Oui à Walid Joumblatt
Je tiens particulièrement à exprimer mon entière solidarité avec M. Walid Joumblatt et son groupe parlementaire pour leur prise de position courageuse et essentielle pour servir la démocratie et l’indépendance du Liban (ou ce qu’il en reste), ainsi qu’avec toutes les forces vives de la nation libanaise qui ne sont pas entachées du « cancer » syrien lequel mine une souveraineté et une indépendance qui nous manquent tellement depuis le début de la guerre civile.
Antoine G. BASSILA
Londres
Le chant de la «syrène»
Sentiments mitigés
Je rentre d’un séjour de deux semaines au Liban. Le sentiment qui m’habite à mon retour est mitigé : il y a la joie d’avoir revu ma famille et mes amis, et l’amertume de quitter cette terre que j’adore.
Voilà 25 ans que je vis en Suisse, championne du monde de la démocratie. Ici, le peuple vote pour tout. Il a aussi le pouvoir d’empêcher l’application des lois votées par le Parlement (par le biais d’un référendum), et même celui de modifier la Constitution et les lois de son propre chef (Initiative populaire).
Mon intervention de ce jour se fonde sur la lecture de votre article consacré à l’initiative franco-US auprès du Conseil de sécurité de l’Onu.
À vrai dire, je n’en reviens toujours pas...
Que la Syrie impose au Liban un président passe encore. Après tout, on y est habitué depuis un moment.
Qu’il soit fait fi de la volonté nationale ainsi que des opinions de nos dignitaires religieux (toutes tendances confondues) et de nos politiques, passe encore.
Que les députés retournent leur veste comme par enchantement pour «plébisciter» le président, passe encore.
Mais que le gouvernement libanais, sous prétexte qu’il s’agit d’une «ingérence» dans les affaires intérieures libanaises, monte aux barricades contre l’initiative franco-US condamnant la Syrie pour son rôle actuel au Liban, alors là je dis chapeau ! Voilà que Jean Obeid, désormais drapé du maillot jaune du meilleur défenseur de la Syrie, s’agite violemment et exprime à qui veut bien l’entendre (c’est-à-dire personne en dehors du Liban) son indignation de voir deux des plus grandes puissances mondiales condamner l’intervention syrienne dans la politique libanaise.
Est-ce que quelqu’un aurait la gentillesse d’expliquer à Jean Obeid ce que la Syrie fait exactement au Liban? Ou bien qu’on me l’explique à moi, car peut-être n’ai-je rien compris. Non, plus sérieusement, et pardonnez la cruauté de mon verbe, mais c’est vraiment l’hôpital qui se fout de la charité. Le Liban a perdu toute sa dignité politique depuis un moment déjà. Mais, de grâce, qu’il évite, par l’entremise du chef de la diplomatie, de le montrer à la terre entière, qui plus est avec fierté.
Karim KHOURY
Suisse
Déçu, inquiet
Pour les mêmes raisons que beaucoup d’autres, j’ai quitté le Liban en septembre 1991. Treize ans déjà et je vis toujours les mêmes angoisses, je nourris les mêmes espoirs. L’angoisse d’avoir à retourner un jour dans un pays sans avenir, l’espoir de pouvoir rentrer un jour dans un pays en paix. La France m’a déjà beaucoup permis : les études, l’emploi, l’accès à la propriété, une famille, des acquis de droit qui font malheureusement rêver beaucoup de mes compatriotes. Sans parler de la liberté, de l’égalité, de la fraternité, et au quotidien. Depuis que l’amendement de la Constitution est d’actualité, depuis qu’un deuxième mandat Lahoud est à l’ordre du jour, mes espoirs s’envolent, mon avenir s’assombrit ou peut-être se fait plus clair car ma décision est prise, ma déception est grande par ce pays, son peuple, ses représentants.
Carlos El-KHOURY
Paris
Byzance
La situation libanaise aujourd’hui ressemble à celle de Byzance avant qu’elle ne tombe sous les coups des Turcs. On s’y disputait sur le sexe des anges.
Chez nous, nous discutons de tout sauf du principal : le danger israélien.
Depuis le 11 septembre 2001, sous le couvert de la guerre contre le terrorisme, les États-Unis ont attaqué un État arabe indépendant, suscitant des réactions violentes qui risquaient d’entraîner une guerre civile susceptible de se propager dans les pays arabes environnants. Le seul îlot stable reste encore la Syrie et le Liban.
Depuis le 11 septembre 2001, sous couvert de guerre contre le terrorisme, Israël a profité de l’alliance américaine pour se lancer dans une opération d’occupation des territoires palestiniens, les transformant en bantoustans, le regard sur le Liban et l’eau du Liban, plus rare et plus précieuse à ses yeux que tout le pétrole arabe.
Pour y arriver, Israël veut provoquer au Liban une seconde guerre sectaire entre musulmans et chrétiens, amenant du coup l’exode de ces derniers. Il fallait donc provoquer d’abord le départ du président Lahoud, dont les positions nationalistes arabes renforcent la coexistence et empêchent l’implantation palestinienne.
Un autre président pourrait réclamer l’envoi de l’armée dans le Sud et renoncer à l’appui syrien qui aide à la stabilité interne et à la défense externe du Liban.
