Rechercher
Rechercher

Actualités - Opinion

Lettre d’une Libanaise au futur président

«C’est aux Libanais de choisir leur propre candidat», nous répète-t-on. Et si c’était vrai, quelle responsabilité pèserait sur nos épaules, sur quel grand homme se porterait notre choix ? Sur celui, je l’espère, qui donnerait à la démocratie, absente depuis longtemps, la première place aux côtés de la liberté, si précieuse, si rare et pourtant base de toute orientation. Notre nouveau président devrait s’appuyer sur des concepts profonds pour aboutir à une réforme parfaite. Je voudrais m’adresser aujourd’hui à lui, et profiter de son anonymat pour dire ce que la femme libanaise a sur le cœur, en parlant de son état présent et de sa condition. La guerre civile a modifié la femme libanaise. Ayant beaucoup souffert, elle a changé de visage et de caractère. Les Libanaises n’ont plus un profil commun, mais elles diffèrent les unes des autres selon les contextes dans lesquels elles ont évolué. M. Boutros Harb a dit que la part des femmes sous son mandat, s’il était élu, serait plus importante. Nous l’en remercions, mais l’accès de quelques femmes de plus au pouvoir ne changerait pas grand-chose à la condition féminine (...). « La moitié des Libanais vivent sans couverture médicale » : le rapport de l’Onu vient alerter les responsables qui continuent à faire la sourde oreille. Ce rapport ne devrait-il pas être suffisant pour obliger l’État à sortir de son inertie ? Il confirme nos craintes et notre peur du lendemain. Monsieur le Président, il faudrait que vous vous occupiez d’urgence de ce problème, verser aux hôpitaux leur dû et les obliger en même temps à prendre en charge tout accidenté démuni. Car ce qui caractérise les grandes nations, c’est le fait que l’État offre à ses citoyens la sécurité sociale et la confiance en l’avenir, édictant des lois qui les protègent et leur garantissent une vie respectable, une retraite bien planifiée. (...) Nous vous demandons de mettre en application un code de la route sévère et bien élaboré. Une surveillance routière de jour et de nuit, et non seulement occasionnelle, des sanctions sévères appliquées à tous sans exception. Nul ne devrait plus échapper à la justice, face à une infraction, qui mettrait des vies en danger (...). M. Kofi Annan a demandé aux gouvernements, dans son rapport du millénaire, de « faire de l’éducation de leurs filles une priorité » ; les femmes ne devraient plus être des invitées sur cette planète, mais des éléments actifs à part entière. La femme libanaise représentait 52 % de la population, ce pourcentage est plus important aujourd’hui, vu l’exode continu de l’élément masculin. Il serait criminel, alors que sévit la crise économique de négliger ses droits, ou de freiner son développement en ignorant tous les problèmes auxquels elle se trouve confrontée. Elle se sent seule face à ses responsabilités, le mari étant préoccupé par les problèmes du travail et n’arrivant pas à s’en tirer pour sauver ce qui reste à sauver. Nous voudrions un mandat différent des autres, qui sera à l’écoute des citoyens. Un mandat qui agira pour mettre fin à toute forme de joug, afin de construire la patrie de demain. En un mot, un président qui exprimerait le désir de prendre connaissance de la situation socio-économique, et qui accepterait des changements de politique. Qui serait pour une meilleure coordination entre toutes les institutions, privées ou publiques, et qui accepterait un changement de priorité. Andrée SALIBI

«C’est aux Libanais de choisir leur propre candidat», nous répète-t-on. Et si c’était vrai, quelle responsabilité pèserait sur nos épaules, sur quel grand homme se porterait notre choix ? Sur celui, je l’espère, qui donnerait à la démocratie, absente depuis longtemps, la première place aux côtés de la liberté, si précieuse, si rare et pourtant base de toute orientation. Notre nouveau président devrait s’appuyer sur des concepts profonds pour aboutir à une réforme parfaite.
Je voudrais m’adresser aujourd’hui à lui, et profiter de son anonymat pour dire ce que la femme libanaise a sur le cœur, en parlant de son état présent et de sa condition.
La guerre civile a modifié la femme libanaise. Ayant beaucoup souffert, elle a changé de visage et de caractère. Les Libanaises n’ont plus un profil...