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Les lecteurs ont voix au chapitre

La démocratie, mais par quels moyens ? Les lecteurs seraient-ils plus audacieux que nos hommes politiques ? C’est encore une fois l’exemple ukrainien qui les inspire quand ils réclament une mobilisation générale des citoyens pour obtenir que « cela change ». En s’interrogeant sur les mesures d’ordre pratique que se propose d’adopter l’opposition, Kornet Chehwane en particulier, pour obtenir une véritable démocratie. Après tout, s’insurge ainsi une correspondante, nous nous sommes soulevés contre le mandat français mais nous sommes restés fidèles à la France. Un point de vue que ne semble pas partager un autre lecteur pour qui la meilleure politique consisterait à être plus Arabe que les Arabes et plus Syrien que les Syriens. Et de soutenir par ailleurs que l’opposition devrait nous dire quel plan de gouvernement elle nous prépare – ce qui, après tout, n’est que parfaitement logique. On le soupçonnait un peu mais voilà qu’une mère l’écrit, noir sur blanc : et si ce n’était pas les hommes politiques que nos enfants admirent mais plutôt les sportifs, plus précisément ceux d’entre eux qui pratiquent cet autre « noble art » qu’est l’équitation ? Bravo, ceux-là. On serait fortement tenté d’ajouter : bravo, cette jeune génération qui a des idéaux autrement plus élevés. a« Al-Manar » contre « TV 5 » Vous qualifiez l’interdiction de TV5 (dans certains secteurs de Beyrouth) de « bêtise » fondée sur « l’ignorance ». Cette chaîne n’est pas une télévision française, alors pourquoi l’interdire ? TV5 est une chaîne francophone ; qui dit francophone pensera naturellement à la France et à la langue française. La francophonie est un lien pour tous ceux qui se rattachent à la culture française. Il est normal que certains Libanais veuillent faire comprendre à la France que la diffusion de la langue française ne peut se faire si ce pays ignore la couleur de l’autre et son point de vue sur le conflit du Proche-Orient. Pire, ce pays qui se targue d’être la patrie des droits de l’homme interdit à un média de s’exprimer. La prise de position de la France sur la 1559 (alors que les résolutions de l’Onu concernant Israël sont bafouées depuis belle lurette) vous a aveuglés. Vous oubliez que vous vivez dans un environnement arabe et que défendre la diffusion de la culture française ne peut se faire que si la France (ou les organisations qui en émanent, comme la francophonie) accepte de montrer les images de l’occupation israélienne. Majed FARHAT – Avons-nous été mal compris ? Nous sommes-nous mal exprimés ? Pourtant, nous n’avions parlé (L’Orient-Le Jour du mardi 21 décembre 2004) que de « certains opérateurs privés de Beyrouth ». – Il ne nous appartient pas de défendre dans cette affaire le point de vue de la France mais sincèrement, ce pays ignore-t-il « la couleur de l’autre » (le vilain mot que celui-là…) et « son point de vue sur le conflit du Proche-Orient ». L’interdiction de la diffusion d’al-Manar s’inscrit dans la droite ligne des lois d’un pays qui, après tout, est maître chez lui.. – Si les résolutions de l’Onu concernant Israël sont bafouées, ce n’est certainement pas la faute à la France, dont les médias montrent quotidiennement les images de l’occupation israélienne. Opposition et propositions Il n’y a pas une, mais plusieurs oppositions. Elles s’opposent beaucoup plus entre elles que contre le pouvoir. L’alliance est pour se débarrasser des gens « assis ». Ensuite, les opposants s’entre-tueront pour s’asseoir sur des chaises et des strapontins trop limités pour leur suffire. Où est le plan de sauvetage du pays ? Par qui remplacera-t-on la Syrie ? Taëf est si vague sur la distribution des pouvoirs que nous ne savons pas qui va gouverner. Nous savons qui n’aura plus de pouvoir : le président de la République, maronite. Les Syriens partis, qui gouvernera donc ? Le président Hariri avec son pouvoir financier, l’aide du