Le jeans est l’incontournable de toutes les penderies. Vêtement populaire par excellence, lui seul sait démarquer le vêtement du statut social et aplanir les différences. Quand on sait que son prix varie de 10 à plus de 500$, il faut savoir se retrouver parmi toutes les griffes qui pratiquent le denim et toutes les tribus de la mode auxquelles elles s’adressent.
Nous avons pu dégager six catégories de jeans féminins: le jeans «couture», le jeans «girly», le jeans des stars, le jeans «rider» et le jeans des amoureux de la nature. À tous ceux-là, nous ajoutons le jeans en quête d’identité, mais qui ne manque pas de succès.
Dans la catégorie «couture», le jeans Marithé&François Girbaud est le roi des podiums. On ne le sait pas toujours, ces deux Français ont mis au point dans les années soixante le procédé du «stonewashed». Depuis, les jeans M&F G n’ont pas cessé d’évoluer, tant au niveau du traitement de la toile que des formes. Leurs coutures suivent les mouvements du corps, qu’ils soient larges ou ajustés. Non moins sophistiqué, le «Diesel» a été créé dans les années 70 par Renzo Rosso dans un univers de marque très américain. Le «D» stylisé est toujours brodé, une bande blanche en travers, et la toile est travaillée à la pierre ponce (une spécialité italienne). Avec une campagne créative, le Diesel tient actuellement la tête des ventes du jeans de luxe. DDP, lire les Dockers DuPont, n’est pas en reste. Cette marque créée par deux Bordelais dans les années 90 est inspirée des ouvriers des docks, avec de nombreux détails de cet univers, tels que les poches soufflées, les pinces et les zips.
Quand les marques teen-age de prêt-à-porter s’emparent du jeans, cela donne, pour les jeunes filles, des versions sexy et colorées. Parmi elles, Miss Sixty, la plus girly des marques italiennes. Gas n’est pas moins célèbre. Cette marque, également italienne, a commencé par fabriquer des chaussures en 1947. Enfin, Fornarina inscrit des coupes ultraféminines dans un prêt-à-porter branché.
Quand une star choisit un jeans, tout le monde se l’arrache. C’est le cas du «Blue Cult», le jean de Gwyneth Paltrow. Cette marque a été créée aux USA par un couple de Français, David Mechaly et Caroline Athias, dans les années 70. Un jeans taille basse avec des poches à l’avant et une matière stretch valorisante.
Laetitia Casta a choisi, quant à elle, le «Pepe jeans», marque fondée en 1973 dans le quartier de Portobello Road, à Londres. Un design taille basse, simple et sexy. Le superbe mannequin Gisèle a lancé le «Earl jeans», créé en 1996 à Los Angeles et très vite adopté par les Californiennes. Généralement noir, près du corps, il véhicule l’image d’une femme libre, gourmande et très contemporaine. Claudia Schiffer et Cindy Crawford sont des inconditionnelles du cinq poches de Guess, marque devenue mythique dès sa fondation en 1981 grâce à une campagne qui fit appel aux plus grands photographes.
Les surfeurs sont des lanceurs de tendances. Leur sport fait rêver, et s’habiller comme eux est valorisant. Ils ont imposé un style facile à vivre et, pourquoi pas, à transporter sur les sables! En 1985, des «riders» français ont créé une ligne de surfwear appelée Oxbow. Depuis, leur logo avec quatre fleurs fait fureur tant il privilégie la qualité des graphismes, des imprimés et des matières. Le californien Quicksilver, créé en 1990, est un must. Sa ligne girly séduit depuis quelques années toutes les citadines que les sports de glisse font rêver.
«Corleone», marque américaine lancée en 2002 à l’occasion du Festival de Cannes, se distingue par sa petite couronne. Adaptée à toutes les morphologies, avec son délavage fait main, elle est le signe de ralliement de tous les VIP amoureux de la nature.
Les cow-boys, adeptes d’authenticité, sont des fanatiques de Tommy Hilfiger. Ce New-Yorkais, né en 1951, est un obsédé de mode dès son adolescence. Il cultive un style tant urbain que country chic, avec des vêtements qui s’adaptent à toutes les situations.
Wrangler n’a pas épuisé sa légende auprès des amateurs de vrais jeans américains. Dès 1889, ces pantalons sont portés par les pionniers de l’Ouest. Ils se distinguent par un «W» en pointillé sur les poches.
Enfin, une foule de marques moins connues se disputent un marché moins confidentiel. Certaines, comme Loïs, jeans culte des années 80, se cherchent une nouvelle identité au moyen d’une communication originale. Une nouvelle ligne de jeans girly, «Le temps des cerises», créée par des Français, cultive un petit côté nippon, de même que Mioko, qui s’inspire des Mangas. Le designer américain Karl Kani vient de créer le Kani Ladies, une ligne urbaine très hip-hop. Ellus, avec des pantalons à la taille très basse et aux jambes très longues, fait un tabac au Brésil et s’apprête à conquérir le monde. Enfin «Closed» revient, en version streetwear chic pour les puristes.
Une mode comme tout le monde pour les femmes enceintes
Plusieurs grandes marques de prêt-à-porter à prix très compétitifs, comme C&A ou H&M, proposent depuis leur apparition en France des vêtements pour femmes enceintes. Pourtant, il semblerait que nous assistions à une véritable explosion du marché: la femme enceinte se met à la mode. En effet, au printemps dernier, Topshop, le célèbre «supermarché des tendances» outre-Atlantique, sortait sa collection pour femmes enceintes et la Halle aux vêtements, à Paris, lancait sa ligne «Miss Maman» dessinée par Séverine Ferrer. Certains créateurs ont bien compris qu’il ne fallait pas négliger la future maman et lui consacrent désormais un ou deux modèles de leur collection, comme la marque de jeans des stars hollywodiennes Citizens of Humanity, qui propose désormais un jean spécial grossesse, «le maternity». Dorénavant, les stars peuvent rester fashion tout en fondant une famille. D’ailleurs, avoir des enfants est à la mode. Ce phénomène a pris une ampleur délirante dans les magazines: chaque année, il y a dans les magazines «people» les papas poules, les mamans enceintes de l’été, etc. Les enfants sont devenus des accessoires, utilisés pour se mettre en valeur, et les femmes enceintes sont très médiatisées.
Depuis quelques années, les Françaises ont elles aussi leur marque pour femmes enceintes branchées: «1 et 1 font 3» a déjà séduit la plupart des stars, de Vanessa Paradis à Marie Gillain, en passant par Flavie Flament. La fondatrice et styliste de cette marque, Juliette, apporte un éclairage sur ce marché peu exploité et pourtant très en vogue.
Ancienne du service presse de Lolita Lempicka et fille de la créatrice de Bonpoint, elle devient l’assistante personnelle de Mme Lempicka avant de monter, six ans plus tard, sa propre société. Avec une toute petite collection, elle commence dans une charmante boutique, rue de Solférino. D’emblée, elle pense créer des vêtements de grossesse. À cinq ans, elle était entourée de tantes qui tombaient enceintes et elle était déjà impressionnée par leur ventre, fascinée par un corps qui peut en contenir un autre.
Plus tard, voyant ses amies tomber enceintes l’une après l’autre, elle prend conscience qu’il y a très peu de choix dans les vêtements de grossesse. Ce qui n’existait pas, c’est le vêtement que les femmes qui aiment la mode portent normalement, mais dans des versions adaptées à la femme enceinte. Très vite, elle sera la seule à faire des vêtements de grossesse qui suivent les tendances.
Aujourd’hui encore, il y a une sorte de refus pour les aficionados de la mode d’aller dans une boutique de femme enceinte parce qu’elles ont peur de faire mémé. Juliette propose des vêtements non seulement très mode mais aussi hyperconfortables du début à la fin de la grossesse.
Pour tenir compte de l’aspect commercial, la créatrice considère qu’il ne faut pas laisser sa créativité partir dans tous les sens pour des vêtements que l’on va porter 9 mois maximum. Elle fait des vêtements épurés, non seulement par goût, mais aussi parce qu’il faut faire attention à ce qu’ils ne coûtent pas horriblement cher. «Le gros ventre n’est absolument pas un problème pour la créativité. Les contraintes sont plutôt financières», dit-elle. Tout en restant fidèle à un principe de base: faire une vraie collection de femme qu’on adapte à la femme enceinte. Le choix des matières est crucial: pas de jersey brillant, mais plutôt du coton pour privilégier les matières naturelles. Envie de faire un bébé?
FIFI ABOUDIB
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Nous avons pu dégager six catégories de jeans féminins: le jeans «couture», le jeans «girly», le jeans des stars, le jeans «rider» et le jeans des amoureux de la nature. À tous ceux-là, nous ajoutons le jeans en quête d’identité, mais qui ne manque pas de succès.
Dans la catégorie «couture», le jeans Marithé&François Girbaud est le roi des podiums. On ne le sait pas toujours, ces deux Français ont mis au point dans les années soixante le...