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Nations unies La réforme de l’Onu, difficile mais réalisable

Les ambitieuses propositions de réforme des Nations unies présentées mardi à la presse peuvent aboutir à des résultats concrets mais certains de ses objectifs comme l’élargissement du Conseil de sécurité seront difficiles à atteindre, estiment les diplomates à l’Onu. Un comité international chargé par le secrétaire général de l’Onu, Kofi Annan d’étudier une réforme de l’organisation pour mieux l’adapter au XXIe siècle a formulé 101 propositions pour faire face à des défis aussi variés que la pauvreté, les maladies, le terrorisme, les conflits armés, les guerres civiles, la prolifération nucléaire et le crime organisé. Ces propositions doivent servir de matière première à M. Annan, qui, à son tour, présentera en mars prochain des recommandations concrètes en vue de leur approbation lors d’un sommet mondial en septembre 2005, avant l’Assemblée générale devant marquer le 60e anniversaire de la création de l’Onu. « Nous allons devoir nous mettre au travail immédiatement car nous n’avons pas beaucoup de temps, neuf mois seulement. C’est faisable mais ce sera dur », a déclaré un ambassadeur qui a souhaité garder l’anonymat. « Si nous ratons cette fenêtre d’action, la réforme pourrait devoir attendre encore 20 ans », a-t-il averti. « Il y a actuellement un vrai mouvement qui se dessine en faveur de la réforme », a indiqué à la presse un autre ambassadeur. Beaucoup des 101 propositions peuvent être mises en œuvre par le secrétaire général lui-même ou par l’organe de l’Onu concerné par un article particulier. Mais la réforme du Conseil de sécurité exige un amendement de la Charte des Nations unies. Ceci nécessite un vote des deux tiers des 191 membres de l’Assemblée générale, incluant les cinq membres permanents du Conseil (Chine, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie), et une ratification par les Parlements nationaux. Le comité international a proposé un élargissement du Conseil à 24 membres contre 15 actuellement. Mais il n’a pu se mettre d’accord sur un modèle et en a sélectionné deux. Le premier schéma prévoit l’arrivée de six nouveaux membres permanents – mais non dotés du droit de veto – et de trois non permanents. Le second propose simplement l’arrivée de neuf nouveaux membres non permanents, s’ajoutant aux 10 actuels. Le premier modèle semble taillé sur mesure pour l’Allemagne, le Brésil, l’Inde, le Japon et deux pays africains restant à désigner. Ces quatre pays ont posé conjointement en septembre leurs candidatures à des sièges permanents et déclaré soutenir deux candidatures africaines. En Afrique, l’Égypte, le Nigeria et l’Afrique du Sud se sont portés candidats. Mais chacune de ces candidatures soulève des objections. Dans le groupe Amérique, le Mexique et l’Argentine ont des doutes sur la primauté du Brésil. Le Pakistan objecte à la candidature de l’Inde. La Chine voit d’un mauvais œil, celle du Japon et l’Italie s’oppose à l’Allemagne. L’Égypte revendique une représentation permanente arabe et musulmane au Conseil mais l’Indonésie s’est portée candidate au nom de « l’islam modéré ». Tous ces pays rivaux des grands candidats, regroupés dans ce qu’on appelle à l’Onu le « Coffee Club », pourraient vouloir faire dérailler le processus.
Les ambitieuses propositions de réforme des Nations unies présentées mardi à la presse peuvent aboutir à des résultats concrets mais certains de ses objectifs comme l’élargissement du Conseil de sécurité seront difficiles à atteindre, estiment les diplomates à l’Onu. Un comité international chargé par le secrétaire général de l’Onu, Kofi Annan d’étudier une réforme de l’organisation pour mieux l’adapter au XXIe siècle a formulé 101 propositions pour faire face à des défis aussi variés que la pauvreté, les maladies, le terrorisme, les conflits armés, les guerres civiles, la prolifération nucléaire et le crime organisé. Ces propositions doivent servir de matière première à M. Annan, qui, à son tour, présentera en mars prochain des recommandations concrètes en vue de leur approbation lors d’un...