vigueur les violences dans la république, au premier chef sous la houlette de son fils Ramzan. Ramzan Kadyrov, qui dirigeait les milices armées de son père accusées des pires atrocités, a été pressenti pour prendre sa succession. Quant aux militaires russes présents dans la république, un nouveau blanc-seing leur a été donné avec l’acquittement fin avril de quatre membres des services de renseignements militaires (GRU), jugés pour le meurtre en janvier 2002 de six civils tchétchènes, dont une femme enceinte. Après avoir tiré sur leur véhicule qui, selon eux, refusait de s’arrêter, tuant une première personne, les militaires ont exécuté de sang-froid les cinq autres puis brûlé la voiture pour cacher leur crime. Le jury a admis qu’ils avaient agi sur ordre, mais l’officier mis en cause ayant démenti, aucun responsable n’a été mis en cause. Une affaire qui n’a pu qu’entretenir le sentiment diffus et largement refoulé dans la société russe d’être irrémédiablement le « mauvais élève » d’un Occident respectueux des droits de l’homme et des règles démocratiques. La révélation des sévices subis par des prisonniers irakiens de la part de soldats américains risque de lever tout complexe dans ce domaine, ou au moins de provoquer des réactions désabusées, comme en témoigne la remarque d’un autre politologue, Iouri Korgouniouk, qui affirme que « ce qu’ont fait les Américains à leurs prisonniers se passe dans toutes les prisons du monde ».
Le scandale suscité par la révélation des abus présumés de militaires américains en Irak risque de délivrer la Russie de tout complexe sur sa politique en Tchétchénie, où l’on redoute de nouveaux accès de violence après l’attentat qui a coûté la vie le 9 mai au président Akhmad Kadyrov.
Les députés russes, dont la majorité pro-Kremlin a toujours réagi de manière très vive pour protester contre les accusations de violations de droits de l’homme dans la république indépendantiste, ont pris soin d’exiger que soit mis fin « à la pratique scandaleuse du traitement inhumain des prisonniers irakiens par les forces occupantes ». « Les cas de tortures et de sévices doivent faire l’objet d’enquêtes précises et être fermement et publiquement condamnés », a poursuivi la Douma, qualifiant en outre...