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Actualités - Opinion

Les lecteurs ont voix au chapitre

Le code de la route, cet inconnu Ah ces bonnes vieilles «constantes» de nos routes! Mais regardez-les donc, paradant à bord de leurs voitures, insouciants du code, comme s’il n’existait que pour les autres et ailleurs que chez nous. Tous ces chauffards, dont on se demande comment ils ont pu obtenir leur permis, zigzagant entre les autres automobiles, roulant à toute vitesse, sans aucune patrouille ou motard en vue pour les arrêter et les verbaliser. Et puis, tous ces «must» qu’on a depuis belle lurette oubliés: la ceinture de sécurité obligatoire, l’interdiction d’utiliser son téléphone portable au volant, l’extincteur à bord. Qu’est-il advenu des caméras, de l’alcotest, de ces contrôles régulièrement effectués? Il y a mieux: pour les grands de notre chère République, il est permis de posséder une même plaque d’immatriculation pour trois voitures. Tout comme il est permis à d’autres, moins grands, de diviser en deux parties leur numéro, histoire d’en tirer quelque ridicule prestige… On arrête là l’énumération? M. Sleiman Frangié, au secours! Antoine SABBAGHA Parler d’une même voix À entendre certains ministres, en particulier M. Élie Ferzli, je vois venir le moment où notre président, notre gouvernement et notre Assemblée nationale (d’ailleurs nullement représentative de la population) n’hésiteront pas à demander l’unification du Liban et de la Syrie. Ils en sont capables. Mais où donc sont passés les vrais leaders, les chefs religieux? il ne reste donc plus que le patriarche maronite et M. Walid Joumblatt… Que Dieu les garde! Est-il si difficile de dire d’une seule voix: non à une domination, à des interférences syriennes, non à la guerre? Que fait Kornet Chehwane et tous ces partis de l’opposition? Mounir MOURACCADÉ Comme en 1940... Ainsi donc, l’unique programme et la seule préoccupation du gouvernement Karamé pour ses sept mois d’espérance de vie est de préparer une loi électorale dont on se doute bien qu’elle ne sera pas conçue pour favoriser l’opposition ! Exit donc les échéances économiques et sociales, le budget 2005, la dette, les réformes administratives, la privatisation, et j’en passe. Notons au passage, dans ce premier discours, une petite phrase curieusement peu ou pas reprise dans la presse écrite : « C’est pour moi un sacrifice personnel. » En 1940, un certain maréchal avait également « fait don de sa personne à la France ». Ces sept mois s’annoncent décidément sous les meilleurs auspices... Georges ABDALLAH Mise au point Mazen Boustany nous écrit pour exprimer son étonnement à la suite de l’article de notre collaborateur Ziyad Makhoul paru dans L’Orient-Le jour du 27 octobre dernier, s’agissant en particulier du passage concernant M. Naji Boustany, ministre de la Culture. Notre lecteur relève notamment qu’«être l’adversaire politique de M. Walid Joumblatt ne devrait pas constituer une tare en soi», avant de rappeler «l’excellent parcours universitaire» de M. Boustany et “ une brillante réussite professionnelle que nul ne peut nier”, ainsi qu’«une carrière politique qui remonte à plus de trente ans et qui fut couronnée par quelque 30000 voix, dont les suffrages de plus de 70% de l’électorat chrétien, lors des dernières élections législatives du Chouf». «Une mise au point s’imposait donc», conclut notre correspondant. Courant continu ? Non, alternatif Eh oui, on l’avait un peu oublié celui-là. Il y a un peu plus d’un siècle et quart, Thomas Edison inventait la lampe à incandescence et commençait d’éclairer le monde. Sauf le Liban où l’électricité est réduite à une matière… que l’on enseigne dans les écoles. Vous connaissez le refrain : flambée des cours du brut, fantaisies de Dame Nature et jusqu’aux sacs en matière plastique qui bouchent le système de refroidissement des installations des centrales. Il y a aussi cette guerre civile qui a laissé quinze longues années durant nos usines et nos câbles sans entretien aucun. Un lecteur qui relève ce déplorable était de faut s’interroge : « Et la corruption ? » Reconnaissons-le, il y a cela aussi – à quoi s’ajoute l’incapacité à percevoir le montant intégral des quittances. On comprend dès lors que le courant soit aussi alternatif. Choqué et triste Lecteur assidu depuis quelques années, je me permets de vous écrire pour vous remercier de me permettre de rester en contact avec l’actualité de ce pays si cher à mon cœur. Il y a quelque temps de cela, j’ai été surpris de lire le dégoût et le rejet de la nationalité libanaise de certains. Je suis français mais ma grand-mère était libanaise. Peu de membres de ma famille connaissent le Liban, ayant toujours vécu en