Le vote de dimanche encouragera-t-il les islamistes ?
le 16 mars 2004 à 00h00
Les islamistes présumés être à l’origine du carnage de jeudi à Madrid verront-ils la défaite électorale qui s’en est suivie pour leur « cible » José Maria Aznar comme un encouragement à peser par de nouveaux attentats sur la politique d’autres pays démocratiques ? Nombre d’experts en sécurité le craignent.
Alors que la piste islamiste semble se confirmer, les Espagnols, en portant au pouvoir le socialiste José Luis Rodriguez Zapatero, ont accrédité la thèse qu’ils avaient été visés du fait de l’alignement d’Aznar sur Washington en Irak. La défaite d’Aznar et la première décision de son « tombeur », à savoir le retrait du contingent militaire espagnol d’Irak, ne peuvent être considérées que comme une victoire par les islamistes et elles ne pourront que les encourager à fomenter de nouveaux attentats contre des civils, ou au moins en brandir la menace, en vue de remporter d’autres succès politiques ailleurs, estiment les experts.
« Ils pensent sans aucun doute avoir accompli quelque chose d’extraordinaire. C’est l’unique cas qui me vienne à l’esprit où il y a une relation précise de cause à effet : une élection se présente et on peut l’influencer », estime David Claridge, un consultant londonien en risques sécuritaires.
Or les deux grands alliés d’Aznar dans l’aventure irakienne, les États-Unis et la Grande-Bretagne, seront à leur tour appelés aux urnes à court terme. La présidentielle américaine a lieu début novembre et les législatives britanniques auront lieu l’an prochain.
Selon Paul Wilkinson, président du centre pour l’étude du terrorisme et la violence politique à l’Université St Andrews d’Écosse, il ne fait pas de doute que renverser le gouvernement atlantiste d’Aznar était l’objectif poursuivi par el-Qaëda en organisant le carnage de jeudi. « Manifestement, ils ont réfléchi très fort à la façon dont ils pourraient obtenir un impact politique massif en Espagne. Ce que cela prouve, c’est que les terroristes implacables et très au point appartenant au “nouveau terrorisme”, celui d’el-Qaëda, soupèsent soigneusement l’impact stratégique qu’ils souhaitent obtenir. »
Pour Wilkinson, s’il se confirme que Madrid retire ses troupes d’Irak, ce désengagement « sera utilisé comme un instrument de propagande et de recrutement pour tout le réseau el-Qaëda ».
Les islamistes présumés être à l’origine du carnage de jeudi à Madrid verront-ils la défaite électorale qui s’en est suivie pour leur « cible » José Maria Aznar comme un encouragement à peser par de nouveaux attentats sur la politique d’autres pays démocratiques ? Nombre d’experts en sécurité le craignent.
Alors que la piste islamiste semble se confirmer, les Espagnols, en portant au pouvoir le socialiste José Luis Rodriguez Zapatero, ont accrédité la thèse qu’ils avaient été visés du fait de l’alignement d’Aznar sur Washington en Irak. La défaite d’Aznar et la première décision de son « tombeur », à savoir le retrait du contingent militaire espagnol d’Irak, ne peuvent être considérées que comme une victoire par les islamistes et elles ne pourront que les encourager à fomenter de...
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