L’Italien Valentino Rossi a ajouté la hardiesse à la palette de ses qualités reconnues pour s’emparer, sur une Yamaha, du titre de champion du monde motocycliste 2004 en luttant seul, à armes inégales, dans la catégorie reine des MotoGP contre la horde des chevaliers Honda.
Un sixième sacre ne délivre certes pas la même charge émotionnelle qu’un premier, mais Rossi doit bien avouer que celui qu’il vient de vivre avec l’écurie Gauloises-Fortuna Yamaha était baigné de vapeurs particulièrement épicées et envoûtantes. Il inflige un cinglant déni à l’insolente assurance d’un ancien employeur convaincu de la primauté de sa machine sur des pilotes interchangeables à souhait.
En 2004, assurément, un pilote s’est imposé. Le meilleur.
Mais il n’avait jamais songé à y parvenir sur une machine supportant un trop lourd handicap. Et il a surpris les ingénieurs Yamaha en les guidant avec précision sur la voie du développement de la M1.
Témérité
Avec son chef mécanicien, l’Anglais Jeremy Burgess, Rossi a imposé une démarche empirique. Si la RC211 à moteur V5 de Honda reste supérieure en motorisation et en confort de pilotage, notamment sur les reprises en sortie de courbe, la M1 4 cylindres en ligne s’est révélée supérieure en agilité, en vitesse de passage dans les virages, grâce à un nouveau calage du propulseur et, surtout, à des réglages quasi parfaits du châssis.
Mais, de l’aveu même de Rossi, sa nouvelle monture demeure plus rétive que l’ancienne. Elle réclame au pilote de composer avec ses caprices, de l’accepter telle qu’elle est pour mieux la comprendre et donner les indications précises aux ingénieurs Yamaha afin de corriger ses défauts les plus persistants avant d’entamer la saison 2005.
C’est dire combien Rossi a puisé au plus profond de sa témérité pour remporter neuf courses sur seize en 2004, ne concédant que quatre victoires à l’Espagnol Sete Gibernau, deux au Japonais Makoto Tamada et une à l’Italien Max Biaggi pour le compte de Honda. Il est devenu le meilleur pilote Yamaha de tous les temps.
Oser encore plus
En fin de saison, Rossi totalisait 304 points contre 257 à son dauphin, Gibernau. Ce score est inférieur à ceux des trois années précédentes (357 en 2003 avec 9 succès, 355 en 2002 et 325 en 2001 pour 11 victoires dans chaque campagne). Il reste cependant dans la moyenne des cinq titres d’affilée de l’Australien Michael Doohan sur Honda.
De 1994 à 1998, ce dernier avait inscrit de 248 (7 victoires, en 1995) à 340 points (12 victoires, en 1997).
Les comparaisons s’arrêtent là. L’Espagnol Alex Crivillé (Honda) a inscrit 267 points en 1999 (6 succès) et l’Américain Kenny Roberts (Suzuki) a plafonné à 258 en 2000 (4 victoires). Cette année-là, le jeune Valentino Rossi, qu’on ne surnommait encore ni « Vale » ni « The Doctor », accédait à la catégorie reine et se classait deuxième du championnat du monde, crédité de 209 points et deux succès.
Il se forgeait une mentalité de fer face à son compatriote Max Biaggi (Yamaha), au Brésilien Alex Barros (Honda) ou à l’Australien Garry McCoy (Yamaha), émérites écumeurs de circuits du moment qui, pourtant, le suivaient dans cet ordre au classement final.
Le grand bain de cette immersion précoce a œuvré comme un élixir dont les meilleurs effets se sont révélés en 2004. Rossi a fait un choix dont a bénéficié la compétition, plus suivie sur les circuits et à la télévision que jamais.
Rossi a gagné en sérénité mais a aussi renforcé sa confiance en un entourage compétent et dévoué à sa cause. De quoi oser encore plus en 2005.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’Italien Valentino Rossi a ajouté la hardiesse à la palette de ses qualités reconnues pour s’emparer, sur une Yamaha, du titre de champion du monde motocycliste 2004 en luttant seul, à armes inégales, dans la catégorie reine des MotoGP contre la horde des chevaliers Honda.
Un sixième sacre ne délivre certes pas la même charge émotionnelle qu’un premier, mais Rossi doit bien avouer que celui qu’il vient de vivre avec l’écurie Gauloises-Fortuna Yamaha était baigné de vapeurs particulièrement épicées et envoûtantes. Il inflige un cinglant déni à l’insolente assurance d’un ancien employeur convaincu de la primauté de sa machine sur des pilotes interchangeables à souhait.
En 2004, assurément, un pilote s’est imposé. Le meilleur.
Mais il n’avait jamais songé à y parvenir sur une machine supportant...