Rechercher
Rechercher

Actualités

Les lecteurs ont voix au chapitre

Contre vents et marées… Qu’il soit immigrant, réfugié ou étudiant étranger, le Libanais essaie de revêtir toutes les peaux afin de s’éloigner de son pays natal et d’adhérer aux coutumes et aux nations d’un monde meilleur. Contre vents et marées, le Libanais lutte pour sa survie au Liban, ce pays que l’on nommait la Suisse du Moyen-Orient est en train d’être déchiqueté et délaissé par son propre peuple. Que ce soit un homme d’État, un simple fonctionnaire ou un enfant innocent, nous sommes tous les bourreaux de nos propres vies et de notre propre destin... (...) Serions-nous assez désespérés pour abandonner nos vies et en recommencer de nouvelles dans un monde aussi tendre que cruel ? La réponse n’est pas difficile à deviner, même si quelques personnes vont le nier catégoriquement. Dans le fond, on a tous la même réponse : Oui (...). Nous nous trouvons dans un monde qui nous prend dans ses bras et fait de nous des hommes et des femmes, un monde où beaucoup de valeurs sont sacrifiées pour nous forger la personnalité et nous apprendre à vivre la vie, à subir ses conséquences, seraient-elles bonnes ou mauvaises. Pour un jour finir nos études et être lancés tout équipés pour la vraie vie, pour une arène où personne n’est privilégié ni épargné. Jade DAWALIBY – Montréal Star Academy : Mission impossible Une émission parue dimanche dernier sur notre petit écran s’est penchée sur un phénomène de société en passant malheureusement à côté de la richesse essentielle de cet évènement. Cette émission n’est autre que al-Hadath qui a tenté d’analyser l’évènement actuel sur le petit écran, Star Academy, en lui donnant toute son envergure arabe. On a parlé de voyeurisme, d’identification aux stars et de réactions mitigées dans certains pays. C’est quand même curieux que dans les pays où l’on condamne le plus le programme comme étant contraire à la culture locale, les plus hauts taux d’audience et de participation aient été enregistrés. N’est-ce pas là un signe précurseur des attentes et des aspirations de toute une jeunesse? Au-delà des critiques dont certaines sont justifiées, de la recherche du profit à travers le «Real TV » tant contesté et à juste titre, le programme a réussi l’impossible : réunir les populations arabes disparates. Des millions de jeunes Arabes sont braqués sur leur petit écran 24h sur 24, avides de cette jeunesse insouciante et résolument moderne. C’est l’image de la jeunesse arabe que leur a envoyée le programme et c’est à cette image qu’ils se sont identifiés. Un conseil à tous les férus de nationalisme panarabe : vos discours politiques se basant entre autres sur la « Oumma arabia » n’ont pas réussi ce que Star Academy a fait en deux mois : poser les prémices d’une identité arabe, seule capable d’aboutir à une vraie nation. Alors de grâce, pour une fois, arrêtez de vous lamenter et de vous disputer. Réfléchissez et agissez ! Zeina ADAIMÉ Où est passée la Grande Musique ? Vous ne trouverez pas l’ombre d’une station qui mettrait de la Grande Musique. Rien. Même le désert d’Arabie est plus clément, plus cordial que l’univers de nos sous-stations. Les animateurs, tellement ignares et incultes (à quelques exceptions près, bien sûr), propagent à longueur de fréquences des sous-programmes et une sous-musique aptes à abrutir même les mieux intentionnés des auditeurs. Clair ! Le code audiovisuel libanais n’impose visiblement pas un minimum académique aux animateurs et responsables des programmes. Pourtant, ces derniers influencent un nombre infiniment plus grand de jeunes que les enseignants dans leurs écoles. Reste à signaler, aux parents et responsables éducatifs, une oasis : Les harmonies du soir, une délectation de la Grande Musique animée par un Étienne Kupélian exceptionnel. Au CCF tous les lundis, un rendez-vous à ne pas manquer pour tous les jeunes assoiffés de culture. Habib MADI Israël, où vas-tu? Il est courant, disent les psychologues, que chez les humains, un enfant battu se transforme en tortionnaire dès que lui-même est père, ou qu’une fille de père alcoolique se marie avec un homme qui boit. La même chose se produirait-elle pour tout un pays ? Après avoir connu les camps de concentration et les barbelés, le peuple juif voudrait-il en faire faire l’expérience aux Palestiniens? Les exécutions sommaires de juifs, dans l’Europe nazie, donnerait-elle aux soldats israéliens le droit d’agir de même dans leur pays et les pays qui les entourent? C’est bien ce que l’on voit, en effet, avec l’exécution de Palestiniens, dont un certain nombre d’enfants, voire l’exécution du pauvre berger libanais. Après le temps de la violence, le