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Actualités - Opinion

Une équipe gouvernementale qui préfigurerait la composition de la prochaine Chambre

Selon un pôle opposant, la composition du nouveau cabinet devrait permettre de prévoir globalement la configuration de la Chambre qui va être élue au printemps. En fait, on devrait être largement fixé à partir du choix qui serait retenu pour le découpage des circonscriptions, la grande, la petite ou la moyenne. Le maintien d’une formule de cabinet identique, avec le changement de quelques figures à peine, signifierait évidemment la prolongation du statu quo de marasme étatique. De même, le recours renouvelé à la pratique des parachutages et des listes téléguidées dans les législatives produirait forcément un Parlement de nouveau asservi dans sa majorité, semblable au sortant. Il y aurait sans doute même un degré de représentativité encore plus réduit au niveau des députés. Bien entendu, on connaîtrait les résultats d’avance. Le découpage des circonscriptions, comme la dernière fois ou celle d’avant, serait arbitraire. Taillé de manière à faciliter les immixtions décisives et à faire prévaloir des condensations communautaires déterminées dans les régions pour assurer la victoire des listes soutenues par le pouvoir, ou les décideurs, face aux courants de l’opposition, aussi populaires que soient ces derniers. Comme cela s’est encore passé lors des municipales dans plusieurs agglomérations. Selon ce pôle, la coloration monochrome du nouveau gouvernement laisse envisager que la loi électorale qu’il va élaborer n’apportera rien de vraiment neuf ou de positif. Globalement, il se pourrait même que l’on traite le tableau au cas par cas. C’est-à-dire que là où cela conviendrait aux loyalistes, on prévoirait le caza comme circonscription ; et le mohafazat, ou tout autre combinaison panachée, ailleurs. Il est possible qu’au nom du slogan du brassage, on divise en deux chaque mohafazat. En prétextant que le caza ou la petite circonscription favorisent par trop des représentations à caractère essentiellement confessionnel. La même personnalité estime qu’il ne sera tenu aucun compte, par les gens du pouvoir ou du système, de l’avis de Bkerké et encore moins de celui de l’opposition civile politique. Quoi qu’il en soit, à cause en partie de la nature monochrome du gouvernement en gestation, il y a des risques certains que les législatives de 2005 soient semblables dans le fond aux scrutins tronqués qui se sont succédé depuis Taëf. Et dont les résultats ne diffèrent pas, au fond, de cette innovation géniale qui avait consisté à désigner des « députés » (sic) juste quelques mois avant les élections générales de 92. Boycottées à 87 %, comme on sait. Le recours aux vieilles pratiques se ferait à l’ombre d’une présence militaire syrienne en voie de s’estomper, pour une présence politique encore plus accentuée, en guise de compensation. Un renforcement annoncé, à titre préventif, ajoute cet opposant, par la prorogation imposée du mandat du président Lahoud. Qui risque, logiquement, de s’accompagner d’une prorogation de l’ensemble du système en place, gouvernement et législatif compris. Un échafaudage qui devrait être encore mieux contrôlé par les décideurs, estime cette personnalité. Pour qui la mainmise va être poussée politiquement à l’extrême. Afin que les tuteurs puissent avoir les coudées franches au moment où, dans trois ans, il faudra choisir un successeur au chef de l’État. À moins qu’ils ne jugent que le mieux, ce serait encore d’imposer une reconduction du bail. Cette personnalité opposante relève ensuite l’astuce qui a consisté à rallonger de huit mois pleins le mandat du Parlement en place. Sous prétexte d’éviter d’organiser les législatives pendant la saison estivale de villégiature et de tourisme. mais en fait pour que ce soit cette même Chambre, si docile, qui se charge de l’élection présidentielle. Elle s’en est d’ailleurs acquittée à la plus grande satisfaction des maîtres véritables de la soi-disant majorité. Le calcul s’est avéré judicieux en termes d’intérêt de ces maîtres. Car dans les conditions régionales présentes et les pressions extérieures, il est probable que des élections organisées l’été dernier auraient produit une Chambre moins docile. Donc une présidentielle plus régulière sans doute, conclut l’opposant cité. Émile KHOURY
Selon un pôle opposant, la composition du nouveau cabinet devrait permettre de prévoir globalement la configuration de la Chambre qui va être élue au printemps. En fait, on devrait être largement fixé à partir du choix qui serait retenu pour le découpage des circonscriptions, la grande, la petite ou la moyenne. Le maintien d’une formule de cabinet identique, avec le changement de quelques figures à peine, signifierait évidemment la prolongation du statu quo de marasme étatique. De même, le recours renouvelé à la pratique des parachutages et des listes téléguidées dans les législatives produirait forcément un Parlement de nouveau asservi dans sa majorité, semblable au sortant. Il y aurait sans doute même un degré de représentativité encore plus réduit au niveau des députés. Bien entendu, on connaîtrait les...