Législatives
Plaidoyer pour la petite circonscription
le 30 novembre 2004 à 00h00
L’élaboration d’une nouvelle loi électorale se trouve ces temps-ci au cœur des débats.
En 1989, à Taëf, le législateur, obsédé par une guerre qui se prolongeait, a voulu éloigner le spectre d’une division du pays en adoptant un système électoral « rassembleur », propre à opérer un brassage communautaire.
Or, à la suite de trois opérations électorales successives, l’unité à laquelle on tendait ne s’est pas réalisée. Plus, la fracture sociale s’est effectivement aggravée. Par des combinaisons machiavéliques, les dirigeants n’ont fait que dévier le processus électoral de son véritable objet, qui est de représenter fidèlement les électeurs, provoquant une large désaffection vis-à-vis du scrutin. On a délibérément favorisé une partie au détriment d’une autre, violant les dispositions de l’accord de Taëf et l’esprit du pacte national qui consacrent le respect de l’entente et de l’équilibre communautaire.
Chercher absolument à promouvoir l’intégration nationale, même en privant une communauté de son droit à une juste représentation, c’est s’éloigner des pratiques démocratiques sans parvenir pour autant au but prétendument visé.
Choisir la grande ou la moyenne circonscription, sous prétexte de réaliser le fameux « brassage » communautaire et de contrer les extrémistes de tous bords, est tout simplement une tromperie. Au Sud, à Baalbeck, à Beyrouth, la prédominance demeure le lot de la communauté numériquement supérieure, dont le leader s’arroge la liberté de choisir les représentants des communautés minoritaires. Outre son injustice, ce mode de scrutin, l’expérience l’a prouvé, incite les électeurs à se désintéresser du vote.
D’autre part, appliquer la proportionnelle dans un pays composé d’une multitude de partis, où la majorité des électeurs ne se réclame d’aucun, est tout simplement une tâche impossible. Aussi, l’exclusion d’un parti politique à faible représentativité n’est pas aussi grave que l’exclusion de toute une région.
La seule formule possible est la petite circonscription, dans un Parlement limité à 108 sièges, où tout le monde trouve son compte et où toutes les communautés seront équitablement représentées, comme le stipule la Constitution. La petite circonscription est la zone géographique et sociologique dans le cadre de laquelle s’identifie un groupement humain et où les candidats à la députation sont connus de la population. Il importe de rappeler qu’au sein d’un pays, chaque région est jalouse de son particularisme.
Une loi n’est pas destinée à satisfaire tout le monde, elle doit d’abord se conformer au droit. Pour cette raison, confions à des juristes connus pour leur professionnalisme et leur impartialité le soin de la préparer.
Bachir BÉCHARA
Colonel à la retraite
L’élaboration d’une nouvelle loi électorale se trouve ces temps-ci au cœur des débats.
En 1989, à Taëf, le législateur, obsédé par une guerre qui se prolongeait, a voulu éloigner le spectre d’une division du pays en adoptant un système électoral « rassembleur », propre à opérer un brassage communautaire.
Or, à la suite de trois opérations électorales successives, l’unité à laquelle on tendait ne s’est pas réalisée. Plus, la fracture sociale s’est effectivement aggravée. Par des combinaisons machiavéliques, les dirigeants n’ont fait que dévier le processus électoral de son véritable objet, qui est de représenter fidèlement les électeurs, provoquant une large désaffection vis-à-vis du scrutin. On a délibérément favorisé une partie au détriment d’une autre, violant les dispositions...
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