Égypte puis en France. Pourtant j’ai toujours été attiré par le pays du Cèdre. Il est particulièrement choquant et triste de voir comment la politique fonctionne aujourd’hui et la mainmise de la Syrie sur les affaires libanaises. Je me trouvais dans le centre-ville le jour de la reconduction du président et les seuls sourires qui s’affichaient sur les lèvres des passants étaient ceux des touristes. Même tard dans la soirée, l’ambiance demeurait très lourde. Il reste pourtant tant de raisons de se sentir fier d’être libanais. Mais c’est à chacun de les chercher. Il me semble qu’Amin Maalouf dans la préface de son livre Les identités meurtrières explique qu’à la question de ses amis de savoir s’il se sentait plutôt libanais ou plutôt français, il répondait qu’il était franco-libanais. Bel exemple. Sébastien MAST 126 ans après Edison Le 21 octobre 1878, M. Thomas Edison inventait l’ampoule électrique incandescente qui dura... 40 heures, mais il ne savait pas qu’en octobre 2004 (126 ans plus tard), le Liban éteignerait cette ampoule qui le dérangeait. Ridicule peut-être mais c’est la vérité, et nos dirigeants se moquent de nous. Durant la guerre « civile » (ainsi que certains la qualifient), toutes les excuses étaient bonnes pour justifier le manque de courant (un franc-tireur, la sécurité des équipes, le manque de fuel, les ports fermés, et j’en passe), nous devions accepter de vivre comme l’homme de Cro-Magnon, à la lumière de la bougie et des piles électriques. Il faut dire que cette situation a fait le bonheur et la richesse de certains... Mais aujourd’hui, Messieurs les responsables, quelle(s) cause(s) allez-vous encore nous inventer ? Mettons-nous dans vos chaussures (bien cirées), et imaginons : La hausse des prix de pétrole ? Non, car cette hausse affecte tous les pays. La situation économique ? Non plus, car vous étiez censés prévoir des circonstances accidentelles. La situation militaire de la région ? Il ne nous manquait plus que cela, être privé de courant parce que Bush s’en est pris à l’Irak et Sharon aux Palestiniens. Le manque de liquidités, l’incapacité de percevoir le montant des quittances ? Non aussi, car vous étiez censés créer une comission administrative et militaire pour la collecte des factures de l’EDL. La corruption, alors ? Voilà, vous avez trouvé ! Fouad A. SALHA Un procès fantôme? La manifestation annuelle Lire en français et en musique a connu le succès qu’on attendait. Parmi les vedettes, Alain Ménargues s’est signalé avec son ouvrage Les secrets de la guerre au Liban. On y trouve des détails qui révèlent au lecteur un côté des événements insoupçonné, entre autres le récit détaillé de l’attentat dont ont été victimes Béchir Gémayel et ses compagnons. À l’époque, on a parlé vaguement de la suite de cet attentat, commis par un certain Chartouni, et l’on n’a plus su pourquoi la justice, saisie du crime, n’avait pas poursuivi le procès. En fermant le livre de Ménargues, le lecteur ne peut s’expliquer l’inertie de l’appareil judiciaire. Quand un individu est tué, fût-il un portefaix ou un magnat des affaires, l’action publique se déclenche d’office et, si l’on n’arrive pas à arrêter l’assassin, la justice est obligée de poursuivre l’instruction du procès jusqu’à son terme et de prononcer la condamnation de l’accusé par contumace. Faute de quoi, il y aurait déni de justice. On sait maintenant que l’auteur de l’attentat est Habib Tanios Chartouni, qu’il a été arrêté et qu’il a pu s’échapper après avoir été dûment inculpé par la justice. Fort bien. Mais nous sommes en droit de connaître pourquoi ce dossier est resté en jachère et pourquoi la procédure par contumace n’a pas été continuée jusqu’à jugement. Ici, la victime n’est pas un portefaix inconnu, mais un chef d’État, dont la tragique disparition a fait basculer le destin du pays. Est-il acceptable que l’on se désintéresse d’une telle question ? Albert SARA
Le code de la route, cet inconnu
Ah ces bonnes vieilles «constantes» de nos routes! Mais regardez-les donc, paradant à bord de leurs voitures, insouciants du code, comme s’il n’existait que pour les autres et ailleurs que chez nous. Tous ces chauffards, dont on se demande comment ils ont pu obtenir leur permis, zigzagant entre les autres automobiles, roulant à toute vitesse, sans aucune patrouille ou motard en vue pour les arrêter et les verbaliser. Et puis, tous ces «must» qu’on a depuis belle lurette oubliés: la ceinture de sécurité obligatoire, l’interdiction d’utiliser son téléphone portable au volant, l’extincteur à bord. Qu’est-il advenu des caméras, de l’alcotest, de ces contrôles régulièrement effectués?
Il y a mieux: pour les grands de notre chère République, il est permis de posséder une...