Encore le service militaire
Ne demandez pas pourquoi il y a beaucoup d’émigrés et pourquoi leur nombre augmente mois après mois.
Je suis une Libanaise, mère de deux garçons. Malheureusement, mes enfants, comme la plupart des Libanais, ne veulent pas entendre parler du service militaire. À leur avis, c’est une perte de temps.
Alors l’aîné est parti en Arabie saoudite, là où des troubles se produisent. Le second le suit dans un mois. Ils vont passer là-bas 5 ans, comme la loi le dit, pour qu’ils soient exemptés du service militaire. Nos gouvernants devraient comprendre que le pays perd de jour en jour ses enfants.
Une mère libanaise
Sauver le patrimoine
En passant par une petite ruelle juxtaposant le palais Bustros, à Achrafieh, vous serez choqués de voir ce palais devenu sans persiennes. Et si il en reste quelques-unes, c’est la couleur qui diffère d’une façade à l’autre. Et avec un jardin atrophié et le délabrement de cet édifice, M. Bustros ne tardera pas a ressusciter en regrettant l’heure maudite de son généreux don à l’État.
Car au départ, cette famille, par souci de la sauvegarde du patrimoine, a offert le domaine pour marquer cette page de l’histoire du Liban où l’orthodoxie a joué un rôle important pour l’indépendance du Liban. Que sont devenus aujourd’hui ces arbres pleureurs et l’ancien style architectural libanais ? Sans oublier le sort des meubles de collection... De grâce, sauvez notre patrimoine !
Antoine SABBAGHA
L’unique remède...
J’adore lire votre journal tous les jours et je vous encourage à continuer sur la voie de la presse libre, mission presque impossible dans nos pays dits « démocratiques ».
Malheureusement, depuis que j’ai quitté le Liban, il y a dix ans, je trouve que rien n’a changé : les mêmes politiciens qui ont fait le malheur et la destruction de ce beau pays sont toujours au pouvoir.
Parler ne sert plus à rien : nos héros sont morts, exilés ou emprisonnés. Le seul remède que je vois serait une révolution islamo-chrétienne sur le modèle français qui irait balayer toute cette caste de corrompus, qui tient et étouffe l’avenir de plusieurs générations de jeunes à qui on a tout enlevé.
Que Dieu seul vienne en aide au peuple libanais opprimé.
Mansour ASWAD
La clairvoyance d’un inconnu
Je suis en admiration devant la personne courageuse et clairvoyante qui a pu épargner à Jnah une catastrophe en bloquant la circulation de l’autoroute pour que l’avion Cessna 172 en panne puisse atterrir en toute sécurité.
Son sens de l’observation lui a permis de noter le dysfonctionnement de l’avion et de comprendre que le pilote devait urgemment atterrir.
Sa présence d’esprit et cette idée ingénieuse de bloquer la route, la transformant en piste d’atterrissage, sont remarquables. Je l’imagine courant dans tous les sens, stoppant les véhicules et priant les chauffeurs et les chauffards de se résigner, malgré leur obstination à poursuivre leur chemin.
Cet inconnu, nul n’a pris la peine de révéler son nom, de le féliciter et surtout de le récompenser. Pourtant, il est bel et bien l’auteur d’un acte éminemment citoyen, et c’est grâce à lui que des vies furent sauvées.
Andrée SALIBI
Cris d’alarme et appel au secours
Qu’est-ce qui préoccupe les Libanais, les jeunes autant que leurs parents ? Le service militaire. À ce propos, une mère lance un véritable cri d’alarme, écrivant : « Le pays perd de jour en jour ses enfants. » Inquiétant. Inquiétant aussi, mais à un degré moindre : l’état de délabrement dans lequel se trouvent certaines ailes du palais Bustros, qui abrite les divers départements du ministère des Affaires étrangères et dont la famille a fait don à l’État libanais.
D’où cet autre cri d’alarme d’un lecteur : « Sauvez notre patrimoine ! » La Défense civile mise en cause, qui l’aurait dit ? Et pour une affaire de porte bloquée...
Ce qui porte notre correspondant à s’en prendre aux responsables d’un organisme accusé d’avoir refusé de répondre à son appel au secours. Un serrurier aurait pu dépanner la famille coincée. Seulement voilà : il ne s’agissait pas d’un jour comme les autres, mais d’un dimanche d’élections municipales à Beyrouth, alors que toute la République était mobilisée pour assurer le bon déroulement du scrutin.
