Rechercher
Rechercher

Actualités - Reportage

Sur les Campus L’enfer de la rentrée...

Septembre. La rentrée scolaire et universitaire. À l’origine, dans un pays « normal », elle devrait être synonyme d’enthousiasme. La culture motive, l’enseignement enrichit, la méthodologie forme toute la personnalité de l’individu, du jeune. Les diplômes font la fierté des parents. Mais le Liban a cessé, depuis belle lurette, d’être un pays « normal ». La culture a été, par le fait accompli, remplacée par d’autres cultures négatives (corruption, servitude, wasta, mensonge, hypocrisie, affairisme...). L’enseignement a été la cible de certaines flèches occultes, et les universités-boutiques ont fleuri aux quatre coins du pays, entamant sérieusement la réputation d’un pays qui était autrefois considéré comme le principal pôle de formation universitaire de la région. La méthodologie laisse, d’année en année, place à la destructuration, et ce sont les professeurs qui le disent... La rentrée, pour les parents, c’est le véritable enfer : scolarités et inscriptions de plus en plus chères, manuels scolaires hors de prix, fournitures en masse à assurer à leurs enfants, etc. Pour certains étudiants, c’est également la galère. Il va falloir travailler tout en assurant sa présence aux cours. Dans de telles circonstances, la vie universitaire devient un long râle de souffrance, et l’on ne sait plus vraiment où donner de la tête... Septembre. Une rentrée mouvementée cette année pour tout le monde. Pour les parents, saignés à blanc, asphyxiés, d’année en année, par une crise économique qui s’éternise, qui devient tout simplement intolérable pour plusieurs foyers. Mais aussi pour les étudiants contestataires, qui vont être bientôt amenés à se demander si le temps n’est pas réellement venu de créer un front commun interlibanais, toutes tendances communautaires et politiques confondues, pour la défense des libertés et de la démocratie. Pour reprendre l’idée exprimée par M. Samir Frangié, « il y a une nécessité de songer à la constitution d’un vaste mouvement unitaire qui prendrait à sa charge de jeter les bases d’une nouvelle République, (...) et au sein duquel chacun garderait son appartenance, sa sensibilité, sa particularité, dans le cadre d’un programme très large, et loin de toute uniformisation ». L’objectif ? Jeter les fondements d’un Liban d’avenir, reposant sur une culture de la civilité, de la démocratie, du civisme, du dialogue. Pour remettre la notion de l’État de droit dans son contexte réel, celui qui a pour référence le droit naturel, la charte des droits de l’homme et le respect des libertés publiques, loin des expériences policières et des simulacres de démocratie. Il y a fort à parier que l’année universitaire 2004-2005 ne sera pas comme les autres, dans un sens ou dans l’autre. Parce que les étudiants, élément-moteur de la société civile, et, par conséquent, contestataires à tout pouvoir établi selon la logique même des contre-pouvoirs, devront soit se soumettre au fait accompli – ce qui marquerait la fin d’une dynamique initiée en 1997 et, depuis, systématiquement victime de la répression et du travail de sape –, soit poursuivre leur action. Ce qui, dans le cadre actuel, ne pourrait que déboucher sur une confrontation. Reste la troisième option, qui n’est pas à écarter : l’attentisme, dans lequel le peuple libanais dans sa quasi-intégralité est déjà plongé depuis longtemps. L’année 2004-2005 sera-t-elle un tournant, une charnière entre deux époques, pour le mouvement estudiantin ? Réponse dans quelques mois. Michel HAJJI GEORGIOU

Septembre. La rentrée scolaire et universitaire. À l’origine, dans un pays « normal », elle devrait être synonyme d’enthousiasme. La culture motive, l’enseignement enrichit, la méthodologie forme toute la personnalité de l’individu, du jeune. Les diplômes font la fierté des parents. Mais le Liban a cessé, depuis belle lurette, d’être un pays « normal ». La culture a été, par le fait accompli, remplacée par d’autres cultures négatives (corruption, servitude, wasta, mensonge, hypocrisie, affairisme...). L’enseignement a été la cible de certaines flèches occultes, et les universités-boutiques ont fleuri aux quatre coins du pays, entamant sérieusement la réputation d’un pays qui était autrefois considéré comme le principal pôle de formation universitaire de la région. La méthodologie laisse,...