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Actualités - Chronologie

Extrait

«Étrangement, les troncs rapprochés, les feuillages sombres comme une nuit sans lune étaient pour moi la représentation du vide. Cette image-là m’aimantait. Je m’éloignais alors de mes parents pour m’y plonger, je tournais le dos à mon père, cet homme dont je jugeais, adolescent, le calme souverain suspect et déraisonnable, cet homme prodigue en bonté, cet homme dont je n’ai mesuré l’indulgence qu’il avait à mon égard et l’amour qu’il me vouait que peu d’années avant sa disparition, je tournais le dos à ma mère, cette femme d’une nature anxieuse jusqu’à l’angoisse, encline cependant au rire, voire au fou rire, cette dame qui masquait son humiliante timidité sous l’élégance de ses mises. Je ne les fuyais pas, non, j’allais me soûler à cette nuit végétale qui, me semblait-il, attendait ma venue. C’est là, au cœur de l’obscurité sylvestre, que j’éprouvais la joie d’être accepté par ce monde royalement muet, où j’oubliais qui j’étais, un fils et un enfant. »
«Étrangement, les troncs rapprochés, les feuillages sombres comme une nuit sans lune étaient pour moi la représentation du vide. Cette image-là m’aimantait. Je m’éloignais alors de mes parents pour m’y plonger, je tournais le dos à mon père, cet homme dont je jugeais, adolescent, le calme souverain suspect et déraisonnable, cet homme prodigue en bonté, cet homme dont je n’ai mesuré l’indulgence qu’il avait à mon égard et l’amour qu’il me vouait que peu d’années avant sa disparition, je tournais le dos à ma mère, cette femme d’une nature anxieuse jusqu’à l’angoisse, encline cependant au rire, voire au fou rire, cette dame qui masquait son humiliante timidité sous l’élégance de ses mises. Je ne les fuyais pas, non, j’allais me soûler à cette nuit végétale qui, me semblait-il, attendait...