temps de l’intolérance serait-il revenu, avec la répression du droit d’expression? La version de la Passion du Christ de Mel Gibson peut être contestée par les historiens, mais en tant qu’œuvre artistique, elle a le droit d’être diffusée. Sinon, qu’on interdise tous les récits rapportant la persécution des juifs, durant la Deuxième Guerre mondiale, sous prétexte qu’ils ne sont pas tout à fait conformes à la réalité historique ! (...) Attention, peuple d’Israël ! Le temps passant, l’opinion publique internationale peut oublier vos malheurs pour ne retenir que votre intolérance. Yves Kerlidou - Jal el-Dib Déficit démocratique Le tabassage des étudiants, la répression des manifestations occupent une large place dans le courrier de cette semaine. L’indignation est générale. À l’évidence, les appels au dialogue du régime sont contredits par les actes. L’une des clefs de ce déficit démocratique, c’est que pour dialoguer, il faut que les interlocuteurs admettent avoir quelque chose à entendre, sinon à apprendre. Cela exige un minimum d’ouverture et d’honnêteté intellectuelle, dans un monde où le mensonge, ce que la presse appelle « loughat al-kizb wal takazoub », est roi. Les tribunes de Me Abdel Hamid el-Ahdab et Alain Aoun présentent, elles, un intérêt particulier, car elles touchent à un débat que l’accélération de l’histoire, depuis le 11 septembre, rend urgent, inévitable, indispensable. Le monde musulman, dans son ensemble, doit désormais répondre de ce qu’il est exactement et il ne peut le faire qu’en parlant à l’Occident, pris pour cible par le terrorisme planétaire, le langage de la raison. Un saut épistémologique est nécessaire à l’islam pour accéder à la modernité. Il doit revoir les rapports actuels entre foi et raison, constituer ces deux champs de connaissance en sphères autonomes, rouvrir la porte au « ijtihad », ainsi d’ailleurs que le permet le chiisme. Beaucoup rêvent d’un Vatican II de l’islam. Toutefois, l’accueil de la modernité par le monde musulman ne peut se faire sans discernement. C’est l’autre versant des choses, car la raison sans la foi peut devenir folle et la liberté sans la vérité s’autodétruire. Aux Libanais, chrétiens et musulmans, de savoir accueillir « le meilleur de la modernité », et de réserver un accueil critique à certaines autres de ses manifestations. Fady NOUN L’espoir du pays : des jeunes battus Nos jeunes sont l’espoir. C’est ce que nous lisons tous les jours dans les journaux. C’est ce que nous entendons fréquemment de la bouche de nos (ir)responsables (…). Ces jeunes qui ne savent à quel saint se vouer pour sortir de leur engrenage. Cet étau qui se serre, lent et sauvage. Ce quotidien sans avenir, sans principes et sans respects aucuns, qui les terrorise réellement. Pour qu’on les tabasse à la fin ? Pourquoi ? Parce qu’ils veulent mettre un terme à l’hémorragie causée par l’émigration ? Est-ce de cette façon qu’on les encourage à établir les bases d’une société de respect ? Qu’on les encourage à communiquer leurs soucis et leurs cris du cœur? Qu’on les encourage à grandir et être responsables ? Oui, l’espoir du Liban, notre Liban à tous, est bien au Liban, nous pouvons nous en féliciter, certes ! Mais c’est un espoir battu, terrorisé et condamné à être muselé. Nous assistons désormais à une nouvelle ère de l’éducation. Une éducation bien de chez nous, où l’on inculque le savoir par les armes. Le développement par la répression. Muriel MATTA - Limassol Désespérément libanaise Ni les « j’accuse », ni les « non », ni les blasphèmes n’ont pu éteindre la rage qui m’a enflammée à la vue de la grande mascarade de la rue Huvelin. Ils osent nous rire au nez et parler d’un état non confessionnel. Ils osent nous lancer des slogans de liberté et d’égalité des citoyens... Ils osent réprimer une manifestation pacifique qui n’a d’armes que les mots... Ils osent tabasser à coups de matraques la foi des jeunes qui l’alimentent (…). Mais ils n’osent pas faire face à une insurrection directe contre l’État, ironiquement un jour plus tôt, quelques kilomètres plus loin… Ils n’osent pas arrêter des rebelles qui rouent de coups un pauvre fonctionnaire consciencieux de l’EDL. Ils n’osent pas ligoter les mains qui lançaient des pierres aux FSI (…). Quand une même loi s’applique différemment sur deux sections d’un même peuple, l’État s’effondre et c’est la chasse aux faibles (…). Vôtre, désespérément libanaise. Carla KORKOMAZ L’émigration, en toute logique Aux personnalités représentatives : quand vous en avez l’occasion, vous faites des appels (parfois pathétiques) aux jeunes pour ne pas émigrer et pour rester dans la patrie. Mais on ne vous entend pas vous révolter et protester