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Actualités - Opinion

IMPRESSION Vertiges

Quel qu’en soit le thème, Disney, Astérix, Schtroumfs, Tivoli ou, plus près de nous, Dream Park, Water Gate, Luna Park, parc du Biel et autres foires du Trône, toutes ces aires de fête sont finalement vouées à une même sensation: le vertige. Quel besoin avons-nous de nous bousculer au portillon des centrifugeuses, en quête de ces fourmis aux lèvres, le visage figé, les poumons bloqués par la vitesse, les mains cherchant désespérément un point d’amarrage ? Quel besoin d’aller dans ces engins affolés, qui tournent, tourbillonnent, montent et redescendent, emportant dans leur chute nos cœurs mal accrochés... Mais il y a la musique à tue-tête et le parfum grisant des guimauves énormes, tressées à bras d’homme, de la barbe à papa, cristaux magiques de sucre rose qui filent leur nuage dans leur propre manège. Il y a les barbecues où grillent des saucisses, les fourneaux ambulants où les marrons éclatent, et l’air qui embaume de fumets réconfortants, parce que l’appel de la faim est celui de la vie quand on a joué à mourir. Au risque d’en sortir comme le fit Pinocchio, affublés d’oreilles d’âne et brayant notre frayeur, nous les aimons, ces lieux truffés de sortilèges. Nous y allons pour perdre pied, croire voler, rencontrer des sensations inconnues de nos corps. Pour que le sang nous monte à la tête que, grisés de terreur et de légèreté sidérale, nous croisions le blanc absolu de la pensée. Celui où nous sommes tout entiers à notre survie alors qu’aucun danger réel ne nous guette. Celui où l’on tombe forcément amoureux. Les adolescents le savent: ce simulacre de mort mobilise de véritables instincts de vie. Alors les mains se touchent, les épaules se resserrent et, à l’arrivée, tout étonnés de retrouver le réel, on se regarde à peine, à peine ose-t-on s’avouer les liens ébauchés en apesanteur, mais on sait que les cœurs ont pris des envols majestueux. Montagnes russes, navires pirates lancés sur des tempêtes invisibles, trains fantômes où des fils pendus dans le noir vous prennent dans des pièges de mygales, ascenseurs en chute libre, inventions délirantes qui nous invitent au délire. De ces ivresses licites, nous revenons enchantés, rincés, lavés de nos appréhensions terrestres. Oh, ça ne dure pas bien longtemps, mais jusqu’au prochain tour, alors que la terre s’emballe au dehors et qu’on n’y maîtrise plus rien, qu’il est bon pour quelques minutes de se laisser porter par un manège et ses vertiges irréels ! Fifi ABOUDIB
Quel qu’en soit le thème, Disney, Astérix, Schtroumfs, Tivoli ou, plus près de nous, Dream Park, Water Gate, Luna Park, parc du Biel et autres foires du Trône, toutes ces aires de fête sont finalement vouées à une même sensation: le vertige. Quel besoin avons-nous de nous bousculer au portillon des centrifugeuses, en quête de ces fourmis aux lèvres, le visage figé, les poumons bloqués par la vitesse, les mains cherchant désespérément un point d’amarrage ? Quel besoin d’aller dans ces engins affolés, qui tournent, tourbillonnent, montent et redescendent, emportant dans leur chute nos cœurs mal accrochés... Mais il y a la musique à tue-tête et le parfum grisant des guimauves énormes, tressées à bras d’homme, de la barbe à papa, cristaux magiques de sucre rose qui filent leur nuage dans leur propre manège....