Chili
Feu vert aux poursuites judiciaires contre Pinochet
le 05 janvier 2005 à 00h00
La Cour suprême chilienne a validé hier l’inculpation et la détention de l’ex-dictateur Augusto Pinochet pour son rôle dans l’opération Condor, un plan des régimes sud-américains pour éliminer leurs opposants, laissant la voie libre à l’instruction menée par le juge Juan Guzman Tapia. En pratique, le général en retraite de 89 ans va être placé en résidence surveillée dans sa villa de Los Boldos, à 110 km à l’ouest de Santiago où il se trouve depuis jeudi dernier.
À une courte majorité de trois magistrats contre deux, le tribunal suprême a rejeté les arguments de la défense alléguant que la santé de l’ex-président s’était détériorée, l’empêchant d’être poursuivi en justice. La Cour n’a pas davantage tenu compte d’une récente hospitalisation de Pinochet à Santiago du 18 au 22 décembre.
Après la lecture du verdict, les familles d’une partie des 3 000 opposants, assassinés ou disparus sous le régime, qui patientaient dans les couloirs du tribunal, ont poussé des cris de joie.
Les ennuis judiciaires de Pinochet se sont accélérés depuis une interview accordée en 2003 à une télévision de Miami dans laquelle il s’était montré très alerte, faisant même preuve de cynisme en se qualifiant d’« ange ». Cet entretien a convaincu en 2004 les tribunaux chiliens d’accepter de lever une nouvelle fois l’immunité d’ancien président dont jouit Pinochet.
Le juge Guzman était déjà parvenu à maintenir Pinochet aux arrêts domiciliaires pendant six semaines entre février et mars 2001 pour le dossier de la Caravane de la mort, un groupe de militaires qui parcourut le pays en octobre 1973 pour commettre enlèvements et assassinats. Mais l’ancien homme fort du Chili avait échappé à un procès lorsque la Cour suprême avait estimé un an plus tard que son état de « démence modérée » l’empêchait de se défendre.
La Cour suprême chilienne a validé hier l’inculpation et la détention de l’ex-dictateur Augusto Pinochet pour son rôle dans l’opération Condor, un plan des régimes sud-américains pour éliminer leurs opposants, laissant la voie libre à l’instruction menée par le juge Juan Guzman Tapia. En pratique, le général en retraite de 89 ans va être placé en résidence surveillée dans sa villa de Los Boldos, à 110 km à l’ouest de Santiago où il se trouve depuis jeudi dernier.
À une courte majorité de trois magistrats contre deux, le tribunal suprême a rejeté les arguments de la défense alléguant que la santé de l’ex-président s’était détériorée, l’empêchant d’être poursuivi en justice. La Cour n’a pas davantage tenu compte d’une récente hospitalisation de Pinochet à Santiago du 18 au 22...
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