Changement de tableau : l’affaire Masri inspire à un fidèle lecteur une réflexion quelque peu désabusée, qu’il nous livre en forme d’interrogation : l’arrestation d’un homme présenté comme étant un « baron de la drogue » aurait-elle été étrangère à la publication dans nos colonnes, quelque temps auparavant, d’une série d’articles sur les ravages causés par les stupéfiants parmi les jeunes ?
Porte fermée et défoncée
Un dimanche d’élections municipales à Beyrouth. Mobilisation générale, FSI, armée, Défense civile, Croix-Rouge et toute une panoplie d’organisations humanitaires, sécuritaires se mobilisent. Rien ne va plus, le sort de Beyrouth tout entier est lié à ce jour. À lire les journaux et écouter les nouvelles télévisées, on s’imaginerait dans un pays supercivilisé, dont le sens civique est inné chez le citoyen. (Citoyens, allez voter...)
Ce même jour, bien installé chez moi, je suis cette mascarade sur le petit écran tout en zappant sur les autres chaînes. Vers 16h, la porte sonne et la voisine affolée entre, me demandant de bien vouloir l’aider à ouvrir la porte de son appartement (la clé étant coincée à l’intérieur). Sitôt dit, sitôt fait. J’essaie par tous les moyens civiques et honnêtes de forcer cette porte sans la démolir, mais en vain.
Eurêka, la Défense civile (...)
La réponse de la DC au correspondant qui appelle au secours :
– « Y a-t-il quelqu’un à l’intérieur qui pourrait nous ouvrir ?
– « Mais voilà : l’appartement est vide et la porte est bloquée de l’intérieur.
– « Y a-t-il des bijoux de valeur, un bébé qui pleure, quelqu’un de bloqué à l’intérieur ?
– « Monsieur, je vous répète, l’appartement est vide, et ses occupants sont bloqués à l’extérieur !!
– « Écoutez monsieur, nous sommes dimanche. Il y a les élections municipales à Beyrouth, tout le monde est mobilisé et toutes les équipes sont en alerte. Nous n’avons personne pour vous aider, nous vous conseillons de l’ouvrir par vos propres moyens.
– « Mais monsieur, c’est votre boulot et le seul moyen est, soit de nous aider, soit de défoncer la porte, chose que je peux faire moi-même.
– « Eh bien désolé, défoncez la porte et réparez-la ensuite, nous somme désolés. Si votre cas était plus urgent, nous aurions peut être pu faire quelque chose, mais pour une porte coincée, nous sommes désolés. »
Fin de la conversation, et je défonce la porte...
Fouad A. SALHA
Troublante coïncidence
Dans votre édition datée du mercredi 30 juin 2004, un titre m’interpelle : « Abou Ali Sadek el-Masri faisait l’objet de 1 259 mandats d’arrêt – Murr annonce l’arrestation du “baron de la drogue” au Liban ». Or, je n’ai pu m’empêcher de remarquer que la semaine précédente, au moins deux articles étaient consacrés aux ravages dévastateurs de la drogue dans les rangs de la jeunesse libanaise – ravages dont j’ai pu constater les effets il y a de cela deux ans – avant que je n’émigre pour mes études. Il était d’ailleurs largement temps qu’on en parle.
Cependant, cette célérité étonnante des services de sécurité libanais, qui suit de près la dénonciation de l’emprise des paradis artificiels divers sur les jeunes, me surprend quelque peu ; je ne peux m’empêcher de la trouver suspecte. Simple coïncidence ou opération de comm’ destinée à calmer les esprits ? Il n’est pas difficile d’imaginer un maître communicant, tapi dans quelque recoin d’un ministère, qui a rapidement compris le parti à tirer de cette prise de conscience nationale et qui a décidé dans la foulée de donner satisfaction à l’opinion. Après tout, cela ne coûte rien...
Entre tout un pays qui sombre, une crise économique qui appauvrit les citoyens, des hommes politiques qui manigancent les uns contre les autres en travaillant à leur propre interêt et un caïd de la drogue à arrêter, même s’il est bien entouré dans son fief de la Békaa, il n’y a pas photo ! Et c’est là tout le travail du communicant : en orchestrant cette importante opération (dont je ne conteste pas l’utilité) et en diffusant l’information à grand renfort de médias (j’ai même relevé un entrefilet dans Libération du mardi 29 juin), il permet à l’État de se prévaloir d’une grande victoire afin de masquer tous les ratés de la gestion politique et économique du Liban.
Il est possible que je lise dans ces évènements des manigances qui ne s’y trouvent pas; on est cependant en droit de se poser des questions.
Joëlle HAYEK
Paris
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