L’affaire al-Manar
Un message de respect et de dialogue
La raison invoquée (pour obtenir son interdiction) est que cette chaîne (al-Manar) incite à la haine et à la violence. Je crois que c’est exactement le contraire qui incite Israël à s’acharner sur cette chaîne en particulier. Tous ceux qui connaissent le Liban et la résistance libanaise savent que cette dernière avait une ligne de conduite digne du plus grand respect ; elle n’a jamais participé à la guerre civile et concentrait tous ses efforts à la lutte contre l’occupant jusqu’à la victoire finale.
Aujourd’hui, la stratégie de l’État hébreu consiste à opposer le monde musulman à l’Occident et à présenter les musulmans comme des terroristes. C’est pourquoi il ne peut tolérer l’existence d’al-Manar, qui dénonce ses crimes. Israël veut que l’image des musulmans soit celle véhiculée par Zarkaoui et al-Qaëda.
Citoyen français d’origine libanaise, je regarde régulièrement al-Manar. Jamais je n’ai entendu un message d’incitation à la haine raciale ou religieuse ; au contraire, son message prône le respect et le dialogue avec les autres peuples, les autres religions. Personnellement, je ne peux haïr un homme pour sa race ou sa religion. Nous avions appris au Liban à vivre en frères entre chrétiens et musulmans avant qu’Israël n’exporte chez nous le problème palestinien, provoquant une guerre civile. Je suis pour un État palestinien où vivraient ensemble juifs, musulmans et chrétiens. Mais auparavant, justice doit être rendue au peuple palestinien.
Hazem ABDALLAH
France
Un peu de décence !
Suivant les nouvelles relatives aux mésaventures de la chaîne al-Manar, je ne peux qu’exprimer ma profonde indignation face aux bavures de l’État libanais. La France a été traditionnellement l’alliée du Liban, ainsi que sa «marraine» culturelle, notamment en matière de francophonie. Les chaînes francaises (TV5, Fr 2...) offrent une bouffée d’oxygène vitale face à la désolante pauvreté culturelle de la pluplart de nos chaînes locales, et nombreux sont les foyers libanais qui partagent sans doute mon opinion.
Face à la levée de boucliers collective soi-disant en faveur de la liberté d’expression et autres clichés que l’État semble s’approprier de façon sélective, je n’ai qu’un mot à dire : rappelez-vous la MTV. Un peu de décence, que diable !
M. Azar
New Jersey (USA)
Il y a plus important
Les sujets ne manquent pas au Liban. Le chef de l’État défend les droits de la chaîne al-Manar en France... Avec tout mon respect pour les deux parties, n’y a-t-il pas de sujet plus important et vital à défendre ? Laissons la France s’occuper de ce problème, elle sait à quoi elle a affaire, et M. le Président, je vous assure que les cris qui s’élèvent dans notre pays méritent aussi d’être entendus.
José SAMAHA
Et les excuses au Liban ?...
Au Koweït, les Palestiniens n’avaient pas pris les armes contre les Koweïtiens alors qu’au Liban, ils avaient plongé le pays dans une guerre civile de plusieurs années. Ne faudrait-il pas que la classe politique libanaise (toute entière) demande aux nouvelles autorités palestiniennes de présenter leurs excuses au peuple libanais pour tous les malheurs qu’ils lui ont causé?
Les excuses présentées par Mahmoud Abbas au Koweït, qui a dû subir les prises de positions négatives de l’OLP lors de la première guerre du Golfe, ne peuvent qu’être inscrites au crédit de cette nouvelle direction de l’OLP. Le Liban devrait se rappeler au «bon souvenir» de ces messieurs.
Hassan MOURAD
Paris
Petit passeport deviendra grand...
Pourvu que Dieu lui prête vie, notre passeport libanais devrait bien un jour réintégrer la place de choix qui lui est due initialement. Mais en attendant, ce petit document bleu marine, frappé du cèdre millénaire, témoin de notre identité, est décrié un peu partout dans le monde, bafoué, humilié.
L’obtention d’un visa est devenue une gageure en soi. Armé d’un dossier en béton, constitué essentiellement de «votre relevé de compte bancaire», vous n’êtes pas pour autant bien accueillis par le péposé au guichet. Préparez-vous à passer un mauvais quart d’heure.
Et nous voilà, Libanaises et Libanais, en rangs serrés, pareils à un troupeau en transhumance, quêtant, quémandant, mendiant un visa dans le consulat d’un pays ami. Sous le feu nourri des questions: « Qui êtes-vous, d’où venez-vous, où allez-vous, pourquoi y allez-vous ? » Nous relevons fièrement la tête, refusant de nous soumettre au jeu shakespearien car justement, là n’est pas la question et répondons :
« Nous sommes, avons été et resterons Libanais, peuple fier mais non arrogant, peuple qui a fait de l’hospitalité un sacerdoce. »
Et s’il vous arrive à vos moments perdus, Messieurs «les octroyeurs de visas», de réviser l’histoire, elle vous contera les nombreux apports du Libanais qui, sillonnant déjà les mers, allait jusque chez vous, animé d’un esprit d’échanges enrichissants, ce même esprit qui aujourd’hui le pousse à demander un laissez-passer.
Liliane MASRI
France
Contre les plongées sauvages
J’ai lu avec beaucoup d’intérêt l’article de Suzanne Baaklini (L’Orient-Le Jour du 2 décembre 2004) concernant la plongée sous-marine au Liban. Je me réjouis de voir que l’opinion commence à s’intéresser aux conditions de sécurité qui entourent ce sport, qui peut devenir très vite dangereux, notamment quand les règles de sécurité ne sont pas respectées. Huit décès en quelques mois, ce sont huit de trop !
