Une lettre de San Pedro, Argentine
L’Association libanaise de San Pedro (Argentine) est constituée, comme son nom l’indique, de Libanais d’origine. Ses membres œuvrent à faire connaître l’histoire et les coutumes du pays du cèdre. Mmes Estela Oliveros Hadchiti, présidente, et Sara Ferrara Soka, secrétaire, font savoir aux lecteurs de L’Orient-Le Jour qui le désirent qu’ils peuvent leur faire parvenir toute correspondance sur le Liban, l’émigration, etc. à l’adresse suivante :
Secrétariat – Conseil national de l’Union culturelle argentino-libanaise
Tél. : 03329/420751/15551010
Ayacucho 855 – San Pedro (2 930)
Province de Buenos Aires (République argentine)
E-mail : esolihadchiti@arnet.cm.ar
Esolihadchiti@hotmail.cm
Je suis un fidèle lecteur de L’Orient-Le Jour.
Je trouve la démarche « Retour aux sources » de M. Michel Eddé plus que positive, nécessaire.
Je suis moi-même français mais d’origine libanaise (par ma grand-mère, Isabelle Haddad, qui était maronite). Il y a 4 ans, j’ai découvert le Liban et renoué des liens très forts avec ma famille. Quelle émotion, par exemple, lorsque j’ai découvert l’église où se sont mariés mes grands-parents dans les années 30 à Beyrouth (église des pères capucins).
Depuis lors, il ne se passe pas un jour sans que je pense à eux, et je « retourne aux sources » avec ma petite famille chaque année. Au fil des années, j’ai eu un besoin viscéral de découvrir mes racines. Aujourd’hui, à 36 ans, j’apprends l’arabe (pas facile !) et tente de faire partager à mes enfants ce qui est devenu pour moi capital : mes « origines » (Cf. le dernier ouvrage d’Amin Maalouf).
Et je caresse le rêve de pouvoir finir mes jours sur la plus belle terre du monde : Loubnan.
Eric BRUGGEMAN/HADDAD
Je suis un Français par filiation, libanais de naissance et dans l’âme, mais malheureusement pas officiellement. Je dis « malheureusement » du confort de mon bureau à Amsterdam, mais il fut un temps où, à Beyrouth, je fustigeais ce peuple qui détruisait avec un acharnement imbécile le pays où je suis né. Et pour rien au monde je n’en aurais voulu de ce passeport de république bananière. En faisant ma revue de presse sur Internet chaque matin, c’est par votre site Web que je m’informe des dernières magouilles d’un gouvernement que je ne peux comparer finalement qu’à celui de Vichy en 41 dans le fond. Excusez mon sarcasme mais je ne peux m’empêcher d’éprouver du mépris pour la classe politique libanaise, et de l’amertume face à l’incapacité du peuple libanais à sortir de son carcan tribal, vice qui tue l’idée de nation libanaise.
Malgré tout cela, j’aime profondément le Liban et sa culture et je rêve d’y retourner un jour pour y vivre, mais l’état actuel du Moyen-Orient en général me détourne de cette idée.
L’espoir perdure, grâce, entre autres, à votre journal qui ne mâche pas ses mots.
Je vous remercie sincèrement et sachez que vous êtes le journal qui m’a fait découvrir la presse, puisque je vous lis depuis que j’ai huit ans.
Jean-Jacques MOLLO
Souvent, il m’arrive de fredonner l’hymne national, quand je marche dans la rue ou que je m’attèle aux tâches de la vie quotidienne. L’espace de quelques instants, je m’évade, je suis de retour au Liban qui me manque tant.
J’ai quitté mon pays dans le but d’avoir accès à une meilleure éducation et à des opportunités qui n’y existent pas. Quelle que soit la raison, chaque Libanais qui prend la pénible décision de se séparer de sa terre natale le fait dans l’espoir d’améliorer sa situation et celle de ses proches.
J’envie ceux qui sont chez eux et qui n’auront jamais à faire ce choix involontairement. Et je voudrais que le Liban devienne ce « chez moi » où mes compatriotes, mes proches et moi-même avons tous la possibilité de rester dans notre pays en ayant accès à tout ce qu’aujourd’hui, on recherche à l’étranger. Je suis confiant de pouvoir rentrer un jour, et contribuer à (re)faire du Liban une terre prospère et accueillante pour les siens, une terre de bonheur.
J’aimerais rentrer chez moi. Mais ce n’est pas pour tout de suite. Ni même pour bientôt, je crois.
En attendant, je continuerais à fredonner le « Koullouna... »
Souheil T.
Montréal – Canada
C’est la dernière fois, promis, juré, que j’écrirai sur la présidentielle. J’ai l’impression, et je pense que je ne suis pas le seul, que tout le monde tourne en rond. C’est du bavardage inutile et nuisible. Tout le monde sait que tout dépend de l’avenir de la région, du renouvellement du mandat de Bush, du procès de Saddam Hussein, des relations entre la Chine et le Japon, de l’âge du capitaine, donc de la boule de cristal et, pour les croyants que nous sommes, de la volonté divine, mais pas de nous, et encore moins de nos opinions.
Toutes ces répétitions et ces rabâchages me rappellent « l’histoire de la cruche d’huile, connaissez-vous l’histoire de la cruche d’huile ?... »
Que les vieux qui la connaissent la racontent et la répètent aux jeunes qui ne la connaissent pas, et qu’on arrête de rabâcher un sujet, pour ou contre la reconduction, car il a été étudié sous tous ses angles, et nous connaissons par cœur les opinions des uns et des autres.
Nos dirigeants et nos médias ne pourraient-ils pas plutôt discuter du sexe des anges et nous laisser passer l’été en paix ?
Tiens, en parlant de l’été, j’aurais bien voulu le passer au Liban et faire profiter mes concitoyens de ma précieuse présence. Mais le billet Paris-Beyrouth est trop cher, beaucoup plus cher que Paris-Damas, Paris-Le Caire ou Paris-Amman, pour ne parler que de nos voisins arabes. N’est-ce pas un sujet qui intéresse beaucoup plus le Libanais moyen ? Malheureusement, personne n’en parle, encore moins ne cherche à lui trouver une solution.
Roger AKL
Voilà où nous en sommes à cause de l’incurie, devenue professionnelle, de nos dirigeants et du manque de civisme de notre peuple.
Je travaille en Arabie saoudite depuis pas mal de temps, ce pays que tout le monde critique, sans souvent savoir ce qui s’y passe.
Le réseau routier, l’eau, tous les services y sont dignes ou parfois meilleurs que dans de nombreux pays qui se targuent d’être à la pointe du progrès.
Entre autres sujets, le téléphone mobile et les cartes prépayées. En Arabie, ces cartes sont gratuites, oui, gratuites, mais pour les obtenir il faut fournir une pièce d’identité ou un permis de séjour. Et au maximum, vous pouvez en avoir deux. Si vous en voulez plus, il faut expliquer le pourquoi et fournir les pièces justificatives.
Voilà qui mettrait fin à une anarchie qui se répète au début de chaque été chez nous. Mais bien sûr, pas un responsable n’y a pensé, car nous Libanais, nous sommes les meilleurs et nous l’avons tellement répété que le ciel nous est tombé sur la tête.
Et qu’après plus d’une décennie, avec notre génie de l’arnaque, du vol, de la malhonnêteté en général, nous en sommes encore à chercher des solutions à nos maux sans en trouver.
Peut-être que le ciel en a marre de nous aider... Tout est la faute aux autres et jamais à nous...
Dimitri HABIS
Al-Khobar, Arabie saoudite
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