Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Saddam était un homme affable, doux et... unique, affirme son ex-médecin

Saddam Hussein n’avait pas de sosie officiel contrairement à une idée répandue, affirme Alaa Bachir, ancien médecin personnel du dictateur irakien déchu, dans un entretien accordé lors de la sortie d’un livre dans lequel il évoque son patient le plus célèbre. « Personne ne m’a jamais approché pour opérer qui que ce soit afin d’en faire le double de Saddam Hussein. J’aurais pourtant été un choix évident. Je n’ai pas non plus rencontré qui que ce soit qui ait subi une telle opération », assure Alaa Bachir. Membre de l’équipe médicale de Saddam Hussein pendant 20 ans, le spécialiste de chirurgie esthétique démonte ainsi la thèse commune dans les pays occidentaux selon laquelle le despote irakien s’était entouré de plusieurs sosies pour compliquer sa capture. Âgé de 64 ans, M. Bachir affirme n’avoir jamais retouché les traits du président irakien, sauf après un accident de voiture intervenu en février 2001 au beau milieu de la guerre du Golfe. Appelé en 1983 auprès du raïs parce que celui-ci appréciait ses tableaux, M. Bachir, qui est aussi un artiste reconnu, est prudent lorsqu’il évoque son ancien patient. « Normalement, il est très gentil, très doux et très poli. Mais il est très dur avec ceux qui s’opposent à lui », dit-il, parlant toujours de lui au présent. L’Irak de Saddam Hussein méritait-il d’être placé dans l’« axe du mal » ? « Changer le régime était juste, mais la façon dont il a été changé ne l’était pas », répond-il, sans vouloir s’étendre. Bien qu’appartenant à un cercle de privilégiés, le chirurgien n’a pas été épargné par la violence du régime. Au début des années 80, trois de ses cousins germains, membres d’un parti religieux, ont ainsi été vraisemblablement exécutés. Plus récemment, un quatrième cousin, ancien baassiste devenu contestataire, lui aussi emprisonné et condamné à mort, n’a dû son salut qu’à la chute du régime. Pourquoi Alaa Bachir, qui avait prétendument l’oreille de Saddam, n’est-il pas intervenu pour le sauver ? « C’était la politique à l’époque », élude-t-il. Saddam était-il au courant de ce qui se passait dans ces murs ? « La cruauté des Américains est pire que Saddam. Peut-être que Saddam ne savait pas vraiment, tout comme Bush et Blair prétendent aujourd’hui ne pas savoir », répond M. Bachir. Plutôt clément vis-à-vis du despote déchu, M. Bachir a en revanche la dent dure contre son entourage : « Une des plus grosses erreurs (de Saddam) a été de s’entourer de personnes incompétentes et préoccupées par leur seul intérêt personnel. » Dans son ouvrage rédigé avec un journaliste norvégien et paru mercredi en Norvège, l’auteur décrit notamment comment Oudaï, le fils aîné du dictateur, a un jour tué un valet de chambre avec sa canne en ivoire parce qu’il était trop bruyant ou comment il a tiré gratuitement sur un garde du corps. « Sans raison. Il voulait juste jouer avec son pistolet. Je crois qu’il était fou », précise M. Bachir. Son livre, intitulé Le confident de Saddam, a été acheté dans une quinzaine de pays. Il devrait sortir en France en septembre sous le titre Le médecin de Saddam.
Saddam Hussein n’avait pas de sosie officiel contrairement à une idée répandue, affirme Alaa Bachir, ancien médecin personnel du dictateur irakien déchu, dans un entretien accordé lors de la sortie d’un livre dans lequel il évoque son patient le plus célèbre. « Personne ne m’a jamais approché pour opérer qui que ce soit afin d’en faire le double de Saddam Hussein. J’aurais pourtant été un choix évident. Je n’ai pas non plus rencontré qui que ce soit qui ait subi une telle opération », assure Alaa Bachir. Membre de l’équipe médicale de Saddam Hussein pendant 20 ans, le spécialiste de chirurgie esthétique démonte ainsi la thèse commune dans les pays occidentaux selon laquelle le despote irakien s’était entouré de plusieurs sosies pour compliquer sa capture. Âgé de 64 ans, M. Bachir affirme...