L’œuf et la poule
C’est l’histoire de l’œuf et de la poule, transposée à l’échelle libanaise. L’État n’est-il que le reflet du peuple ou bien doit-il s’atteler à la tâche – immense – de réformer celui-ci ? C’est qu’il y a tant de choses à revoir dans notre beau Liban : les lois qu’on viole allégrement, le peu de respect pour les autres, les villes transformées en autant de jungles où, chaque jour, les principes – grands et petits – sont bafoués. Au volant, vous croyez donner le bon exemple en actionnant votre clignotant, en conduisant prudemment et en évitant de recourir à votre avertisseur. Détrompez-vous : vous ne faites qu’agacer les autres, au mieux leur donner mauvaise conscience. Et c’est bien vrai que le Libanais se conduit comme il conduit…
L’étonnant est qu’il y ait encore des personnes pour s’en étonner et pour demander que le holà soit mis à une situation qui n’a que trop duré. Une lectrice invite le ministre de l’Intérieur à sévir une fois, une seule et unique fois mais de préférence contre l’un de ces “ grands ” qui nous gouvernernent. Quelle belle leçon il y aurait là pour les obscurs, les sans-grade qui peut-être ne demanderaient qu’à suivre le mouvement.
Le chômage de la presse
Devant l’absence aujourd’hui (mardi 23 novembre) de votre quotidien, il nous est intéressant de savoir :
a) Combien de jour par an votre journal est-il publié ?
b) À comparer avec d’autres quotidiens libanais et européens, votre taux de parution est-il en deçà ou au-delà de la moyenne de parution de ces journaux ?
c) En définitive, faut-il qualifier votre journal de bihebdomadaire ?
César PHARAON
Demco Steel Industries SAL
Comme dans nombre de pays (dont la France et les États-Unis, pour ne citer que ces deux-là), L’Orient-Le Jour ne paraît pas les dimanches. À quoi s’ajoutent 17 jours de chômage par an, dont deux jours pour le Fitr, deux autres pour l’Indépendance et autant pour Noël et le Nouvel an. Certaines de ces journées tombaient cette année un dimanche, d’où trois jours consécutifs de non-parution. Il s’agit là d’une décision des Ordres de la presse et des rédacteurs à laquelle nous ne pouvons que nous conformer.
Les mauvais tours de la météo
Je suis un lecteur régulier de votre journal depuis très longtemps, journal dont j’apprécie le patriotisme sans parti pris, et surtout l’information honnête, le niveau culturel et le professionnalisme.
Cependant, il est une chose qui me choque : ce sont les prévisions météorologiques, les températures annoncées, surtout pour le littoral, étant très souvent énormément exagérées, avec des dépassements atteignant parfois les 11 degrés, ce que je trouve énorme, en me demandant d’où est-ce que vous cherchez de pareilles informations si loin de la réalité !
Prenons par exemple les prévisions de votre édition du mercredi 24 novembre, où vous indiquez pour le littoral 12 à 24 degrés, alors qu’au moment où je rédige ce message vers 10h15 du matin, elle était de 13 degrés pouvant attendre éventuellement, tout au plus, le pic de 15 degrès en cours de journée.
Je me demande pourquoi tout cet acharnement à vouloir prouver que nous sommes un pays chaud, comme beaucoup de pays de la région, alors qu’en réalité nous sommes un pays au climat tempéré, ce qui fait son charme et qui contribue énormément à attirer les touristes, surtout arabes, et plus particulièrement ceux qui viennent des pays excessivement chauds du Golfe en quête de quelque fraîcheur.
De tels écarts, qui n’ont rien à avoir avec la réalité, ne peuvent que dérouter les gens et faire du tort à notre industrie touristique.
Élie M. NASARD
Les indications contenues dans nos prévisions quotidiennes sont puisées auprès des services météorologiques, à l’aéroport international de Beyrouth. Par contre, nous plaidons coupables pour les écarts constatés le 24 courant. Il s’agissait d’une erreur de manipulation informatique au niveau de nos ateliers qui a abouti à la publication d’un ancien bulletin.
L’éducation dans la rue
Qui de nous ne rentre-t-il pas le soir scandalisé par le comportement de nos compatriotes ?
Cette amertume chronique s’incruste en nous de jour en jour devant l’absence totale de toute notion d’ordre et l’incurie des responsables. Car la violation répétée de la loi dans tous les domaines nous empêche de vivre de manière courtoise et respectueuse. Nous sommes insultés chaque fois que les lois sont bafouées, et nous assistons avec indignation à la dégradation de notre beau pays, qui se transforme devant nos yeux en une jungle urbaine où la loi du plus fort a pris la relève.
