Il y a un certain temps que je me pose cette question : pourquoi ne peut-on pas raconter la guerre libanaise sans être influencé par une quelconque idéologie ou par certains préjugés – en l’occurrence familiaux – et présupposés politiques ?
Cette question, demeurée sans réponse, est devenue une sorte de problème chronique, surtout pour mes contemporains et moi-même, qui sommes nés à l’aube de la fin de la guerre sans pour autant être dispensés de ce fameux héritage de haine et de mensonges qu’on se plaît à cultiver dans nos esprits dès notre éveil au monde, « céréale » aussi indispensable que le lait maternel. Nous avons recherché des réponses, mais nous nous sommes heurtés à des versions si différentes, voire paradoxales, qui prétendaient être la vraie vérité. De version en version, et d’échec en échec, sans oublier la déception à chaque fois que s’estompait l’espoir, comme si le sort de la vérité est toujours d’être vaincue, je me suis trouvée face à une nouvelle histoire que Labyrinth tente de relater. La conclusion est poignante et me révèle encore une fois que la vérité est vouée à l’éternel camouflage. Triste sort que le mien et celui de tous les jeunes qui veulent percer le secret.
En fait, le film n’aborde qu’une maigre partie de la vérité et flatte la tendance à la haine et au fanatisme chez tous les Libanais, en particulier chez nous, les jeunes.
On n’a jamais su percevoir la réalité par crainte de voir nos « crimes », qui se transmettent de génération en génération, ce qui confirme que la guerre est éternelle entre nous. Ainsi, nous ne pouvons reprocher à un étranger, un Anglais par exemple, qui analyse la situation à sa façon de la déguiser, lui qui n’a jamais connu la condition de vaincu.
Finalement, il reste qu’à force de déguiser la vérité, on a fini par la tuer.
Pascale ASMAR
Il y a un certain temps que je me pose cette question : pourquoi ne peut-on pas raconter la guerre libanaise sans être influencé par une quelconque idéologie ou par certains préjugés – en l’occurrence familiaux – et présupposés politiques ?
Cette question, demeurée sans réponse, est devenue une sorte de problème chronique, surtout pour mes contemporains et moi-même, qui sommes nés à l’aube de la fin de la guerre sans pour autant être dispensés de ce fameux héritage de haine et de mensonges qu’on se plaît à cultiver dans nos esprits dès notre éveil au monde, « céréale » aussi indispensable que le lait maternel. Nous avons recherché des réponses, mais nous nous sommes heurtés à des versions si différentes, voire paradoxales, qui prétendaient être la vraie vérité. De version en version, et...
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