Le Renaudot 2004 attribué
à Irène Némirovsky (photo)
le 09 novembre 2004 à 00h00
Le prix Renaudot 2004 a été attribué, pour la première fois depuis que le prix existe, à une autrice disparue, Irène Némirovsky, pour Suite française (Denoël), a annoncé le jury.
Née en 1903 à Kiev, d’origine juive ukrainienne, Irène Némirovsky, exilée à Paris, a rencontré le succès en 1929 avec son roman David Golder. Amie de Kessel et Cocteau, encensée par la critique, autrice d’une quinzaine de titres, elle se cache pendant la guerre dans le Morvan. Arrêtée par les gendarmes français, puis déportée, elle succombe à Auschwitz en 1942.
Âgée de 13 ans lors de l’arrestation de sa mère, sa fille aînée, Denise, réussit à sauver des manuscrits, parmi lesquels le texte de Suite française qui raconte l’exode de juin 40 avec le mélange des petites lâchetés et de l’héroïsme au quotidien.
Dès sa parution, le livre a connu un grand succès et les droits ont été achetés par de nombreux pays étrangers, se félicitait l’éditeur le mois dernier.
Le Renaudot de l’essai a été attribué à Évelyne Bloch-Dano pour Madame Proust (Grasset), biographie de la mère du romancier.
Contestations
Le secrétaire général du prix Renaudot, André Brincourt, a exprimé son désaccord avec le choix du jury de récompenser Irène Némirovsky – morte en 1942 – pour Suite française (Denoël).
C’est la première fois que le Renaudot récompense le livre d’un auteur disparu. «Un tel choix nous fait sortir de nos statuts, sauf que le livre est un très beau livre. Mais, quand même, il faut se souvenir que les prix sont faits pour promouvoir un écrivain. On n’est pas là pour rattraper les injustices des morts. Et pourquoi pas l’an prochain couronner un inédit d’Alexandre Dumas?» a-t-il dit au restaurant Drouant où le prix était décerné.
Suite française l’a emporté au 2e tour par 6 voix contre 3 à Marc Lambron (Les menteurs, Grasset) et 1 à Philippe Ségur (Poétique de l’égorgeur, Buchet-Chastel).
« Il ne faudrait pas que ça devienne une habitude », a admis de son côté Patrick Besson, autre juré, qui a défendu Némirovsky en se disant étonné qu’elle n’ait jamais eu de prix littéraire de son vivant.
Le roman primé raconte – dans la partie intitulée Tempête en juin – l’exode de juin 40, montrant les petites lâchetés et les « fragiles » élans de solidarité d’une population en déroute. L’autre partie, Dolce, décrit un village français contraint d’accueillir des troupes allemandes.
Le prix Renaudot 2004 a été attribué, pour la première fois depuis que le prix existe, à une autrice disparue, Irène Némirovsky, pour Suite française (Denoël), a annoncé le jury.
Née en 1903 à Kiev, d’origine juive ukrainienne, Irène Némirovsky, exilée à Paris, a rencontré le succès en 1929 avec son roman David Golder. Amie de Kessel et Cocteau, encensée par la critique, autrice d’une quinzaine de titres, elle se cache pendant la guerre dans le Morvan. Arrêtée par les gendarmes français, puis déportée, elle succombe à Auschwitz en 1942.
Âgée de 13 ans lors de l’arrestation de sa mère, sa fille aînée, Denise, réussit à sauver des manuscrits, parmi lesquels le texte de Suite française qui raconte l’exode de juin 40 avec le mélange des petites lâchetés et de l’héroïsme au...
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