président Chirac et de l’Arabie saoudite ? Serons-nous en meilleure position avec une loi saoudienne ? Peut-être que le pouvoir de l’argent sera moins important que celui du nombre ou de la force ? Serons-nous donc gouvernés par Amal et le Hezbollah ? Peut-être que ce ne sera ni l’un ni l’autre. La meilleure politique en ce qui nous concerne est d’être plus Arabes que les Arabes et plus Syriens que les Syriens. Car, c’est d’eux seuls que depend notre survie. L’opposition plurielle ne devrait-elle pas commencer à nous dire quel plan de gouvernement elle nous prépare ? Les chefs de l’opposition ne devraient-ils pas commencer à s’entendre entre eux sur l’identité et l’avenir du Liban (constitution, lois, mode de gouvernement) avant de vouloir changer le gouvernement ? Roger AKL De Beryte à Beyrouth Beryte, je m’appelle Beryte, entendez-vous ce cri venu des abysses de l’histoire, de la profondeur de notre humanité. 5 000 ans que je brave tous les dangers, 5 000 ans qu’on essaie de me vaincre en me conquérant mais toujours sans y réussir, 5 000 ans que mon aura rayonne sur tout le bassin méditerranéen quand mes navigateurs le sillonnaient à la recherche d’autres horizons, d’autres cultures, d’autres commerces. Méditerranée, notre mère nourricière, source de toute notre histoire, berceau de toutes les civilisations. Tout cela n’est-il qu’un passé révolu et oublié à tout jamais ? Je ne le pense pas. comment peut-on ignorer ces millénaires d’échanges divers entre notre pays et les autres peuples et civilisations de la Méditerranée, tout cela ayant contribué à façonner ce que nous sommes devenus. Regardez autour de vous, cette diversité ne fait que confirmer mes propos. Le Liban, et en particulier Beyrouth, a su maintenir et profiter de ce brassage économico-culturel. Et voilà que nous sommes de plain-pied dans ce troisième millénaire. Mais où allons-nous ? Nous nous recroquevillons dans notre coquille. Réagissons, ouvrons nos cœurs et nos frontières sur notre espace vital de préférence, vers cette Europe toute aussi méditerranéenne que nous, cette Europe qui nous tend les mains. Il me semble que nos instances dirigeantes n’ont pas encore été acquises à cette idée. Que craignent-elles ? Il est révolu, le temps de la colonisation, et quelle meilleure alternative à l’influence de l’oncle Sam ? Réagissons avant qu’il soit trop tard et avant que Beyrouth cesse d’être Beryte. Dr Riad EL-ALAILI Membre du conseil communal de Beyrouth Samir Frangié a raison, mais... Les questions que M. Samir Frangié se pose et qu’il communique à vos lecteurs sont bien posées et pertinentes, mais en est-on encore à se poser des questions ? par quelle action concrète Kornet Chehwane et toute l’opposition comptent-elles obtenir que la démocratie soit instaurée dans notre pays ? C’est bien et il est nécessaire de faire des déclarations, des meetings, des rapprochements, mais il manque l’essentiel : la mobilisation du peuple. Dans d’autres pays, comme dernièrement en Ukraine, on voit le peuple descendre dans la rue et y rester jusqu’à se faire entendre. Il manque quelque chose, un je ne sais quoi (je suis trop modeste pour proposer quoi que ce soit) qui pousserait le peuple libanais à se mobiliser comme un seul homme pour reprendre en main la destinée de son pays. En cette période de vœux, je souhaite de tout mon cœur qu’un acte fondateur se réalise, comme celui qui a permis au Liban de sortir de la tutelle française. Nous sommes restés liés à la France mais avons obtenu notre indépendance. Ne pouvons-nous pas nous inspirer de ceux qui sont parvenus à nous affranchir ? Nada RIZK Décevant spectacle de Noël Juste deux mots pour dire ma déception et surtout celle de mon fils face au manque de richesse, de rigueur et d’imagination du spectacle Dora et le père Noël. Des costumes à peine reconnaissables, des décors vite faits, des voix qui n’ont rien de celles de la série à succès, sans oublier la chorégraphie et les chansons dignes des productions locales bon marché. Et pour finir, une apparition baclée du père Noël et des lutins pas crédibles pour un sou. Le comble c’est qu’en assistant à cette calamité purement commerciale, les enfants ont raté l’épisode quotidien original sur Tiji. Seul point positif, les cadeaux distribués aux enfants. Voilà... La prochaine fois, la Dora nationale devra se montrer plus « exploratrice » pour être à la hauteur des attentes des enfants. Alain HOCHAR L’approche alternative, pour percevoir l’homme Au XXIe siècle, le temps devient davantage associé à un intervalle spatio-temporel où la rapidité devient le mot d’ordre et la lenteur un handicap. Métro-boulot-dodo sont les repères stressants de cette survie au quotidien par la majorité des citadins. Peu de temps est consacré à la détente, malgré les appels incessants du monde médical. L’utilisation de notre énergie telle que vécue par les habitants des montagnes éloignées, qui côtoient un environnement naturel, est bien différente de ce qu’on rencontre chez les citadins. On respire là-bas l’air pur, on prend le temps de vivre, on côtoie la nature et on suit ses rythmes sans oublier de préserver un espace privilégié pour la famille. Ainsi, prendre le temps de vivre devient une nécessité non plus de vacances organisées une à deux fois par an, mais une urgence de santé dépendante de notre gérance du temps, où notre personnalité travaille à harmoniser les registres de notre organisme. Il y a à reconsidérer entièrement la racine des difficultés d’harmonisation du corps et de l’esprit en essayant de redéfinir la perception de notre organisme, une perception qui respecte ses besoins et les ajuste au quotidien. C’est enfin une proposition de vivre autrement en se concentrant sur cet équilibre délicat à maintenir entre les besoins du corps et de l’esprit. Joe ACOURY Ces hommes que nos enfants admirent Ceux dont on parle si peu et qui mériteraient un peu plus de cette encre que l’on gaspille sur les pinailleries politiques. Ceux qui rehaussent le niveau national dans un domaine aussi noble que l’équitation, au-delà des querelles et vissicitudes quotidiennes. Ceux qui font rêver en allant au bout de leur idéal avec peu de moyens mais beaucoup d’intégrité et de passion, malgré les obstacles et la médiocrité. Ceux qui brillent un peu dans l’ombre et qui œuvrent beaucoup dans les coulisses, avec altruisme et générosité. Ceux qui délaissent le confort d’un parcours traditionnel et d’une sécurité établie pour essayer d’améliorer l’état des choses. Ceux qui croient et qui peuvent s’émouvoir jusqu’aux larmes lorsqu’ils voient, l’exploit accompli, et une partie de leurs rêves se réaliser. Ceux qui représentent l’exemple que toute mère voudrait que son enfant suive pour apprendre à dépasser ses peurs et ses limites. Puissent nos dirigeants et directeurs de fédération les promouvoir comme le font tant d’autres pays pour leurs champions, parce qu’ils sont une de nos fiertés nationales et nous font oublier la réalité décevante du pays. Merci Jihad Brahim et merci Karim Farès d’être ce que vous êtes pour nos enfants et de leur donner envie de vous imiter. Myriam KHOURY
La démocratie, mais par quels moyens ?

Les lecteurs seraient-ils plus audacieux que nos hommes politiques ? C’est encore une fois l’exemple ukrainien qui les inspire quand ils réclament une mobilisation générale des citoyens pour obtenir que « cela change ».
En s’interrogeant sur les mesures d’ordre pratique que se propose d’adopter l’opposition, Kornet Chehwane en particulier, pour obtenir une véritable démocratie. Après tout, s’insurge ainsi une correspondante, nous nous sommes soulevés contre le mandat français mais nous sommes restés fidèles à la France.
Un point de vue que ne semble pas partager un autre lecteur pour qui la meilleure politique consisterait à être plus Arabe que les Arabes et plus Syrien que les Syriens.
Et de soutenir par ailleurs que l’opposition devrait nous dire quel plan...