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France Les chercheurs en colère en appellent à Jacques Chirac

Les chercheurs français en colère en appellent au chef de l’État, Jacques Chirac, après la démission en masse de patrons de laboratoire pour obtenir les moyens qu’ils jugent essentiels pour éviter la fuite des cerveaux. Devant le refus du gouvernement de créer 550 postes de titulaires pour les jeunes, qui a provoqué une révolte sans précédent du monde de la recherche à la veille d’élections régionales les 21 et 28 mars, le collectif Sauvons la recherche s’est adressé hier à Jacques Chirac. Les chercheurs demandent dans une lettre au président, qui n’est pas encore intervenu sur ce sujet, de « donner l’impulsion nécessaire pour que, dès 2004, le gouvernement rétablisse les emplois supprimés ». L’ancien ministre de gauche de la Recherche, Roger-Gérard Schwarzenberg, a estimé hier que le président Chirac était la « dernière instance de recours ». « Nous sommes formateurs de chercheurs à titre onéreux et exportateurs de chercheurs à titre gratuit. Nous mettons nos meilleurs chercheurs au service des économies concurrentes », a-t-il déploré en parlant d’un « contresens économique ». Les jeunes chercheurs démarrent dans la recherche après 8 à 12 ans d’études avec des salaires de 1 400 à 1 700 euros. Nombreux sont ceux qui choisissent de partir à l’étranger, en particulier aux États-Unis, où les conditions offertes sont bien meilleures. Au lendemain de la démission administrative de près de 2 500 chefs de laboratoire, qui à terme risque de bloquer toute la recherche française, et à dix jours du scrutin régional, le gouvernement est embarrassé. Face à ce mouvement, qui bénéficie d’un très large soutien de l’opinion publique (82 % selon un sondage), il a adopté le ton de la conciliation et proposé le dialogue. La ministre déléguée à la Recherche, Claudie Haigneré, a annoncé une rencontre avec le collectif Sauvons la recherche, qui a recueilli 65 000 signatures sur une pétition exigeant des moyens contre « l’asphyxie » du secteur. Une médiation a été entreprise par le président et vice-président de l’Académie des sciences, les professeurs Étienne-Émile Baulieu et Édouard Brézin. Ils ont mis sur pied mardi soir un comité national pour la recherche scientifique où sont représentés les chercheurs en révolte. Sa mission est d’apporter d’ici à juillet une contribution à une future loi d’orientation et de programmation de la recherche publique que le gouvernement a promis de présenter en septembre. D’ores et déjà, le débat est lancé. En attendant les résultats de ces travaux, les chercheurs maintiennent la pression pour faire céder le gouvernement. Ils annoncent de nouvelles actions dont une manifestation nationale le 19 mars, deux jours avant le scrutin régional, à laquelle seront conviés « tous les citoyens ».

Les chercheurs français en colère en appellent au chef de l’État, Jacques Chirac, après la démission en masse de patrons de laboratoire pour obtenir les moyens qu’ils jugent essentiels pour éviter la fuite des cerveaux.
Devant le refus du gouvernement de créer 550 postes de titulaires pour les jeunes, qui a provoqué une révolte sans précédent du monde de la recherche à la veille d’élections régionales les 21 et 28 mars, le collectif Sauvons la recherche s’est adressé hier à Jacques Chirac. Les chercheurs demandent dans une lettre au président, qui n’est pas encore intervenu sur ce sujet, de « donner l’impulsion nécessaire pour que, dès 2004, le gouvernement rétablisse les emplois supprimés ».
L’ancien ministre de gauche de la Recherche, Roger-Gérard Schwarzenberg, a estimé hier que le président...