Sans regret (vraiment?)
Je suis Algérien de parents libanais, né à Alger, ayant vécu à Alger (aujourd’hui à Paris), avec un accent algérien.
Certains de mes amis me demandent si je me sens Algérien ou Libanais. Je réponds Algérien et fier de l’être ; je ne me sens pas Libanais, je ne connais pas le Liban et je n’ai pas envie d’y aller pour une raison simple : je ne suis pas Libanais, je suis Algérien !
Aujourd’hui, le gouvernement libanais demande aux Libanais expatriés de revenir au Liban ou de reprendre la nationalité, mais s’est-il demandé ce qui a poussé mes parents à quitter leur pays et à émigrer, à se construire une nouvelle vie ?
Le Liban n’a apporté à mes parents que la guerre civile et des problèmes économiques monstres. L’Algérie, par contre, leur a donné tout ce dont ils avaient besoin et qu’ils n’auraient jamais eu au Liban, c’est-à-dire : « el izza wal karama. »
Aujourd’hui, des millions de Libanais mènent une existence paisible, qu’ils soient en Afrique, en Amérique latine ou en Europe.
Pourquoi retourneraient-ils au Liban pour participer à la reconstruction d’un pays qui les a fait fuir, d’autant plus que pour beaucoup d’entre eux, il s’agit d’expatriés depuis des générations, qui ne connaissent du Liban que le nom.
J’espère que les expatriés comme mes parents ne feront pas la bêtise de retourner au pays et d’espérer que la vie y a changé et est devenue meilleure.Mohammed Adnane MAARAF
Derrière toute cette aigreur, n’y aurait-il pas un amour (aujourd’hui déçu) pour la mère patrie? À notre correspondant, nous disons que ce n’est pas le Liban qui a apporté aux Libanais la guerre ; il l’a subie comme tant d’autres de ses fils, et comme beaucoup de ceux-là, il cherche à retrouver un semblant de cette normalité qu’on lui a arrachée de force. Si vous jugez (à tort d’ailleurs) que la vie n’a pas changé, rendez-en responsables ceux qui ne veulent rien faire pour cela...Pourquoi en est-on encore là?...Le Liban connaît depuis quelque temps des tensions extrêmes qui menacent la paix fragile de ce beau pays si mal entouré. En effet, des attentats et des bombardements ont lieu dans le cœur de la capitale, la frontière est le théâtre d’accrochages sérieux entre le Hezbollah et les troupes israéliennes.
D’un autre côté, le chef du Hezbollah menace de dévoiler les noms d’hommes politiques et religieux qui, selon lui, couvriraient des agents du Mossad infiltrés sur le territoire libanais. Tous les ingrédients sont réunis pour que le Liban s’embrase.
Pouquoi, 15 ans après les accords de Taëf, en est-on encore là ? Il n’y a bien évidemment pas une seule réponse à cette question. Tout cela est le résultat de la conjugaison d’éléments divers et variés, liés aux tensions régionales, à cette culture confessionnelle ancrée dans les mœurs des Libanais, etc.
Si les Libanais finissaient par se considérer Libanais avant d’être chiite, maronite, druze, orthodoxe ou sunnite (et j’en passe), et qu’une identité nationale finissait par prendre le dessus sur cette culture confessionnelle, et bien je crois que les maux du Liban seraient en grande partie soulagés.
Comment y arriver? Là aussi, il faut du temps et surtout une réelle volonté politique, mais il faut avant tout que le Libanais lambda accepte d’affronter la réalité des choses (...).
Les principales ressources du Liban sont depuis des millénaires ses femmes et ses hommes, et eux seuls pourront faire en sorte que la sphère politique soit épurée de ces gens qui sont prêts à brader leur pays pour quelques dollars (...).Bilal THIBAULT
Aix-en-Provence, FRANCE
Tout me manque
Juste quelques mots, suite à la découverte de votre rubrique dans L’Orient-Le Jour. Une prochaine fois, c’est sûr, je prendrai mon temps...
Installée en France (Paris XVe) avec ma famille depuis octobre 89, je pensais qu’avec le temps et la proximité de la Seine, de la Tour Eiffel, le mal du pays serait moins intense et que, peu au peu, j’arriverais à m’en détacher. Rien n’y fait. Tout me manque: les saveurs, les couleurs, les odeurs, notre soleil, notre montagne et la vue imprenable sur Beyrouth, le soleil quand il se couche dans la mer, les plages en été, les restos et ce je ne sais quoi que je ne parviens jamais à retrouver nulle part ailleurs. J’oubliais: nos salles de cinéma sans files d’attente interminables et nos rues sans crottes de chien partout...
Ce je ne sais quoi fait de générosité et d’ hospitalité qui font tant défaut ici. Ce niveau d’instruction (chèrement payé mais exceptionnel) assuré par nos écoles malgré 17 ans de guerre. Cette manière d’aborder les choses les plus graves avec fatalisme. Non, je ne fais pas preuve d’optimisme béat ou d’aveuglement. Oui, je sais, la vie est dure (très dure) pour beaucoup au Liban. Et ceux qui nous gouvernent y contribuent largement. Mais ne nous leurrons pas, elle l’est ici aussi pour beaucoup, et c’est dans la solitude qu’on doit l’affronter : seul dans son petit appart, seul dans son immeuble, seul dans le métro ou le RER, seul dans une chambre d’hôpital, ou alors avec son chien! Triste à pleurer, triste à chier (pardon!) et parfois triste à mourir.
Merci à L’Orient-Le Jour de maintenir le link, pardon le lien, avec ce pays qu’on aime tant, pour tout, et malgré tout. Bonjour à toute l’équipe !Irène ASMARP.S.– Enfin, il fait beau sur Paris. Il n’a cessé de pleuvoir tout juillet !La TV libanaise en France
La petite Aurélie, en réclamant la télé libanaise sur le câble, faisait allusion aux chaînes câblées et non aux chaînes par satellite, comme le sont TPS ou Télé-Satellite qui sont accessibles par abonnement, comme d’ailleurs le câble.
J’ajouterai qu’on peut recevoir en France toutes les chaînes libanaises par satellite, sans nécessairement s’abonner à ces deux groupes par satellite ou par câble, simplement en achetant une parabole de un mètre de diamètre et un démodulateur, le tout payé en une seule fois et pas trop cher, alors qu’en payant tous les mois, les abonnements finissent par chiffrer.
Cela dit, quel régal ces chaînes libanaises, on se croirait au Liban l’espace d’une émission, le soir quand on rentre du boulot.
Mais nous trouvons aussi toujours l’occasion de rêver à notre cher pays d’enfance en nous réunissant entre Libanais aux fréquentes occasions que nous nous créons, ou encore en naviguant sur les innombrables sites Internet du Liban, en attendant impatiemment les deux ou trois semaines de vacances que nous passerons dans le pays de notre cœur.Aharon BOYADJIAN
Paris
Cette page, cette rubrique sont les vôtres. Car un journal, c’est aussi, c’est surtout des lecteurs, a fortiori quand il s’agit d’une page consacrée aux Libanais vivant hors de leur pays d’origine. Alors, écrivez-nous pour nous faire part de vos impressions, de vos souvenirs, de vos visions d’avenir. Ensemble, rétablissons ce lien, qui ne devrait jamais cesser d’être fort, entre la mère patrie et ses fils où qu’ils soient.
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