Une fois la guerre déclenchée et ayant abouti à l’exode chrétien, Israël utilisera sa machine publicitaire pour réclamer son droit à tout ou partie de la « terre volée aux chrétiens par les terroristes musulmans », envenimant ainsi cette guerre de civilisations commencée le 11 septembre 2001.
Nous comprenons quel intérêt électoral peuvent tirer les grands d’une déstabilisation du Liban.
Quel serait donc l’intérêt de certains dirigeants libanais à lancer une campagne de médias nuisible et trompeuse, laissant à penser, contrairement à la vérité, que la majorité du peuple est contre un nouveau mandat Lahoud et cherchant à montrer l’illégalité d’un amendement pourtant prévu expressément dans la Constitution ?
Roger AKL
Paris
En attendant la prochaine génération
Je lis religieusement votre journal chaque matin, car malgré l’éloignement, je reste profondément attaché à la terre du Liban et je tiens à me tenir au fait de ce qui se passe dans mon pays d’origine. Je constate cependant que les années passent, mais que les mêmes problèmes demeurent : corruption et trafic d’influence, allégeance à des pays étrangers et perte graduelle d’identité, perte quasi totale de notre droit de décider de notre propre sort (...).
Ici, à Montréal, la communauté libanaise compte environ 150 000 personnes ; mais nous n’avons jamais été capables de nous unir et de constituer un grand lobby fort, capable de faire élire des représentants au niveau gouvernemental, des représentants qui auraient alors été en mesure, de par leurs position, de mettre en avant la cause du Liban et de donner plus de poids à notre communauté au Canada. Voyez l’exemple des communautés arménienne, italienne, grecque et juive, pour ne citer qu’elles.
Peut-être qu’il serait temps de remplacer, dans le lexique de la mentalité libanaise, le mot « individualisme » par « solidarité ». Ou alors attendre la prochaine génération… Car nous sommes les champions des solutions temporaires.
Raymond K. CHÉBLI
Montréal, Canada
Le chant de la «syrène»
Le peuple libanais doit recouvrer sa souveraineté en changeant la Constitution pour lui permettre d’élire directement le président au suffrage universel.
On évitera ainsi d’être à la merci de députés qui, quel que soit leur nombre, sont facilement perméables aux courants externes. La Chambre répond toujours favorablement aux injonctions de dernières minutes. En effet, rares sont ceux qui se sont rebellés face aux diktats, et on a vu, durant ces dernières années, la façon dont ils ont étés mis au rancard.
Le chant de la « syrène » ira crescendo jusqu’à l’échéance fatale et peu d’entre eux pourront y résister.
J.P. NEHMÉ
France
L’aide de Dieu
De Las Vegas, je vous écris pour vous féliciter de la tenue de votre journal. Je le lis tous les jours (sauf les dimanches) et suis ravi de suivre comme sur place les événements de mon pays.
Les derniers articles concernant une éventuelle entorse à la Constitution retiennent toute mon attention, mais aussi mes craintes, malheureusement.
Que Dieu, par un miracle, aide le Liban à se libérer de l’emprise de sa soi-disant sœur et lui redonne la liberté de choix qui lui manque tellement.
Peter TAWA
Las Vegas – USA
Le summum du ridicule
Je suis ce qui se passe sur la scène politique libanaise aujourd’hui et je ne peux pas m’empêcher d’avoir un sourire triste ! Personne ne veut écouter les Libanais et pire encore, tout le monde se fiche de leur destin.
Installé en France depuis plus de dix ans, rien – je pèse mes mots – ne me donne envie de retourner vivre au Liban. Nous observons, impuissants, notre pays se défaire. Petit, à l’école, on m’apprenait que le Liban est le premier pays démocratique de la région et qu’il fallait en être fier. Où allons-nous en copiant le modèle syrien (ou autre !) ? Un président de la République à vie doit-il exister dans un pays démocratique ?
Le summum du ridicule, c’est le défilé des hommes politiques libanais à Damas. Et ils continuent à déclarer que la Syrie ne décide rien...
Je suis sûr que beaucoup de Libanais, au Liban et dans le monde entier, sont frustrés autant que moi. Mais nous sommes dans un pays démocratique. Disons-le ! Aujourd’hui, je le dis.
En tout cas, merci de nous laisser nous exprimer à travers votre journal. Très bonne initiative. Continuez à être libres et à nous défendre. Bravo à tous les journalistes. Ils font un très bon travail et non sans risques !
Charles TAOUK
France
Le sourire d’un frère
Fils unique au Liban? Eh bien, tu ne pourrais pas être plus chanceux…
Malheur à celui qui est obligé de passer cinq ans de sa vie, faisant tout et rien, à la frontière de son propre pays juste pour échapper à cette torture, cette prison, cette perte de temps qui lui vole 365 jours de sa vie. Ce jeune homme qui doit vivre sans la chaleur maternelle, sans le regard paternel, pourquoi lui infliger cette cruelle épreuve ? Cinq ans loin de son frère cadet qui a tant besoin de sa présence.
Écoutez ce cri venant d’une âme qui souffre de voir son frère se déchirer en silence à cause d’une loi, qui peut être modifiée tout simplement, comme bien d’autres. Je vous implore, vous qui nous avez tout pris, laissez-nous au moins la chance de voir le sourire de nos frères.
Nadine R. Z.
Canada
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats