La ville est occupée et des « collaborateurs » s’y activent, mais les services secrets israéliens éprouvent d’énormes difficultés à infiltrer le Hamas à Hébron, d’où étaient originaires les deux kamikazes auteurs du double attentat-suicide de Beersheva.
Après l’attaque, qui a fait 16 morts outre ses deux auteurs, la presse israélienne a longuement souligné les « faillites » en matière de renseignements des services de sécurité israéliens dans la grande métropole du sud de la Cisjordanie où les informations fournies par les collaborateurs s’étaient souvent révélées fausses, voire manipulatrices.
L’un de ces « collaborateurs », qui se présente sous le prénom de Mohammed, 22 ans, s’est rendu il y a un mois à la police palestinienne après avoir été démasqué par le Hamas. Avec deux autres « collaborateurs », il est détenu dans une petite pièce utilisée comme prison par la police dont la plupart des locaux à Hébron et ailleurs en Cisjordanie ont été détruits par l’armée israélienne depuis le début de l’intifada en septembre 2000. « J’avais 17 ans quand j’ai proposé mes services aux Israéliens, car je n’avais pas de travail », confie-t-il. « J’ai suivi les ordres des services de renseignements israéliens, mais les gens du Hamas m’ont démasqué l’année dernière et ont menacé de me tuer si je ne travaillais pas pour eux », ajoute-t-il. Mohammed affirme avoir aidé le mouvement intégriste pendant un an. « Mais quand ils m’ont demandé d’aller perpétrer un attentat-suicide, j’ai fui et je me suis rendu à la police palestinienne », raconte-il.
Selon le quotidien israélien Yediot Aharonot, le service de sécurité intérieur israélien, le Shin Beth, avait même tenté, en vain, de recruter il y a un mois un certain Nassim Jabari, un des deux kamikazes auteurs de l’attentat de Beersheva. Après avoir été convoqué par un officier du Shin Beth qui lui a fait l’offre, Jabari en a fait part à des activistes du Hamas qui l’ont persuadé de commettre l’attentat, affirme le journal.
Faute de pouvoir infiltrer le Hamas à Hébron, où le mouvement s’appuie sur de petites cellules autonomes et généralement composées des membres d’un même clan familial pour éviter toute « trahison », Israël a opté pour la manière forte.
Ainsi, plusieurs chefs du mouvement, notamment de la famille Qawasmeh dont était issu le deuxième kamikaze de Beersheva, Ahmed, ont été assassinés, et des centaines de ses activistes arrêtés. Mais les coups répétés ne semblent pas avoir entamé la force de frappe du groupe. « Le Hamas à Hébron dispose d’un service de sécurité extrêmement sophistiqué et performant qu’Israël ne parvient pas à infiltrer », explique un haut responsable des services de sécurité palestiniens parlant sous couvert d’anonymat. Selon lui, le Hamas et sa branche militaire, les Brigades Ezzedine al-Qassam, « travaillent dans le secret le plus total à Hébron pour ne pas éveiller les soupçons de l’armée et des collaborateurs ». « Il ne fait pas non plus confiance à l’Autorité palestinienne et ses officiels car il craint toute collusion avec Israël et n’organise pas de marches militaires », affirme-t-il.
Le responsable admet que « les collaborateurs », dont des dizaines ont été assassinés en Cisjordanie par des activistes armés depuis le début de l’intifada, posent un véritable casse-tête aux services de sécurité palestiniens. « Les services de sécurité à Hébron sont pratiquement paralysés, nous n’avons pas de prison pour les détenir. Généralement, nous les interrogeons et les laissons partir après un certain temps », dit-il.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La ville est occupée et des « collaborateurs » s’y activent, mais les services secrets israéliens éprouvent d’énormes difficultés à infiltrer le Hamas à Hébron, d’où étaient originaires les deux kamikazes auteurs du double attentat-suicide de Beersheva.
Après l’attaque, qui a fait 16 morts outre ses deux auteurs, la presse israélienne a longuement souligné les « faillites » en matière de renseignements des services de sécurité israéliens dans la grande métropole du sud de la Cisjordanie où les informations fournies par les collaborateurs s’étaient souvent révélées fausses, voire manipulatrices.
L’un de ces « collaborateurs », qui se présente sous le prénom de Mohammed, 22 ans, s’est rendu il y a un mois à la police palestinienne après avoir été démasqué par le Hamas. Avec deux autres...