Voleurs de sacs
Être victime d’un hold-up commis par un motard est devenu pratique courante. Et le professionnalisme des bandits responsables de pareils actes n’est plus à démontrer. Ainsi, en sortant l’autre jour avec mon épouse de l’une des églises proches de la « ligne verte », quelle ne fut notre surprise de croiser deux jeunes motards qui fonçaient à toute allure dans notre direction. L’un, le regard braqué sur ma femme, tenait en main une matraque, prêt à l’abattre sur le bras tenant le sac, l’autre se chargeant d’assurer la fuite à bord du deux-roues. Fort heureusement, ils n’ont pu mener à bien leur agression, la foule à cette heure de la matinée et en ces lieux étant fort dense. Ma femme s’en est tirée avec quelques égratignures au bras et aux genoux.
La question que je me pose, ainsi que d’autres citoyens, est celle-ci : comment se fait-il que ces jeunes voyous peuvent opérer aussi impunément et pourquoi les multiples plaintes restent-elles sans écho ?
Antoine SABBAGHA
Comme en Ukraine…
À voir ce qui vient de se passer en Ukraine, je me pose une question : le Conseil d’État et/ou le Conseil constitutionnel auront-ils un jour le courage, l’indépendance et l’autorité de décréter haut et fort que ces amendements apportés à la Constitution, ces désignations et ces nominations sont illégaux et antidémocratiques ?
Le point d’orgue à cette effarante situation a été apporté lors de la manifestation contre la résolution 1559 du Conseil de sécurité des Nations unies. Mais par quel miracle s’est-il trouvé quelques minuscules drapeaux libanais dans cette forêt de portraits de qui vous savez ?
Georges MHANNA
La colère d’un peuple
Depuis un certain temps, nous avons droit à la télévision et dans les journaux, locaux et étrangers, à des photos, des articles et des nouvelles concernant la colère d’un peuple. Je parle bien entendu des Ukrainiens. Prenons donc exemple sur ces peuples.
Qu’il vente ou qu’il neige, avec des températures en dessous de zéro, ces femmes, ces hommes et ces enfants manifestent tous pour leur cause, pour leur pays.
Chez nous, civilisation et démocratie obligent, nous organisons les manifestations, nous filtrons les bonnes raisons de manifester, nous réclamons une dépendance et une tutelle, sans trop nous soucier des causes sociales, telles que cherté de vie, pauvreté, manque de courant, etc. Ce sont là des sujets tabous qui ne méritent pas de mobiliser un million de personnes.
Un mouvement à la façon « ukrainienne » au Liban pourrait renverser la situation. Mais le verrons-nous un jour ? Nos dirigeants sont-ils toujours trop occupés pour admettre qu’ils ont tort ?
Fouad A. SALHA
Vivement la relève
Que se passe-t-il dans notre cher Liban ?
Pourquoi tout ce déchaînement de haine ?
Pourquoi rajouter des propos destructeurs à cette « division qui existe depuis plus de 25 ans ? »
Et l’Histoire, avec un grand H, est-elle présente dans nos esprits ?
Les polémiques incendiaires n’aboutissent qu’à mettre le feu à la maison.
L’attitude responsable, et cela depuis déjà pas mal de temps, est celle du patriarche.
Comment se fait-il que la classe politique n’arrive pas à la même expression critique constructive ?
Nous avons besoin d’une autre génération d’hommes politiques. Le drame, c’est que cette génération existe mais à chaque fois qu’elle tente de se manifester, sa voix est étouffée par ceux qui ne peuvent garder leur place que par la grâce de la polémique destructive. Nous sommes dans ce cercle vicieux depuis déjà plus de deux générations.
Attention ! Cette fois-ci nous nous trouvons dans un tourbillon beaucoup plus périlleux. Nous devons garder le cap qui mène au bon port de la sagesse et de l’entente, et non pas de la division et de la haine.
Nous avons un guide. Nous avons les compétences. Il faut les consolider, car le rôle des politiciens traditionnels arrive à son terme.
Henri K. SAMAHA
De Kiev à Beyrouth
Il faut croire que l’exemple de l’Ukraine inspire nos lecteurs. Depuis qu’au lendemain du deuxième tour de la présidentielle des manifestations se déroulent quotidiennement à Kiev et dans plusieurs grandes villes du pays, des correspondants prennent la plume pour voir là une ressemblance avec… ce qui pourrait (ou bien devrait) se passer au Liban. Il faut dire qu’une certaine marche censée réunir un million de personnes est pour beaucoup dans ce déchaînement épistolaire. La conclusion est qu’il conviendrait d’attendre la prochaine génération avant de voir se produire un mouvement de contestation, ce qui, on en conviendra, n’est pas fait pour encourager les jeunes et les moins jeunes d’aujourd’hui.
Les deux autres grands thèmes – la résolution 1559 du Conseil de sécurité des Nations unies et le raccourcissement de la durée du service militaire – demeurent eux aussi d’actualité. Le premier d’entre eux donne l’occasion à un lecteur de rendre à la France et à son engagement permanent au côté du Liban un hommage dont on ne dira jamais combien il est mérité.
La 1559, une lueur d’espoir
Un brin d’espoir vient redonner courage au peuple libanais ; mais ce n’est rien qu’une braise. Oui, cette braise qu’est la 1559 est notre clef vers la liberté.
On s’était enfermés dans cette cloche de verre quand, en 1975, la guerre civile éclata ; maintenant que les dégâts sont faits, essayons d’en limiter les effets. Ne cherchons pas à trouver la faute à qui déclencha la guerre, ni à scander des slogans creux. Maintenant qu’une main est venue se tendre, pourquoi ne pas la prendre ? Pourquoi rester accrochés à celle des voisins ?
Mais où tout cela s’arrêtera-t-il ? N’est-on plus fatigués de supporter une telle mascarade ? Le gouvernement n’est-il pas fatigué des mensonges qu’il nous débite quotidiennement ?
Donc nous revoilà dans de beaux draps. Nous revoilà confrontés aux décisions prises par notre sœur.
Dans le rapport de Transparency International sur les pays les plus corrompus, le Liban occupe la 49e place, et ce devant la Syrie !
Jade DAWALIBY
Un hommage à la France
À l’occasion de son prochain départ, je voudrais remercier l’ambassadeur de France au Liban, M. Philippe Lecourtier, pour tous les services rendus au Liban. Par la même occasion, je tiens à exprimer ma profonde reconnaissance à la France pour avoir manifesté envers le Liban une amitié sincère, assidue et surtout désintéressée. La France s’est en effet toujours tenue aux côtés du Liban dans les moments difficiles, et rares sont les pays qui peuvent prétendre avoir de pareilles relations historiques.
Et nous Libanais, nous avons l’obligation de ne jamais oublier cette relation unique et de la transmettre aux futures générations. À l’adresse de nos politiciens, je tiens à dire qu’ils n’ont pas le droit de remettre en question des liens historiques qui se sont tissés au fil de longues années. Ils devraient au moins avoir la décence de nous laisser ce privilège de consolider, sinon de préserver une amitié qui nous est tellement chère.
Dr Karim S. REBEIZ
À propos du service militaire
L’émigration encouragée
À l’heure où Israël se fait plus menaçant que jamais, chez nous on réduit la durée du service militaire, et cela ne vous choque pas ?
Je ne vois pas en quoi cela empêchera l’émigration, bien au contraire. Il aurait peut-être fallu renforcer notre arsenal de lois sur le service militaire pour une question de défense et de sécurité nationale.
Certainement que cette orientation aurait pour effet le retour des Libanais de l’étranger qui se sentiraient ainsi plus en sécurité chez eux.
Bachir A. FAWAZ
Une loi injuste
Je trouve que la loi est injuste par rapport aux personnes qui ont quitté leur pays depuis quatre ans sans jamais revenir depuis et qui attendaient la fin de la cinquième année pour pouvoir retourner.
Joe-Pascal SAJI
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