Les Françaises vont devoir s’adapter à deux styles de jeu opposés ce week-end face aux Russes en finale de la Fed Cup : le tennis tout en finesse d’Anastasia Myskina et celui tout en puissance de Svetlana Kuznetsova.
« Il y en a une qui pèse 50 kg toute mouillée et l’autre le double », caricature Nathalie Dechy, qui affrontera la plus costaude des deux aujourd’hui dans le premier simple.
En réalité, Myskina pèse 59 kg pour 1,74 m. Grâce à sa remarquable couverture du court, à la précision de ses coups et à son sens tactique, elle s’est imposée au mois de juin à Roland-Garros, devenant la première Russe à gagner un tournoi du grand chelem.
« C’est une joueuse talentueuse qui n’est pas épaisse et qui montre qu’avec des bras d’allumettes et des jambes en bâtons de sucette on peut battre des filles très fortes, à une époque où on parle beaucoup de préparation physique à la Serena Williams », explique le capitaine de l’équipe de France Guy Forget, admiratif devant l’élégance de la Russe de 22 ans. « Elle y arrive parce qu’elle est intelligente et parce qu’elle a une bonne main et une vraie personnalité », dit-il.
Redoutable cogneuse
Kuznetsova, 73 kg pour 1,74 m, pratique un tennis plus moderne, basé sur de grosses frappes en coup droit et des services très liftés. « C’est un autre modèle de jeu, plus en percussion, un peu comme Serena Williams ou Lindsay Davenport, poursuit Forget. Même si je préfère le style de Myskina, je dois reconnaître que Kuznetsova, grâce à son travail, à sa volonté, a accompli des choses incroyables. »
À 19 ans, la redoutable cogneuse issue d’une famille de cyclistes – sa mère a été six fois championne du monde et son frère médaillé d’argent olympique – est devenue en septembre, à la surprise générale, la première Russe victorieuse de l’US Open.
Logiquement, les points faibles des deux joueuses sont aussi différents que leurs qualités. Si Kuznetsova s’appuie sur un mental de fer, Myskina est plus fragile psychologiquement. « Elle fait parfois de petites erreurs qui lui font ressentir de la frustration, il faut la faire douter », estime le capitaine français. Myskina en a donné une illustration jeudi en oubliant de rentrer dans son match contre la très modeste Autrichienne Yvonne Meusburger, avant de l’emporter en trois sets.
Légère, Anastasia peut courir des heures sans se fatiguer, alors que Svetlana a besoin de conclure rapidement les échanges. « C’est une fille qui est forte physiquement, dans tous les sens du terme, donc plus le match va durer mieux ce sera pour moi », espère Dechy, qui avait battu la Russe lors de leur seule confrontation, au début de l’année à Gold Coast (Australie).
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« Il y en a une qui pèse 50 kg toute mouillée et l’autre le double », caricature Nathalie Dechy, qui affrontera la plus costaude des deux aujourd’hui dans le premier simple.
En réalité, Myskina pèse 59 kg pour 1,74 m. Grâce à sa remarquable couverture du court, à la précision de ses coups et à son sens tactique, elle s’est imposée au mois de juin à Roland-Garros, devenant la première Russe à gagner un tournoi du grand chelem.
« C’est une joueuse talentueuse qui n’est pas épaisse et qui montre qu’avec des bras d’allumettes et des jambes en bâtons de sucette on peut battre des filles...