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Actualités - Chronologie

Une guérilla plurielle et en évolution continue

Les récents enlèvements, attentats et assassinats en Irak donnent l’image d’une guérilla plurielle et en évolution, marquée par l’émergence de nouveaux groupes, estiment des analystes. « Il y a plusieurs résistances, et même ce qu’on appelle la résistance nationale (ex-militaires ou baassistes) est divisée en plusieurs groupes », note Wamid Omar Nazmi, professeur de sciences politiques à l’Université de Bagdad. « Beaucoup de gens étaient obligés de signer au parti Baas (du président déchu Saddam Hussein) et sont ensuite devenus islamistes, d’autres se qualifient de patriotes », précise M. Nazmi, pour expliquer la complexité de la scène irakienne. La plupart des attentats touchent les forces américaines ou des postes de police locaux, dans l’intention évidente de dissuader les Irakiens de collaborer avec l’occupant, mais d’autres visant des civils innocents irakiens sont presque « illisibles », sauf à penser qu’il s’agit d’« erreurs », notent les analystes. De même, si les enlèvements d’étrangers, dont les pays participent à la coalition, visent à les forcer à quitter l’Irak, le but de celui, annoncé mercredi, de sept personnes venant de pays qui n’ont pas de troupes sur place (Kenya, Inde, Égypte) est moins clair. Les kidnappeurs qui disent appartenir à un groupe nommé les « Drapeaux noirs » ont demandé le retrait de l’entreprise koweïtienne qui emploie ces sept chauffeurs routiers. Mais, notent M. Nazmi et un autre analyste, Hasni Abidi, on évoque de plus en plus souvent l’implication de « mafias », associées ou non à la guérilla, et qui, en contribuant au chaos, ne peuvent que servir les partisans du désordre. Le groupe des « Drapeaux noirs » est inconnu, de même que « Les lions d’Allah » qui ont enlevé un diplomate égyptien. Ce qui fait dire à l’analyste égyptien Dia Rachouane, spécialiste des mouvements islamistes, qu’on assiste actuellement à un phénomène « d’imitation et de multiplication des groupes rebelles », qui a selon lui été amplifié par le succès des ravisseurs dans l’affaire de l’otage philippin. « Il y a des dizaines de groupes et mouvements, de toutes les couleurs politiques, nationalistes, baassistes, islamistes, sunnites, chiites, et il est impossible de parler d’une stratégie unique, même s’il y a souvent des cibles communes », ajoute M. Rachouane. Avis partagé par M. Abidi, pour qui « la guérilla est plurielle, avec même certains groupes qui s’affrontent ». « Il ne faut pas perdre de vue que l’objectif du voisin iranien, et de ses relais en Irak (certains groupes et mouvements chiites), n’est pas forcément le même que celui du Baas, ennemi de toujours des Iraniens », ajoute cet analyste d’origine algérienne. « Les partis et les groupes armés sont en pleine recomposition, car ils seront les interlocuteurs de choix de l’Irak de demain », note M. Abidi, directeur à Genève du CERMAM (Centre d’études et de recherches sur le monde arabe et méditerranéen). Pour lui, une des « grandes alliances possibles est celle des militaires et baassistes de l’ancien régime avec les nouveaux islamistes : salafistes et jihadistes ».
Les récents enlèvements, attentats et assassinats en Irak donnent l’image d’une guérilla plurielle et en évolution, marquée par l’émergence de nouveaux groupes, estiment des analystes. « Il y a plusieurs résistances, et même ce qu’on appelle la résistance nationale (ex-militaires ou baassistes) est divisée en plusieurs groupes », note Wamid Omar Nazmi, professeur de sciences politiques à l’Université de Bagdad. « Beaucoup de gens étaient obligés de signer au parti Baas (du président déchu Saddam Hussein) et sont ensuite devenus islamistes, d’autres se qualifient de patriotes », précise M. Nazmi, pour expliquer la complexité de la scène irakienne.
La plupart des attentats touchent les forces américaines ou des postes de police locaux, dans l’intention évidente de dissuader les Irakiens de collaborer...