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Actualités - Chronologie

Roberto Baggio : salut l’artiste

Quinze ans après sa première sélection et cinq ans après la dernière, l’atypique Roberto Baggio fera ses adieux (en principe) à la Squadra azzurra, demain à Gênes, lors d’un match contre l’Espagne, préparatoire à l’Euro 2004. Giovanni Trapattoni a ainsi voulu rendre hommage à un des derniers artistes du calcio en lui offrant une sortie de seigneur, histoire de lui faire oublier sa non-sélection pour le Mondial 2002 qui avait fait couler beaucoup d’encre. Car Baggio, originaire de Caldogno, petite localité des environs de Vicence en Vénétie, est un artiste, mais surtout un marginal du football de haut niveau. Joueur d’instinct, compensant un gabarit moyen (1,74 m, 73 kg) par une incomparable technique individuelle et une intelligence de jeu peu commune, Baggio a fait toute sa carrière en Italie, de Lanerossi Vicenza, le club de ses débuts en 1982 en 3e division (serie C1), jusqu’à Brescia, son dernier club cette saison. Mais depuis ses débuts en première division, le 21 septembre 1986 avec la Fiorentina contre la Sampdoria (2-0), il a fait se lever des dizaines de milliers de tifosi tombés sous le charme de ce meneur buteur difficile à cataloguer qui a quand même inscrit 204 buts en série A. « Baggio, ce n’est pas un numéro 9, mais pas un numéro 10 non plus. C’est un 9 et demi », avait souligné Michel Platini en parlant des débuts de son successeur aux manettes de la Juventus Turin. Vieux démons Après quatre saisons à Florence, alors au faîte de sa gloire, il avait en effet signé à la Juventus Turin (1990-95) pour 11,3 millions d’euros, un record à l’époque. Milan AC (1995-97), Bologne (1997-98), l’Inter Milan (1998-2000) avaient ensuite accueilli l’homme à la boucle d’oreille et à la queue de cheval. « Ma carrière a été gâchée par de nombreuses blessures au genou droit qui affectent ma course. À mon âge, c’est difficile à surmonter. À moins d’un changement improbable, je ne crois pas que je reviendrai sur ma décision (d’arrêter le football à la fin de la saison). La retraite me coûte, mais dans la vie, il faut savoir dire “Assez, c’est assez” », annonçait Baggio il y a quelques semaines. Mais depuis l’annonce de cette sélection qu’il ne considère pas comme un jubilé et malgré ses douleurs récurrentes, son œil brille à nouveau d’une passion toujours aussi vive. « Il a réussi des superbes buts cette saison. Quelque chose peut éventuellement naître de cette sélection. On ne peut pas exclure une participation pour l’Euro. Je le lui souhaite de tout mon cœur », a estimé Franz Beckenbauer en apprenant le choix de Trapattoni. « Je n’en sais rien. C’est à Trapattoni de décider », répond Baggio en esquissant un sourire, prenant bien soin de laisser la porte entrebâillée. Il est vrai qu’il a une revanche à prendre avec l’équipe nationale avec qui il a fait ses débuts le 26 novembre 1988 contre les Pays-Bas (1-0). Auteur de 27 buts en 55 sélections, Baggio a participé à trois Coupes du monde (1990, 1994, 1998), à chaque fois éliminé aux tirs au but, dont celui qu’il avait raté lors de la finale contre le Brésil (0-0) à Pasadena (États-Unis) en 1994. « Nous nous sommes retrouvés tous en pleurs dans les vestiaires en pestant contre le destin », se souvient encore Franco Baresi, un autre monument du football italien. Et s’il y a un penalty contre l’Espagne, demain, Baggio se présentera au point des onze mètres, histoire de chasser ces vieux démons.
Quinze ans après sa première sélection et cinq ans après la dernière, l’atypique Roberto Baggio fera ses adieux (en principe) à la Squadra azzurra, demain à Gênes, lors d’un match contre l’Espagne, préparatoire à l’Euro 2004.
Giovanni Trapattoni a ainsi voulu rendre hommage à un des derniers artistes du calcio en lui offrant une sortie de seigneur, histoire de lui faire oublier sa non-sélection pour le Mondial 2002 qui avait fait couler beaucoup d’encre.
Car Baggio, originaire de Caldogno, petite localité des environs de Vicence en Vénétie, est un artiste, mais surtout un marginal du football de haut niveau.
Joueur d’instinct, compensant un gabarit moyen (1,74 m, 73 kg) par une incomparable technique individuelle et une intelligence de jeu peu commune, Baggio a fait toute sa carrière en Italie, de Lanerossi...