Le pire, c’est que les responsables sont les premiers à violer la loi !
Comment faire pour redonner à la loi sa vraie valeur et obliger les seigneurs à s’incliner devant elle ? Comment pouvoir rééduquer ce peuple qui n’a plus de respect pour les autres ni pour lui-même ?
Nous voulons des responsables capables de redresser le pays, d’adoucir les rapports, souvent égocentriques, qui régissent notre vie moderne et de redonner à la loi sa place primordiale.
J’admire la franchise du nouveau ministre de l’Intérieur, M. Sleimane Frangié, et avec la même sincérité et beaucoup d’espoir, je lui demande aujourd’hui de corriger les grands, les ministres, les députés qui se permettent de se placer au-dessus de la loi. Il faudrait trouver une formule pour les obliger à s’incliner devant elle : une seule amende justifiée embarrasserait le fraudeur et servirait de leçon à tous. Les valeurs du « savoir-vivre » sont aujourd’hui méconnues de tous.
Andrée SALIBI
Le bureau de l’Office du tourisme à Paris
Mme Aimée Kettaneh, ancienne présidente du comité du Festival de Baalbeck, adresse au ministre du Tourisme la lettre ouverte suivante :
« Je reviens de Paris et constate avec tristesse que notre beau bureau du Faubourg St-Honoré est laissé à l’abandon. Il avait été conçu et aménagé avec beaucoup de goût et de soin par cheikh Pierre el-Khoury.
« C’est regrettable que cette image de marque de notre cher Liban soit abandonnée alors que nous cherchons à attirer vers le Liban les touristes de tous pays.
« Pourriez-vous veiller à faire remettre en état ce bureau si bien situé et (en accord avec la MEA) avoir une jeune personne responsable et susceptible de distribuer les dépliants nécessaires à notre publicité ?
« En comptant sur votre compétence et vigilance en ce qui regarde le bien du pays. »
Ce pays ne mourra pas
Et c’est fini : le 22 novembre est passé. Qu’on le veuille ou non, cette date a bel et bien été célébrée, parade pour les uns, masacarde pour les autres. Heureusement – merci mon Dieu – qu’il y a encore ce 22 novembre pour sentir notre appartenance à un État dont le drapeau, rappelez-vous bien pour ceux qui ne le savent pas, est « blanc frappé d’un cèdre vert et orné de bandes horizontales rouges ».
Il paraît que le blanc est pour la pureté de ce pays (et non l’impureté de ses dirigeants), le rouge correspond au sang versé par les martyrs (libanais et non morts pour une cause inconnue) et le cèdre (ou ce qu’il en reste) est le symbole d’un pays qui ne meurt jamais.
Oui, messieurs, ce pays ne mourra pas et restera à jamais.
Mais de grâce, laissez-le vivre en paix !
Fouad A. SALHA
Scénario à la palestinienne
À lire les enquêtes dans la presse sur l’achat massif de terrains au Liban par des investisseurs du Golfe – et ce n’est pas la première fois que le sujet est abordé –, je me suis posé la question à quel moment on pourra dire aux Libanais : « La terre nous appartient, vous n’avez qu’à partir. »
C’est le même scénario qui est en train de se répéter au Liban, après avoir été testé avec succès en Palestine, quand les juifs achetaient les terres et les maisons.
Quand les autorités libanaises vont-elles s’apercevoir que mètre après mètre, les Libanais sont en train de céder leur pays, avec le risque qu’un jour on leur interdira d’y rester?
Les raisons économiques y sont pour quelque chose, mais ce n’est une raison pour se faire expulser légalement du pays de ses ancêtres.
Georges MHANNA
Ces chiens qu’on promène...
Je constate que d’année en année, les Libanais s’entichent de plus en plus pour les bêtes de compagnie, les chiens surtout. J’aime beaucoup les animaux domestiques et moi-même j’ai une chatte. Mais pour l’amour du ciel, mesdames, messieurs, quand vous promenez votre chien, il faut penser à ramasser sa crotte ! Vous, vous êtes tranquille : s’il n’a pas sali votre tapis, c’est qu’il est bien dressé. Il fait «ça» sur le trottoir.
Après moi le déluge, le trottoir n’est pas à moi et puis il y a Sukleen. Eh bien, détrompez-vous. Ce n’est pas leur travail ; d’ailleurs, le trottoir appartient à tout le monde. Il faut baisser la tête pour éviter ces cadeaux que vous nous faites journellement..
Qu’attendez-vous ? Une loi peut-être, comme il en existe en Europe et aux États-Unis, avec contravention à l’appui. À quand le sens civique au Liban ?
Amalia SAYEGH
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats