Le nouveau ministre de l’Environnement, Wi’am Wahhab, est bien trop occupé à invectiver Walid Joumblatt pour se soucier du sort des plages de Jieh, qui sont quotidiennement dépouillées de leur sable.
Ce sable fin, baptisé « or jaune » par les écologistes, sable si caractéristique des côtes libanaises, si prisé des touristes. Mais que l’on se permet de vendre, par camions entiers, sous prétexte qu’il envahit le bassin d’eau de mer destinée à refroidir les turbines de la centrale électrique... au lieu de le déverser de nouveau sur les plages.
Que de sable, que de camions remplis sortent, nuit et jour, de ce petit bassin ! Il y a vraiment de quoi se poser des questions. Il y a vraiment de quoi être sceptique sur les véritables intentions des responsables qui ont donné de telles autorisations. Alors que l’on sait pertinemment bien que les entrepreneurs qui ont gagné l’appel d’offres sont proches de certains politiciens.
Combien de camions seront-ils encore remplis du sable doré de nos côtes, par des entrepreneurs peu scrupuleux, avant que l’on se rende compte de l’aberration d’une telle autorisation ?
Combien d’allées et venues ces camions effectueront-ils encore, de jour comme de nuit, et sans surveillance aucune, avant que l’on ne se décide à mettre le holà à cette pratique pour le moins révoltante ?
Que n’invente-t-on pas, de nos jours, pour justifier quelque affaire louche, pour passer sous silence une mise à sac du domaine public, pour escamoter une affaire de gros sous ? Alors que les écologistes montrent du doigt politiciens et hauts fonctionnaires, qui signent, à la pelle, permis et autorisations, sans se préoccuper du sort de la côte libanaise ou des biens publics.
Que les entrepreneurs en extraient 67 000, 77 000 mètres cubes, ou même plus, là n’est pas la question. La véritable question réside dans le droit, donné par le gouvernement, et plus précisément par le ministère des Transports, à un entrepreneur, de vendre le sable d’un domaine public et d’en empocher les recettes.
Et dire que ce même ministère des Transports se vantait, il y a tout juste deux mois, de vouloir aménager des plages publiques, pour encourager le tourisme au Liban. Mais peut-être n’est-il pas trop tard pour agir, et convaincre ce même ministère de rendre ce sable, à l’heure où les plages libanaises ne se comptent plus que sur les doigts d’une seule main.
Anne-Marie EL-HAGE
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Ce sable fin, baptisé « or jaune » par les écologistes, sable si caractéristique des côtes libanaises, si prisé des touristes. Mais que l’on se permet de vendre, par camions entiers, sous prétexte qu’il envahit le bassin d’eau de mer destinée à refroidir les turbines de la centrale électrique... au lieu de le déverser de nouveau sur les plages.
Que de sable, que de camions remplis sortent, nuit et jour, de ce petit bassin ! Il y a vraiment de quoi se poser des questions. Il y a vraiment de quoi être sceptique sur les véritables intentions des responsables qui ont donné de telles autorisations. Alors que l’on...