Les touristes n’ont pas tardé à réagir à l’annonce de la découverte dans l’île indonésienne de Florès d’une espèce inconnue d’hominidé : déjà une poignée de routards ont réussi à se rendre à la grotte de Liang Bua, sur les traces du cousin nain de l’Homo sapiens.
Moins d’une semaine après la révélation dans la revue Nature de l’exhumation du squelette de « l’Homo floresiensis », qui ébranle l’arbre de l’évolution et la communauté scientifique internationale, un tour opérateur propose même pour 567 dollars une expédition de cinq jours de Bali à Liang Bua. Car atteindre la vaste grotte aux concrétions calcaires perdue au cœur du pays de l’ethnie des Manggarai ne se fait pas d’un coup de métro.
Des îles de Bali ou Sumbawa il faut rallier le port de Labuan Bajo, en prenant un petit avion à hélices ou un bateau qui longe des terres volcaniques peuplées par les varans géants de Komodo. De Labuan Bajo, une demi-journée de route étroite et sinueuse à travers les forêts tropicales exubérantes est nécessaire, jusqu’à la ville de Ruteng. De là, un véhicule tout-terrain n’est pas un luxe pour les derniers quatorze kilomètres jusqu’à Liang Bua.
Pour tout étranger, les habitants de ce village bordé de rizières n’ont vu ces cinquante dernières années que quelques missionnaires portugais ou néerlandais et des paléontologues principalement australiens. C’est dire la révolution en cours ici, avec y compris le passage d’une équipe de télévision.
Selon les chercheurs, l’Homme de Florès vivait ici il y a 18 000 ans, c’est-à-dire très récemment à l’échelle de l’histoire de l’humanité. À partir des ossements découverts – en fait ceux d’une femme –, ils ont conclu que l’hominidé mesurait un mètre de haut et avait un cerveau de la taille de celui d’un chimpanzé.
Les outils découverts dans la grotte suggèrent que l’homme nain savait tailler la pierre et chasser des stégodons (éléphants préhistoriques).
Celui que les journalistes surnomment le « Pithécanthrope » ou le « Hobbit » n’aurait pas survécu à une éruption volcanique il y a 12 000 ans.
Mais la tentation est grande pour les visiteurs de faire semblant de croire à un nouveau « Monde perdu » à la Conan-Doyle ou à un autre Jurassic Park. Et donc de bombarder de questions les riverains sur les « légendes » des forêts impénétrables.
Ricus Bandar, un villageois de soixante ans qui a visiblement compris l’intérêt récent que suscite Liang Bua, fouille sa mémoire mais ne se souvient pas de récits mentionnant l’existence de petites créatures bipèdes et velues dans les bois alentour. L’hypothèse d’une survivance prolongée jusqu’à récemment des hommes nains de Liang Bua laisse toutefois sceptique l’état-major du poste de police de la ville de Ruteng.
Les touristes n’ont pas tardé à réagir à l’annonce de la découverte dans l’île indonésienne de Florès d’une espèce inconnue d’hominidé : déjà une poignée de routards ont réussi à se rendre à la grotte de Liang Bua, sur les traces du cousin nain de l’Homo sapiens.
Moins d’une semaine après la révélation dans la revue Nature de l’exhumation du squelette de « l’Homo floresiensis », qui ébranle l’arbre de l’évolution et la communauté scientifique internationale, un tour opérateur propose même pour 567 dollars une expédition de cinq jours de Bali à Liang Bua. Car atteindre la vaste grotte aux concrétions calcaires perdue au cœur du pays de l’ethnie des Manggarai ne se fait pas d’un coup de métro.
Des îles de Bali ou Sumbawa il faut rallier le port de Labuan Bajo, en prenant un petit...
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