L’euro est resté sous pression hier sur les marchés des changes, les opérateurs continuant à rééquilibrer leur portefeuille de devises au profit du dollar, après les brusques mouvements de la fin 2004 sur fond des énormes déséquilibres commerciaux et budgétaires US largement anticipés. La monnaie unique est retombée ainsi jusqu’à 1,3265 $, son plus bas niveau depuis le 15 décembre. Le rebond du billet vert a été encouragé par l’annonce que les commandes industrielles aux États-Unis auraient progressé de 1,2 % en novembre contre 0,9 % en octobre après correction de 0,5 %. Cette hausse, la plus importante enregistrée depuis juillet, a agréablement surpris les investisseurs, qui tablaient sur une hausse de 1 % seulement, et redonné plus d’actualité aux placements en actifs US à la veille des chiffres de l’emploi aux États-Unis en décembre. Ceux-ci devraient montrer aussi, selon plusieurs analystes, que l’économie US va commencer l’année 2005 du bon pied. En outre, la publication hier des minutes de la réunion du 14 décembre du comité de politique monétaire de la Fed, confirmant que les taux d’intérêt US vont continuer à être relevés progressivement, a également soutenu le dollar. Cela d’autant que les opérateurs avaient appris un peu plus tôt que le nombre des chômeurs en Allemagne a augmenté en décembre pour le 11e mois consécutif de 17 000 par rapport à novembre pour totaliser 4,47 mls de personnes fin 2004, leur plus haut niveau depuis 1997, en raison du net affaiblissement de la 1re économie de la zone euro. Il en est de même de la stagnation du PIB français au 3e trimestre 2004, dont la croissance a été revue en baisse de 0,1 point par l’Insee pour s’établir à 0,6 % par rapport au deuxième, et qui a aussi déçu les opérateurs. Dans ces conditions, les analystes ont écarté toute perspective de relèvement des taux d’intérêt par la BCE malgré l’accélération de l’inflation annuelle dans la zone euro (2,3 % en décembre selon Eurostat), estimant devoir racheter le dollar sous ce rapport. L’euro devait donc en souffrir davantage, se négociant finalement à New York en nouvelle baisse de 1,45 % à 1,3270 $ contre 1,3465 $ la veille.
Les prises de bénéfices pèsent sur Wall Street
La Bourse US a creusé ses pertes hier, poursuivant ses prises de bénéfices amorcées la veille, après un mois de décembre tellement bon. Cela étant, les opérateurs ont ignoré les nouvelles économiques très encourageantes et la hausse de 0,2 % des ventes des chaînes de magasins aux États-Unis lors de la semaine close le 1er janvier par rapport à la précédente. L’abaissement par Smith Barney de sa recommandation sur Amazon.com et de Raymond James sur Dell et Google a pesé sur la tendance ainsi que l’annonce par Ford d’une baisse de 4,4 % de ses ventes aux États-Unis en 2004.
En revanche, les Bourses européennes sont restées soutenues par la nouvelle baisse de l’euro face au dollar qui relance toujours les spéculations à la hausse des sociétés exportatrices sous la conduite des valeurs automobiles. Les titres de la distribution continuaient aussi à être recherchés après les bonnes ventes de la période des fêtes.
La tendance était mitigée à la Bourse de Beyrouth avec la baisse des actions A de Solidere de 8,30 $ à 8,27 $ et la hausse des actions B de 8,05 $ à 8,10 $.
Élie KAHWAGI
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