Je suis par ailleurs étonné qu’on n’ait pas évoqué les différents niveaux de plongée, selon la profondeur, les centres hyperbares et surtout la visite médicale préalable, avec l’obtention auprès d’un médecin spécialisé d’un certificat de non contre-indication à la plongée sous-marine, que ce soit chez l’adulte ou chez l’enfant. Il faut également évoquer les plongées sauvages, qui me semblent fréquentes au Liban. Ce sport est en pleine expansion dans notre petit paradis sous-marin, mais ne le transformons pas en une catastrophe humaine récurrente. Bien amicalement.
Chady KALLASSY
médecin vasculaire
Nantes – France
Des décisions paradoxales
Monsieur le ministre de la Défense, je vous écris cette lettre en mon nom personnel, mais je crois bien qu’elle reflète à 99% l’avis des jeunes Libanais aptes à accomplir le service militaire, malheureusement obligatoire, pour le moment.
Personnellement, j’étudie en France, pour différentes raisons, mais sachez que le fait de pouvoir être exempté du service militaire au bout de 5 ans m’a encore plus encouragé à plier bagages.
Je ne comprends pas vos motivations. Toutes les décisions du gouvernement sont paradoxales ! Prenons le cas de l’incroyable émigration des étudiants. Un jour vous dites que vous êtes (gouvernement) contre ce fléau et qu’il faut le combattre par tous les moyens. Or vous ne faites qu’aggraver les choses en prétendant vouloir réduire le service obligatoire à six mois et supprimer la loi qui s’applique aux personnes résidentes à l’étranger.
Laissez-moi vous dire que si vous supprimez cette loi, la situation ne va qu’empirer, et les jeunes vivant à l’étranger, au lieu de revenir chaque été au Liban, attendront leur mariage et leur premier enfant pour envisager de revenir un jour.
Prenons un autre exemple. Vous dites que l’avenir du Liban repose essentiellement sur le tourisme, alors qu’en contrepartie les billets d’avion Paris-Beyrouth sont bien plus élevés que Paris-New York.
Encore une fois merci et, s’il vous plaît, ne refaites plus les mêmes erreurs… Il est temps, je crois, de tourner la page et d’aller de l’avant.
Houssam MROUÉ
France
Londres: la leçon de démocratie
« Honte, honte et honte ! »… Un cri rageur s’est fait entendre, hurlé à l’unisson dans les rues de Kiev et sur la place de l’Indépendance, deux semaines durant. Un autre cri de honte plus discret s’est fait aussi entendre à Londres, demandant au ministre de l’Intérieur David Blankett de démissionner – ce qu’il a fini par faire. Il est soupçonné, dit-on, d’avoir abusé de son autorité pour faciliter l’obtention d’un visa permanent à la nourrice philippine employée par son ancienne maîtresse.
L’Europe vient ainsi d’avoir droit à deux leçons de démocratie. Deux évènements qui montrent bien que la démocratie est loin d’être d’usage dans notre pays, contrairement à ce que nos dirigeants affirment, à coups de phrases qui sonnent creux, sans cesse répétées et apprises par cœur dans des centres de formation intensive où les professeurs ont un drôle d’accent.
Revenons à l’Ukraine. Une situation qui s’apparente quelque peu à celle du Liban, où une grande partie de la population (on ne connaîtra toujours pas son importance) lutte pour son indépendance et sa souveraineté face à une influence devenue trop pesante du pays voisin.
S’agissant de Londres, on pourrait dire que les Anglais exagèrent quand même, que la presse à scandale fait de plus en plus la loi au pays de Shakespeare. C’est peut-être vrai, mais cela montre au moins que la plate-forme démocratique existe, que le système fonctionne, sanctionnant les débordements des politiques.
Jean-Pierre SAAD
Londres
Libanais de Guadeloupe
Bravo pour le travail que vous effectuez dans les colonnes de votre journal!
Je suis d’origine libanaise mais né en Guadeloupe, une île française dans les Caraïbes.
Je suis régulièrement au Liban, mais j’aimerais bien y retourner pour de bon. Félicitations encore pour votre rigueur et votre probité intellectuelle.
Willys ROMANOS
Guadeloupe
À Chandra, Ratna, Kanti...
Je pense à toutes ces femmes qui travaillent ou qui ont travaillé dans nos familles et dont les proches ont probablement été touchés par la catastrophe humanitaire provoquée par le tsunami.
Je pense à Chandra, Ratna, Kanti, Rohini et bien d’autres….
J’espère que leurs familles vont bien.
Je pense à toutes ces heures passées dans nos familles, si loin de leurs enfants, de leurs parents et amis, des personnes qui leur sont les plus chères.
Je pense à ces mois passés à apprendre nos coutumes, nos langues, nos habitudes.
Je pense à toutes ces heures de travail pour collecter quelques économies, pour financer la construction d’une maison, l’éducation des enfants, la survie d’une famille.
Je pense à toutes ces femmes qui nous ont offert leur amour et leur disponibilité.
Je pense à toutes les histoires rapportées de cet exotique Sri Lanka. La jungle, les pluies diluviennes, les tigres, les champs de thé qui ont bercé nos dîners quand nos mères étaient absentes.
Je pense aux saris, aux tissus colorés, aux longs cheveux noirs et brillants que j’aurais aimé avoir quand j’étais enfant.
Je pense au désarroi devant ces images, à la difficulté de joindre ses proches, aux communications saccadées, aux informations erronées.
Je pense à ce sentiment d’impuissance qu’instaure la distance physique avec une personne chérie.
Je pense au désir d’être là, alors qu’on est si loin.
Randa KAMEL
Paris
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