Brahim Asloum misera sur sa vivacité pour conserver son titre de champion d’Europe des poids mouche, ce soir à Levallois-Perret face à l’Espagnol Ivan Pozo, un coriace adversaire qui possède une inquiétante réputation de rentre-dedans.
Mais le Berjallien est d’attaque pour la bagarre dans une salle où, le 14 novembre, il avait, pour la première fois, recueilli des applaudissements nourris en raison d’une courageuse production dans le sang (16 micro-points de suture à l’arcade et à la paupière).
La nationalité de Pozo, n° 6 européen, n’est d’ailleurs pas pour déplaire au protégé de Louis Acariès. La carrière du blond isérois n’a, en fait, jamais cessé d’être placée sous le signe de l’Espagne, tant lors du sacre olympique à Sydney (Rafael Lozano) qu’à l’occasion de la déclaration d’amour de l’automne (Lopez Bueno).
Face au pugiliste ibérique, Brahim Asloum (25 ans) rêve donc de nouvelles acclamations après avoir longtemps souffert d’un déficit de popularité depuis ses débuts professionnels, le 29 janvier 2001 au Palais des sports de Paris.
Invaincu en 14 combats auréolés de six victoires avant la limite, le proche de Jean-Luc Delarue va trouver sur sa route un homme de huit mois son cadet ayant déjà une solide carte de visite : 17 succès (dont 9 par KO) pour deux nuls et une défaite.
Une blessure à la main de Lozano, challengeur préalablement prévu, a un temps contrarié les plans du champion, dans l’obligation de passer d’un gaucher à un droitier, et d’un farfadet des rings à un gaillard (1,64 m) sensiblement de sa taille (1,65 m).
« Mais, lui ou un autre, c’est pareil car j’ai mis toutes les chances de mon côté dans ma préparation, tranche Brahim Asloum. Je m’attends cependant à un combat dur, face à un mec sûr de sa force physique, qui avance en permanence. Je redoublerai donc de vigilance. »
Le Parisien d’adoption songe même au pire durant les quatre premières des douze reprises. « Je vais devoir contenir son travail de sape, estime-t-il. Après, je pourrai vraiment le boxer avec mes qualités : allonge, frappe et rapidité. »
Brahim Asloum compte d’autant plus sur cette panoplie qu’il a noté un détail d’importance chez son rival. « Il est lent, et cela me rassure », explique-t-il dans un grand éclat de rire.
Ainsi, ce choc devrait constituer l’avant-dernière sortie du lauréat des JO 2000 avant son championnat du monde que Michel Acariès prévoit le 8 novembre prochain à Bercy, lors de la « grand-messe de la boxe « (selon le mot de l’organisateur), « la plus importante soirée jamais montée en Europe avec trois, quatre ou cinq championnats du monde ». Un ultime rendez-vous avant cette suprême échéance sera programmé le 10 juillet dans le Sud-Est hexagonal.
Cela passe bien sûr par une victoire dans l’enceinte Marcel-Cerdan, un scénario que le clan Acariès évoque sans crainte. « Brahim est prêt. Il s’est aguerri, note Louis. Ça roule pour lui. »
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