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Actualités - Chronologie

Aznar quitte la scène politique dans le drame

Le chef du gouvernement sortant, José Maria Aznar, abandonne à 51 ans la politique active dans un contexte dramatique marqué par les plus graves attentats terroristes qu’ait jamais connus l’Espagne. « Je m’en vais avec la conscience tranquille et sereinement fier et satisfait. Je crois honnêtement que l’Espagne va mieux aujourd’hui en 2004, qu’en 1996 » à son arrivée au pouvoir, déclarait M. Aznar le 19 janvier, dans des adieux anticipés, après l’approbation du décret de dissolution des Cortes (Sénat et Congrès). Moins de deux mois après, ses ultimes jours au pouvoir tournent au drame, à la suite des attentats sanglants de Madrid. Ceux-ci pourraient sérieusement affecter le jugement de l’histoire à son égard, s’il s’avérait que cette tragédie nationale était une conséquence de sa décision personnelle de soutenir Washington dans la guerre en Irak, malgré l’avis contraire de 91% des Espagnols. « Il est très probable que l’histoire soit cruelle avec lui », affirmait déjà début février l’historien Javier Tusell dans les pages du quotidien El Pais, au terme d’une deuxième législature de M. Aznar. Politicien pragmatique, José Maria Aznar voulait quitter la scène en laissant sa formation politique aux commandes. Marqué par le déclin de son prédécesseur, le socialiste Felipe Gonzalez, il a toujours affiché sa conviction qu’en démocratie, deux mandats suffisent, alors qu’aucune contrainte légale ne l’obligeait à se retirer. En huit ans, José Maria Aznar Lopez, 51 ans, marié et père de trois enfants, aura profondément marqué la politique espagnole, en dépit de son manque de charisme et de talent oratoire. D’allure austère, avec sa petite taille, sa moustache et sa voix nasillarde, M. Aznar est considéré comme un homme froid, opiniâtre et méfiant. Sa gestion rigoureuse, auréolée de succès économiques, sa ténacité qui lui a valu une réputation d’âpre négociateur dans les chancelleries européennes et son intransigeance face au terrorisme basque et aux « nationalismes périphériques » lui ont permis d’asseoir son autorité sur le gouvernement mais aussi sur son parti. M. Aznar a lui-même survécu à un attentat à la voiture piégée de l’ETA en avril 1995, grâce au blindage de sa voiture. Cet épisode l’a profondément marqué et explique en partie ses choix politiques de l’après-11 septembre 2001, dans une lutte sans merci contre toute forme de terrorisme. Catholique pratiquant, amateur de havanes, de paddle-tennis et de jogging, il est issu d’une famille aisée proche du pouvoir. Né le 25 février 1953 dans un quartier huppé de Madrid, éduqué dans un établissement religieux, le jeune José Maria Aznar est marqué à l’extrême droite, admirateur de la Phalange (fascisme espagnol) et militant du syndicat d’extrême droite d’obédience catholique Front des étudiants syndicalistes. Après des études de droit, il réussit le concours d’inspecteur des finances. Il est entré en politique en 1979 en adhérant, en même temps que sa femme Ana Botella, à l’Alliance populaire (AP, droite post-franquiste), qui deviendra en 1989 le Parti populaire. Promu en quelques mois secrétaire général de l’AP dans la région viticole de la Rioja, il est élu député trois ans plus tard, en 1982, lors de l’arrivée au pouvoir des socialistes. En 1987, il devient président de la région de Castille-et-Leon. En 1990, à 37 ans, il prend les rênes du PP. Il opère alors un recentrage de la formation conservatrice très marquée par le franquisme, installant aux postes-clés de jeunes politiciens qui lui sont totalement dévoués. Le PP effectue alors « un voyage au centre » qu’illustre la relation d’amitié développée par M. Aznar avec Tony Blair, même si son modèle économique est toujours resté l’ultralibéralisme de Margaret Thatcher.
Le chef du gouvernement sortant, José Maria Aznar, abandonne à 51 ans la politique active dans un contexte dramatique marqué par les plus graves attentats terroristes qu’ait jamais connus l’Espagne. « Je m’en vais avec la conscience tranquille et sereinement fier et satisfait. Je crois honnêtement que l’Espagne va mieux aujourd’hui en 2004, qu’en 1996 » à son arrivée au pouvoir, déclarait M. Aznar le 19 janvier, dans des adieux anticipés, après l’approbation du décret de dissolution des Cortes (Sénat et Congrès).
Moins de deux mois après, ses ultimes jours au pouvoir tournent au drame, à la suite des attentats sanglants de Madrid. Ceux-ci pourraient sérieusement affecter le jugement de l’histoire à son égard, s’il s’avérait que cette tragédie nationale était une conséquence de sa décision...