avec persévérance lorsque ces jeunes font l’objet d’exactions par trop criantes. Exemple : le 30 novembre, le président de l’Amicale des étudiants de la faculté de droit a été kidnappé par des agents en civil et conduit à Yarzé les yeux bandés. Le lendemain, ces agents téléphonent à son père pour venir le chercher. Aucune explication, aucun regret, pas un mot d’excuses. Il a fallu un communiqué de la faculté dans L’Orient-Le Jour (21/11/03) pour que des lecteurs isolés en eussent connaissance. La semaine dernière, les étudiants manifestant à partir de l’USJ, puis de La Sagesse, ont été tabassés par les agents de l’État à coup de matraques, de crosses de fusils et de canons à eau, sans que cela ne fit que quelques remous, cependant que le chef de l’État était alors en train d’opérer simultanément un rapprochement avec l’Est. Or, messieurs, comment voulez-vous que, devant votre placidité, vos appels émouvants à la jeunesse produisent quelque effet ? Ne vous faites donc plus d’illusions : ne vous attendez pas à voir diminuer le nombre des demandeurs de visas devant les comptoirs des consulats, puisque les jeunes ne se sentent pas défendus par ceux-là mêmes dont la mission est de le faire. Albert SARA On remet ça ? Le mois de mars battant son plein, cela fait un certain moment que je ne fais que penser au meilleur cadeau que je pourrais amener à ma mère. Je pense l’avoir raté pour cette année, j’étais malheureusement au travail quand j’aurais dû le lui offrir... En effet, le nouvel épisode du feuilleton que l’on vit depuis déjà 14 ans est sorti. Et quelques personnes ont eu l’honneur de le voir en avant-première, les places étant gratuites, les acteurs ayant un peu changé et surtout, on l’attendait depuis un certain moment déjà. Donc comme il se doit, des jeunes se font tabasser, crier dessus et surtout maltraiter comme s’ils avaient commis le plus grand des crimes. Après coup, quelques responsables ont le courage de dire que c’est inhumain, on en parle un peu dans les médias durant une semaine et puis on continue comme s’il n’y avait pas d’impétueux dans les universités, comme si aucun audacieux ne s’est fait hospitaliser, comme si de rien n’était, comme si rien n’a changé... Mais en fait, en deux heures de temps, le Liban a mûri. Il a vu naître de nouveaux fonceurs. On a vu leur attachement à ce pays, on a vu leur ténacité, on a surtout vu leur fougue. On a aussi vu leurs aînés qui ne se sont toujours pas lassés, qui y croient encore et qui se donnent encore. On a revu nos héros et fait la connaissance de leur relève. Ceux-ci ont offert au Liban les coups qu’ils ont reçus, la richesse qu’ils représentent et surtout la détermination de l’améliorer à tout prix. Ceux-ci ont offert à ceux qui les ont précédés un message qui dit que la flamme ne s’est pas éteinte. Ceux-ci ont offert aux petits une lueur d’espoir. Ceux-ci ont offert à leurs mères le meilleur des cadeaux... En deux heures de temps, le Liban a constaté sa richesse, celle-ci ne va jamais mourir... Hala MADI Actualiser le code pénal Il y a un mois, un jeune homme amoureux de la vie, doué, était assassiné pour des raisons mal élucidées, mais qui n’ont pas échappé à grand monde. Dans le faire-part de remerciements de la famille éplorée, toutes les personnalités de la République (...) étaient citées. Mais alors, si toute la République a manifesté sa sympathie, cela sonne comme un consensus. Cela ne sert à rien de pleurer les gens après leur mort. Il vaut mieux agir pour qu’ils restent vivants. Qu’attendons-nous pour moderniser le code pénal, notamment les articles relatifs à la vie privée ? Bien entendu, on ne change pas du jour au lendemain la mentalité d’une société avec des lois, mais il faut bien commencer quelque part. Et quand la loi autorise, au lieu de réprimer, cela porte beaucoup à réviser leurs conceptions et leurs préjugés. Rose Najjar
Contre vents et marées…

Qu’il soit immigrant, réfugié ou étudiant étranger, le Libanais essaie de revêtir toutes les peaux afin de s’éloigner de son pays natal et d’adhérer aux coutumes et aux nations d’un monde meilleur. Contre vents et marées, le Libanais lutte pour sa survie au Liban, ce pays que l’on nommait la Suisse du Moyen-Orient est en train d’être déchiqueté et délaissé par son propre peuple. Que ce soit un homme d’État, un simple fonctionnaire ou un enfant innocent, nous sommes tous les bourreaux de nos propres vies et de notre propre destin...
(...) Serions-nous assez désespérés pour abandonner nos vies et en recommencer de nouvelles dans un monde aussi tendre que cruel ? La réponse n’est pas difficile à deviner, même si quelques personnes vont le nier catégoriquement. Dans le fond,...