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Actualités - Opinion

Une opération qui suscite de nombreuses interrogations

L’opération sanglante menée mardi soir à Damas par un commando, dont l’affiliation n’avait toujours pas été précisée, hier, suscite de nombreuses interrogations quant à l’appartenance des commanditaires de l’attaque, à leur objectif et au choix des cibles. « Quel intérêt peut-il y avoir pour un groupe terroriste d’attaquer un immeuble abandonné alors que des ambassades à proximité peuvent être des cibles relativement faciles ? » s’interrogeait ainsi hier une source diplomatique en poste à Damas citée par l’AFP. À Beyrouth, Joseph Bahout, professeur de sciences politiques à l’Université Saint-Joseph, ne cachait pas non plus sa perplexité. « Plusieurs pistes peuvent éventuellement être envisagées dont aucune n’est réellement satisfaisante », déclarait-il hier. « On peut évoquer la piste terroriste islamiste (comme l’a fait l’ambassadeur syrien à Washington), mais el-Qaëda n’a jamais émis de menace particulière contre la Syrie ». Au contraire, Damas est régulièrement accusé, notamment par les autorités américaines, de se montrer plutôt conciliant avec les « combattants étrangers » qu’il laisserait s’infiltrer en Irak. En ce qui concerne la piste kurde, M. Bahout se montre également sceptique. En mars, de violents affrontements avaient opposé dans le nord-est de la Syrie des Kurdes aux populations arabes alliées aux forces de l’ordre. « Je ne pense pas néanmoins que les Kurdes aient intérêt à mener ce genre d’action terroriste. Au contraire, commettre un attentat serait tout à fait contre-productif pour les populations kurdes. Et ce d’autant plus que ce groupe privilégie plutôt, jusqu’à présent, la carte des droits de l’homme pour défendre ses revendications. » L’attaque de mardi soir intervient en outre 24 heures après les révélations des autorités jordaniennes sur un attentat chimique de grande ampleur qui aurait été déjoué à Amman. Or, un Syrien figure parmi les six membres du réseau arrêtés. Le chef du groupe, un Jordanien d’origine palestinienne, a en outre affirmé, dans un reportage filmé par les services de sécurité jordaniens diffusé lundi soir, que le réseau avait reçu l’aide de plusieurs Syriens affiliés à el-Qaëda. Les autorités jordaniennes ont néanmoins souligné à maintes reprises que le gouvernement syrien n’était pas impliqué dans ces projets d’attentats. Autre source d’interrogation, comme le soulignaient hier des diplomates ayant gardé l’anonymat et cités par l’AFP, la célérité avec laquelle les autorités syriennes ont annoncé avoir découvert une cache d’armes et d’explosifs appartenant au « groupe terroriste » au sud de Damas. La gestion médiatique des attaques, dont la rétractation de l’agence d’information officielle Sana en milieu de soirée mardi, soulève également un certain nombre de questions. Quoi qu’il en soit, M. Bahout estime que ces attentats devraient avoir deux conséquences. « Il faut s’attendre à un durcissement sécuritaire syrien. Durcissement qui aura des répercussions sur le Liban. » Hier, les autorités syriennes ont d’ailleurs annoncé un renforcement des mesures de sécurité dans la capitale. M. Bahout estime en outre que les événements de mardi soir pourraient avoir des répercussions sur les relations syro-américaines. Des relations tendues depuis le déclenchement de la guerre en Irak. « Un durcissement syrien face aux groupes terroristes sert finalement les intérêts américains. Et on peut envisager une coopération accrue entre Damas et Washington en la matière. » Des sources préférant garder l’anonymat soulignaient d’ailleurs hier que Damas pourra tirer profit de l’attentat pour se poser en victime du terrorisme alors que les États-Unis l’accusent de le promouvoir. Dès mardi soir, l’ambassadeur syrien à Washington, Imad Moustapha, ne déclarait-il pas sur CNN : « Nous faisons ce que nous pouvons contre le réseau el-Qaëda. (Les États-Unis et nous) partageons le même ennemi. » Émilie SUEUR
L’opération sanglante menée mardi soir à Damas par un commando, dont l’affiliation n’avait toujours pas été précisée, hier, suscite de nombreuses interrogations quant à l’appartenance des commanditaires de l’attaque, à leur objectif et au choix des cibles. « Quel intérêt peut-il y avoir pour un groupe terroriste d’attaquer un immeuble abandonné alors que des ambassades à proximité peuvent être des cibles relativement faciles ? » s’interrogeait ainsi hier une source diplomatique en poste à Damas citée par l’AFP.
À Beyrouth, Joseph Bahout, professeur de sciences politiques à l’Université Saint-Joseph, ne cachait pas non plus sa perplexité. « Plusieurs pistes peuvent éventuellement être envisagées dont aucune n’est réellement satisfaisante », déclarait-il hier.
« On peut évoquer la piste...