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Actualités - Opinion

Impression Schizo...

« Ti pourrais m’accrocher par les cheveux, ti pourrais me brîler les pieds, le nez... alors, pourquoi ti veux toujours me faire zing-zing ? » C’est vrai, pourquoi ? Cette bonne question, c’est la marionnette irakienne des Guignols de l’info qui la pose à Rambo, symbole du GI de base, armé... d’un balai à manche. C’est que le peuple américain cultive une image de marque inoxydable : celle de parangon de la civilisation. Et de la civilité. Inventeur du politiquement correct, c’est à lui que nous devons, dans toutes les langues qui ne veulent pas être en reste, le vocabulaire nouveau qui ménage les sentiments et l’amour-propre d’autrui. Soit, les statistiques n’ont pas encore prouvé que les éboueurs et les femmes de ménage se sentent plus valorisés par la redéfinition de leur fonction en « techniciens de surface ». Mais il ne sera pas dit que l’Amérique n’a rien tenté pour entrer dans le troisième millénaire avec classe. Côté santé, et même si elle continue à refuser de signer toute forme de traités antipollution, elle a à son actif un ostracisme violent envers les fumeurs (on peut polluer la terre mais pas les lieux publics) et les obèses (au pays de la surproduction, mieux vaut jeter que surconsommer). Mais voilà, il y a quelque chose de pourri au royaume d’Uncle Sam. Parce que cette image léchée que les Américains veulent donner d’eux-mêmes ne colle pas avec leur réalité. À se vouloir des surhommes, ils vivent mal leur simple humanité. Pas besoin d’être psychiatre pour déceler dans leur dérive une schizophrénie douloureuse. Dr Jekyl est un bel athlète, mangeur de céréales, buveur de lait et de jus de fruits, génie des sciences exactes et de l’informatique, conquérant de l’espace et marcheur lunaire. Respectueux des lois, des religions, des races et des libertés, il est le défenseur du plus faible, le sauveur des opprimés, le champion de la moralité, toujours prêt pour une bonne action spectaculaire. Mr Hyde ne supporte pas les immigrés dont il est forcément issu. Il ne supporte pas les gens de couleur, quelle que soit sa propre couleur. Il est armé jusqu’aux dents, et se fait justice par lui-même. Il boit trop (d’alcool), il mange trop (de saletés), il en a honte mais ne le reconnaît pas. Il vit devant sa télé qui l’abreuve d’âneries à caractère commercial. Il ne se déplace qu’en voiture, se méfie des non-Américains, ignore le vieux monde, ignore tout ce qui n’a pas d’intérêt pratique et présente de sérieuses lacunes en culture générale. Entre ces deux clichés, le GI débarquant en Irak ne sait ni où il se trouve ni qui il est. Super héros courtois, il est supposé délivrer un peuple de son tyran. C’est grandiose, c’est gratuit. Mais voilà, le peuple ne manifeste aucune reconnaissance, l’ingrat. Il le traite de bouffeur d’Indiens, de voleur de pétrole, de protecteur de colons, lui exprime bruyamment son mécontentement dans une langue crachée dont il ne distingue aucun vocable familier. En un mot, il ne respecte pas son « feeling ». Alors le GI se fâche. Il va falloir civiliser ces barbares, leur apprendre à dire merci. Un atavisme le titille. Il est Robinson, ils sont Vendredi. Alors revient la vieille dialectique du maître et de l’esclave, du tyran et de l’opprimé, du coupable et du culpabilisant. Alors émerge la pulsion archaïque de la possession par le viol. L’Américain s’en prend au corps du prisonnier irakien comme à un territoire conquis. Il marque sa victime de sa propre intimité pour la rendre plus familière. Il l’arrose de son urine, rituel de fauve apeuré. C’est vrai, pourquoi, quand on est doté des équipements guerriers les plus pointus de la planète, pourquoi faire « zing-zing » ? Correction politique oblige, l’Amérique trouvera bien un moyen honorable de s’amender. Mais l’histoire. L’histoire retiendra l’ondinisme infantile des boys. Ils rentreront marqués de cette infamie. Guerriers du pipi. Et aucun mensonge n’y pourra rien. Fifi ABOUDIB
« Ti pourrais m’accrocher par les cheveux, ti pourrais me brîler les pieds, le nez... alors, pourquoi ti veux toujours me faire zing-zing ? » C’est vrai, pourquoi ? Cette bonne question, c’est la marionnette irakienne des Guignols de l’info qui la pose à Rambo, symbole du GI de base, armé... d’un balai à manche.
C’est que le peuple américain cultive une image de marque inoxydable : celle de parangon de la civilisation. Et de la civilité. Inventeur du politiquement correct, c’est à lui que nous devons, dans toutes les langues qui ne veulent pas être en reste, le vocabulaire nouveau qui ménage les sentiments et l’amour-propre d’autrui. Soit, les statistiques n’ont pas encore prouvé que les éboueurs et les femmes de ménage se sentent plus valorisés par la redéfinition de leur fonction en « techniciens...