Salué pour sa modération et son esprit pragmatique, le secrétaire d’État américain Colin Powell part aussi sur une image de perdant qui n’a pas réussi à s’imposer face aux « faucons » dans l’entourage de George W. Bush. Ses quatre années à la tête de la diplomatie américaine auront été minées par les conflits avec le Pentagone de Donald Rumsfeld ou avec le très influent vice-président Dick Cheney, qui ont tourné la plupart du temps à son désavantage. Dans de nombreux domaines, M. Powell a cherché à adoucir la perception d’une Administration volontiers rugueuse, sans parvenir toutefois à enrayer la chute de l’image des États-Unis dans l’opinion mondiale. Qu’il s’agisse de la mise au panier du traité international de Kyoto sur le climat ou des propos au vitriol de M. Bush sur « l’axe du mal » Iran-Irak-Corée du Nord, qui prennent au dépourvu les diplomates du département d’État, M. Powell a fréquemment semblé mis sur la touche. Mais aucun dossier ne l’a mis plus en porte-à-faux que l’Irak : il bataille pour aller devant l’Onu pour obtenir un aval international à la politique américaine, mais cette stratégie capote face à la volonté d’en découdre avec Bagdad des « va-t-en guerre » de Washington, et devant la résistance résolue de Paris, Berlin ou Moscou. En bon soldat, l’ex-général monte au feu le 5 février 2003 devant le Conseil de sécurité pour présenter les « preuves » américaines sur les armes de destruction massive (ADM) irakiennes, un mois avant le début de la guerre. Mais le dossier très médiatique s’effondre face à l’absence de découverte de l’arsenal qui a servi de justification au conflit, un désastre auquel M. Powell aura attaché son image pour la postérité. Il reste hanté par son réquisitoire contre l’Irak, laissant même entendre qu’il n’aurait peut-être pas recommandé la guerre s’il avait su que ce pays ne possédait pas d’armes de destruction massive (ADM). Pour Robert Lieber, professeur de relations internationales à la Georgetown University de Washington, « Bush et Powell étaient tellement en désaccord sur l’Irak qu’il aurait dû démissionner avant ». Mais ses scores enviables dans tous les sondages d’opinion devraient être une consolation pour Colin Powell au terme des ces années difficiles.
Salué pour sa modération et son esprit pragmatique, le secrétaire d’État américain Colin Powell part aussi sur une image de perdant qui n’a pas réussi à s’imposer face aux « faucons » dans l’entourage de George W. Bush. Ses quatre années à la tête de la diplomatie américaine auront été minées par les conflits avec le Pentagone de Donald Rumsfeld ou avec le très influent vice-président Dick Cheney, qui ont tourné la plupart du temps à son désavantage. Dans de nombreux domaines, M. Powell a cherché à adoucir la perception d’une Administration volontiers rugueuse, sans parvenir toutefois à enrayer la chute de l’image des États-Unis dans l’opinion mondiale. Qu’il s’agisse de la mise au panier du traité international de Kyoto sur le climat ou des propos au vitriol de M. Bush sur « l’axe du mal »...
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