Rechercher
Rechercher

Actualités

Agriculture Les pays membres de l’OMC veulent que le Liban supprime Export Plus

«Les pays membres de l’Organisation mondiale du commerce veulent que le Liban supprime le programme Export Plus », a déclaré Lama Owaijan, représentante du ministère de l’Économie et du Commerce, au cours d’une table ronde organisée pour débattre des répercussions sur le secteur de l’agriculture de l’adhésion du Liban à l’OMC. Au cours des négociations multilatérales en vue de cette future accession, les principales puissances économiques au sein de l’organisation ont en effet dit non à ce programme appliqué depuis trois ans et qui vise à subventionner directement les exportations agricoles libanaises, a affirmé Mme Owaijan. Le chef de file de cette opposition est l’Australie, un des membres du groupe Cairns, qui rejette toute forme de subvention à l’exportation. De plus, ajoute la spécialiste, les accords de l’OMC interdisent formellement les aides à l’exportation. Toutefois, le cycle de Doha permet aux pays en développement de maintenir ces subventions pour une certaine durée. « Le Liban compte bien profiter de cette marge de manœuvre », a précisé Mme Owaijan. L’experte souligne que « les autres types de subventions et d’aides à la production ont été jugés en général acceptables aux yeux des différentes parties ». Mme Owaijan a déclaré par ailleurs que le Liban veut prendre des mesures autres que les subventions pour protéger certains produits agricoles. « Nous comptons instaurer des tarifs saisonniers sur certains produits pour limiter les effets du dumping, c’est-à-dire que nous serons davantage protectionnistes au cours de certaines périodes », dit-elle, ajoutant que cette initiative a été acceptée par les autres parties. Sami Chami, du ministère de l’Agriculture, estime quant à lui que l’adhésion du Liban à l’OMC n’affectera pas négativement le secteur primaire libanais puisque actuellement, plus de la moitié des produits agricoles importés sont soumis à de faibles tarifs douaniers. « Ces barrières ne seront pas réduites à moins de 5 %, assure-t-il, car l’OMC n’exige pas des tarifs douaniers à 0 % comme on est tenté de le croire. » Pour lui, le problème se situe ailleurs, plus particulièrement au niveau du contrôle de la qualité. « Nos laboratoires ne sont pas suffisamment équipés pour effectuer des contrôles de qualité, ce qui pourrait pousser les autres pays à refuser notre marchandise », a-t-il déploré. M. Chami révèle que le ministre travaille en collaboration avec l’Union européenne et notamment avec l’Italie sur des projets de réhabilitation des laboratoires. Il a rappelé par ailleurs que peu de choses peuvent être réalisées alors que le budget du ministère de l’Agriculture ne dépasse pas les 0,3 % du budget global. Des intervenants ont appelé à supprimer les subventions « politiques et inutiles » qui profitent à la production de blé, de tabac et de betterave sucrière, estimant que le montant de ces aides peut être consacré à la réhabilitation du secteur agricole tout entier. D’autres ont souligné que l’accession à l’OMC supposera des pertes et des « coûts sociaux » que les agriculteurs devront accepter au nom de « l’efficacité économique ». Rana MOUSSAOUI

«Les pays membres de l’Organisation mondiale du commerce veulent que le Liban supprime le programme Export Plus », a déclaré Lama Owaijan, représentante du ministère de l’Économie et du Commerce, au cours d’une table ronde organisée pour débattre des répercussions sur le secteur de l’agriculture de l’adhésion du Liban à l’OMC.
Au cours des négociations multilatérales en vue de cette future accession, les principales puissances économiques au sein de l’organisation ont en effet dit non à ce programme appliqué depuis trois ans et qui vise à subventionner directement les exportations agricoles libanaises, a affirmé Mme Owaijan. Le chef de file de cette opposition est l’Australie, un des membres du groupe Cairns, qui rejette toute forme de subvention à l’exportation. De plus, ajoute la spécialiste,...