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Actualités - Opinion

Le travail des enfants: illusion ou réalité?

Le travail des enfants devient aujourd’hui, et de plus en plus, un mode dans un monde qui méconnaît toute forme de justice, un monde régi par le désordre, un monde qui accorde la priorité au pouvoir et aux intérêts matériels, un monde en ruine. Et le travail, légal ou illégal, légitime ou non, des enfants apporte la preuve de cette réalité amère. Des accords et des décrets ont été signés; des pactes approuvés; des déclarations adoptées, mais quel profit en a-t-on tiré? D’une manière ou d’une autre, toutes ces législations s’évaporent comme par magie et les enfants sont exploités sans pitié. Jadis, ils gambadaient, s’amusaient, riaient à longueur de journée, insouciants de tous les différends qui les entouraient, les joues roses et les cheveux ébourriffés, pleins de vie et de santé. Est-ce qu’on va se mettre à exploiter les enfants maintenant? Ah! mon Dieu! En est-on déjà arrivé à ce point-là? Sommes-nous donc si tyranniques? Nos enfants luttent, jour et nuit, pour survivre, sous le regard affamé des grands, affamé de gains, d’argent. Messieurs X et Y veulent jouir d’une fortune grandiose; ils aiment les palais, les festins; il leur convient de diriger des entreprises, de surcharger leurs comptes bancaires. C’est pour cela qu’il faut priver nos enfants de leur droit de vivre convenablement, de rigoler avec leurs camarades, de tricher aux examens, de manger à leur faim. Comment édifier un monde exemplaire si ses supports sont ces créatures maigres et chétives qui tremblent à la vue d’un adulte, de peur qu’il ne leur afflige une claque du revers de sa main? À l’époque où Jean de La Fontaine écrivit ses fameuses Fables, les paysans et travailleurs, classe inférieure de la société, étaient écrasés par une cour prestigieuse, subergés par un roi autoritaire et des courtisans caméléon. Aujourd’hui, alors que l’on se considère plus évolués, la situation est pire encore, elle décline de plus en plus: ce ne sont plus les paysans qui sont écrasés et physiquement à plat – Dieu merci–, mais leurs enfants qui, faibles, sans défense, subissent passivement, à tort et à travers, la folie des grands. Aveuglés par les apparences, par le soi-disant développement, nous nous taisons. Pourquoi? Rendons la liberté à nos enfants si maltraités; rendons-leur la vie! Sauvons ce monde en péril! Pourquoi se soumettre à cette dangereuse réalité? En gardant le silence, vous l’approuvez... Et cette attitude vous en rend complices à votre insu. Nous les voyons s’éteindre entre nos mains, ces êtres fragiles, meurtris par la fatigue, qui obéissent sans se plaindre, qui mendient une bouchée de pain. Tout noirs, recouverts de charbon, de sueur, ils travaillent. Matin ou soir, été ou hiver, ils travaillent. Et cette routine quotidienne fait déjà partie d’eux, de leur vie. Comment s’en débarrasser? Comment restituer à l’enfance son sourire, sa candeur, sa vitalité? Hélas! Seule, j’en suis pratiquement incapable. Je demande, j’implore votre aide, votre soutien. Il suffit de contempler leur face livide, leur regard hagard, leur silhouette plus fantôme que les morts, de deviner ce qui chemine dans cette tête si vide et si pleine en même temps, cette tête lourde portée par deux épaules. Et si la vue d’un tel spectacle ne rongerait pas vos os, ne torturerait pas votre cœur, ne susciterait pas votre indignation, permettez-moi alors d’organiser dès demain les funérailles de notre cher et regretté «monde». Quel malheur en effet que d’être enfant dans un tel monde! Avançons d’un pas, que la trace parfumée de nos empreintes marque à jamais notre chemin, notre voie, la voie de l’amour, du pardon, de la justice, du bonheur. Mes chers amis, dites non à l’exploitation des enfants et venez grossir les rangs de ceux qui ont dit non à la tyrannie des grands, non à l’injustice des hommes, non à l’enfance abusée. Diane HÉLOU 16 ans
Le travail des enfants devient aujourd’hui, et de plus en plus, un mode dans un monde qui méconnaît toute forme de justice, un monde régi par le désordre, un monde qui accorde la priorité au pouvoir et aux intérêts matériels, un monde en ruine. Et le travail, légal ou illégal, légitime ou non, des enfants apporte la preuve de cette réalité amère.
Des accords et des décrets ont été signés; des pactes approuvés; des déclarations adoptées, mais quel profit en a-t-on tiré? D’une manière ou d’une autre, toutes ces législations s’évaporent comme par magie et les enfants sont exploités sans pitié. Jadis, ils gambadaient, s’amusaient, riaient à longueur de journée, insouciants de tous les différends qui les entouraient, les joues roses et les cheveux ébourriffés, pleins de vie et de santé. Est-ce...