La vie d’Arsenal en Coupe d’Europe est un long fleuve tumultueux, oscillant entre succès prestigieux et revers dramatiques, alors que se présente un nouveau méandre dangereux avec la venue de Rosenborg, mardi lors de la dernière journée de la 1re phase de la Ligue des champions de football.
Adeptes des parcours sinueux sur le continent, les Anglais ne sont, comme l’an passé à pareille époque, toujours pas assurés de poursuivre leur course. Une victoire mardi sur le club norvégien est aussi impérative que l’était celle sur le Lokomotiv Moscou (2-0) en décembre 2003.
Depuis son arrivée à la tête d’Arsenal en 1996, Arsène Wenger a mené le club à trois titres de champion d’Angleterre (1998, 2002, 2004), trois Coupes d’Angleterre (1998, 2002, 2003) et l’a qualifié pour six Ligues des champions consécutives.
Mais par deux fois seulement, cela a débouché sur une place en quarts de finale, avec deux éliminations, par les Espagnols de Valence en 2001 et le voisin de Chelsea la saison passée. Le club anglais, vainqueur de la Coupe de l’UEFA (alors Coupe des villes de foires) en 1994, avait connu un autre échec en quarts de finale de C1 en 1972.
Le manageur français n’a pas encore réussi à dompter les états d’âme des Gunners, qui n’ont jamais pu dégager en Ligue des champions la même force impérieuse qu’en championnat. L’an passé, une sévère défaite face à l’Inter Milan (3-0) à Highbury, où ils n’ont remporté que 5 de leurs 13 derniers matches de Coupe d’Europe, les avait d’emblée précipités dans la tourmente.
Élans irraisonnés
Un nul à Moscou (0-0) et un échec à Kiev (2-1) plus tard et Arsenal, trop fragile, semblait devoir s’engouffrer dans un océan de déception. Une tête d’Ashley Cole contre Kiev (1-0) avait changé le cours de leur destin, avant un succès éclatant à Milan (5-1) et la qualification lors de la dernière journée.
Mais au printemps, affaiblis par la répétition des matches, alors qu’ils allaient réussir à préserver leur invincibilité en championnat pour toute la saison, les Gunners s’arrêtaient au pied des demi-finales. Chelsea, qui ne les avait pas battus en 17 matches, venait s’imposer à Highbury (2-1), après un nul (1-1) à l’aller.
Considérant ses élans offensifs irraisonnés comme la source de son échec face à l’Inter, Wenger avait demandé à son équipe de mieux se maîtriser avant son premier match cette saison face au PSV Eindhoven. Un but contre son camp d’Alex avait alors suffi à lui donner raison (1-0). Mais évoluant contre nature, Arsenal a ensuite concédé quatre matches nuls face à Rosenborg (1-1), au Panathinaïkos (2-2, 1-1), à chaque fois après avoir mené au score, et au PSV (1-1), cette fois-là en refaisant son retard.
Sans ses milieux défensifs brésiliens Gilberto Silva et Edu, blessés, et son capitaine français Patrick Vieira, suspendu, le club londonien ne peut s’autoriser un échec mardi, alors que ses grands rivaux anglais Chelsea et Manchester United sont depuis longtemps qualifiés.
Un succès ne serait qu’un instant d’accalmie avant les 8es de finale où il faudra aux Gunners prouver que leur « beau jeu », respecté par l’Europe, peut les mener plus loin, vers des contrées encore inexplorées.
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